à la Une

Liste des Auteurs (de A à Z)

A

ABEL,Barbara: Et les vivants autour
ACEVEDO, Elizabeth: Signé poète X
ADAM, Olivier: Chanson de la ville silencieuse
ADAM, Olivier: Peine perdue
ADIMI, Kaouther: Les petits de décembre
AMIGORENA, Santiago H. : Le ghetto intérieur
AOUINE, Sofia: Rhapsodie des oubliés
APPANAH, Nathacha: Tropique de la violence
APPANACH, Nathacha: Le ciel par dessus le toit
AUBENAS, Florence: En France
AUTISSIER, Isabelle: Oublier Klara
AUTISSIER, Isabelle : L’Amant de Patagonie

B

BAGIEU, Pénélope: Cadavre exquis
BAILLY, Vincent et KRIS: Un sac de billes
BARRICO, Alessandro: Mr Gwyn
BARJAVEL, René: La charrette bleue
BASSIGNAC, Sophie: Séduire Isabelle A.
BASSIGNAC, Sophie: Le plus fou des deux
BENAMEUR, Jeanne: Ceux qui partent
BEREST, Claire: Rien n’est noir
BESSERIE Maylis: Le tiers temps
BESSON, Philippe: Arrête avec tes mensonges
BLANC-GRAS Julien: Comme à la guerre
BONDOUX, Anne- Laure: L’aube sera grandiose
BRUNET, Marion: Vanda
BUSSI, Michel: Au soleil redouté
BUSSI, Michel: J’ai dû rêver trop fort

C

CAMPAGNE, Claude: Adieu, mes quinze ans!
CHALANDON, Sorj: Une joie féroce
CHARTRES, Fanny: Les Inoubliables
CHATTAM, Maxime: Une secte
CHERFI, Magyd: Ma part de Gaulois
COATALEM, Jean-Luc: La part du fils
COLLETTE, Sandrine: Et toujours les forêts
CONTE, Nadia: L’effet ricochet
CORBIERE, Tristan: Les amours jaunes
COULIN, Delphine: Une fille dans la jungle
COULON, Cécile: Une bête au paradis
COURNUT, Bérengère: Née contente à Oraibi

D

DE LILLE, Claire: Zia met son nez partout
DECK, Julia: Propriété privée
DEGHELT, Frédérique: La grand-mère de Jade
DELABROY-ALLARD, Pauline: Ça raconte Sarah
DELISLE, Guy: Chroniques de Jérusalem
DIDIERLAURENT, Jean-Paul: La fissure
DIEUDONNE, Adeline: La vraie vie
DUBOIS, Jean-Paul: Une vie française
DUGAIN, Marc: L’insomnie des étoiles
DUGAIN, Marc: Une exécution ordinaire
DUROY, Lionel: Nous étions nés pour être heureux
DUVAL, Fred, PECAU, Jean-Pierre, SUBIC, Stevan: M.O.R.I.A.R.T.Y-Tome 1: Empire mécanique 1/2

E-F

EDGE, Christopher: Albie Bright: Les mondes multiples
FARGETTON, Manon: Nos vies en l’air
FERRANTE, Elena: La vie mensongère des adultes
FOENKINOS, David: Deux sœurs
FOENKINOS, David: Vers la beauté
FOENKINOS, David: Charlotte
FONTAINE, Maxime: Les 100 visages de Soryan Nesh – Tome 1: L’affaire Torrène
FORGET, Mathilde: A la demande d’un tiers
FOTTORINO, Eric: Dix-sept ans
FOURNIER, Jean-Louis: Ma mère du Nord

G

GAIMAN, Neil: Coraline
GALLOT, Myriam: Ma gorille et moi
GELY, Cyril: Le prix
GIRAUD, Brigitte: Nous serons des héros
GOBY, Valentine: Un paquebot dans les arbres
GOBY, Valentine: Kinderzimmer
GOBY, Valentine: Murène

H

HASHIMI, Nadia: La perle et la coquille
HIGASHIMURA, Akiko: Le tigre des neiges (vol.1)
HOESTLANDT, Jo: Vue sur mer
HOPE, Anna: Nos espérances
HUISMAN, Violaine: Fugitive parce que reine

I-J-K

ITURBE, Antonio: La bibliothécaire d’Auschwitz
JABLONSKA, Ivan: En camping-car
JANU, Tamsin: Le grand voyage de Figgy
JAUFFRET, Régis: Papa
JONCOUR, Serge: Chien-loup
KERANGAL, Maylis (de): Un monde à portée de main

KORNBERG-ANGEL Candice: Le guide décapant des parents imparfaits

L

LAMBERTERIE, Olivia (de): Avec toutes mes sympathies
LANCON, Philippe: Le lambeau
Le CLEZIO J.M.G: Chanson bretonne – L’enfant et la guerre: Deux contes
LEMAITRE, Pierre: Couleurs de l’incendie
LEMAITRE, Pierre: Miroirs de nos peines
LEMAITRE, Pierre et DE METTER, Christian: Au revoir là-haut
LEPAGE, Emmanuel: Un printemps à Tchernobyl
LIERON, Cyril et DAHAN, Benoît: Dans la tête de Sherlock Holmes- Tome 1: L’affaire du ticket scandaleux
LIGHIERI, Rebecca: Les garçons de l’été
LOEVENBRUCK, Henri: Nous rêvions juste de liberté

M-N-O

MAYUKI, Anan: Princesse Detective
MARCASTEL, Jean-Luc: Le retour de la bête
MARTIN, Paul et BOURGOIS, Jean-Baptiste: Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage
MAS, Victoria: Le bal des folles
MATHIEU, Nicolas: Leurs enfants après eux
MICHEL, Nicolas: Le chant noir des baleines
MORIHASHI, Bingo: Celle que je suis
NEKOMAKI: Le vieil homme et son chat
NELSON, Blake: Addiction
NOHANT, Gaelle: La femme révélée
O’BRIEN, Edna: Girl
OLMI, Véronique: Nous étions faits pour être heureux
OLMI, Véronique: Bakhita
ORSENNA, Erik: Briser en nous la mer gelée
OWENS, Délia: Là où chantent les écrevisses

P-Q

PAGNOL, Marcel: Nais
PALAIN, Mathieu: Sale gosse
PAPIN, Line: Les os des filles
PAVLENKO, Marie: Un si petit oiseau
PENNAC, Daniel: La loi du rêveur
PERRIN, Valérie : Les oubliés du dimanche
PERRIN, Valérie: Changer l’eau des fleurs
PLATEAU, Emilie: Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin
PONTHUS, Joseph: A la ligne: feuillets d’usine
POSTORINO, Rosella: La goûteuse d’Hitler
PRUDHOMME, Sylvain: Par les routes

R

RENAUD, Claire: Les quatre gars
ROSNAY, Tatiana (de), BRESSON Patrick et HORNE: Elle s’appelait Sarah

S

SABOLO, Monica: Crans-Montana
SABOLO, Monica: Eden
SATRAPI, Marjane: Broderies
SEPULVEDA, Luis: L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines
SEPULVEDA, Luis: Le neveu d’Amérique
SERRES, Karin: Happa No Ko
SEVERAC, Benoît: 115
SILLORAY, Olivier: Le grand piano noir
SLIMANI, Leila: Le pays des autres
SPRINGORA, Vanessa: Le consentement
STEFANINI, Anne-Sophie : Cette inconnue
STENDHAL: Vanini Vanina
STRAGIER, Nathalie: Signé particulier: transparente
SUBRAMANIAN, Mathangi: Les toits du paradis

T

TEULE, Jean: Héloïse, ouille!
THEVENOT, Mikael: Le petit Prince de Harlem
THILLIEZ ,Franck: Il était deux fois
THILLIEZ, Franck: Luca
THILLIEZ, Franck: Le manuscrit inachevé
THILLIEZ, Franck: Deuils de miel
TOLSTOI, Léon: Contes et nouvelles
TONG CUONG, Valérie: Par amour
TUIL, Karine: Les choses humaines
TUIL, Karine: L’insouciance

V-W-X-Y-Z

VARGAS, Fred: Quand sort la recluse
VARGAS, Fred: Temps glaciaires
VARGAS LLOSA, Mario: Le héros discret
VAN CAUWELAERT, Didier: La personne de confiance
VIGAN, Delphine (de): Les loyautés
VILLEMINOT, Vincent: Nous sommes l’étincelle
WHITMER, Benjamin: Evasion
ZENITER, Alice: Juste avant l’oubli

La grande escapade -Jean-Philippe Blondel

Editions Buchet-Chastel – 15/08/2019-164 pages

Résumé de l’histoire

1975. Dans un groupe scolaire de province se côtoient des instituteurs, institutrices qui vivent là dans des logements de fonction avec conjoints et enfants. Les effets de Mai 68 commencent à se faire sentir: les femmes mariées et travailleuses restent soumises à leurs obligations familiales. Les enfants des cinq familles se regroupent entre eux pour jouer, habitués à entendre les bruits des uns et des autres, à avoir le père ou la mère des copains comme instit’. Comment tout ce microcosme va t-il réagir face aux changements qui arrivent progressivement, comme la nomination d’un instituteur adepte des méthodes pédagogiques modernes? Ou comment va t-il affronter l’émancipation et le désir d’autonomie de certaines femmes?

Mon avis de lecture

Jean-Philippe Blondel nous offre par ce roman une belle page sociétale des années 1970, entre attachement aux traditions et désir de renouveau.

Il est intéressant que soient exprimés les points de vue de trois femmes quadragénaires ou presque: l’une, Janick, est secrétaire mais rêve d’être styliste, tout en osant d’abord pas trop chambouler les habitudes familiales et son rôle de mère et d’épouse. L’autre, Michèle Goubert, assujettie à un mari qui tient à ce qu’elle s’occupe du foyer en plus de son travail d’institutrice. Elle hésitera à vivre une vie extra-conjugale, fascinée par cet homme marié adepte des pédagogies modernes qui fait battre son coeur. Et la dernière, Geneviève Coudrier, décrite comme commère qui sera surprise de se découvrir capable d’une aventure extra-conjugale, elle qui faisait un passe-temps des racontars glanés ça et là.

Les enfants sont également des personnages intéressants, notamment Philippe, le fils de Michèle, qui parvient à faire fi des commentaires entendus et à se révéler scolairement et socialement grâce aux nouvelles méthodes de son instituteur.

Je n’ai néanmoins pas été captivée par l’histoire, le thème de la grande escapade arrive assez tard dans le roman et j’ai trouvé quelques longueurs.

Un parfum de rose et d’oubli – Martha Hall Kelly

Editions Charleston -18/06/2019-555 pages -Les femmes Ferriday (t.2)

Présentation de l’histoire

À l’été 1914, l’Europe est au seuil de la guerre tandis que la monarchie russe vacille chaque jour un peu plus. En ces temps troublés où le destin de chacun est plus que jamais incertain, trois femmes hors du commun verront leurs vies se mêler pour le meilleur et le pire… Sofya, l’aristocrate russe, perdra sa fortune et son pays mais se battra sans relâche pour ce qu’elle a de plus précieux : son fils.

Eliza, la mondaine américaine, tremblera pour ses amis russes et cette guerre qui se rapproche chaque jour un peu plus.

Quant à Varinka, la jeune paysanne russe, presque une enfant, ses choix la feront basculer malgré elle au coeur d’un combat perdu d’avance…

Avis de lecture

Après la découverte de trois femmes au coeur des tourmentes de la Seconde guerre Mondiale dans le premier tome des femmes Ferriday, nous voici plongé(e)s au coeur de la Première Guerre Mondiale et dans la Révolution Russe et leurs conséquences…Martha Hall Kelly s’est de nouveau beaucoup documentée pour nous présenter l’époque de la mère de Caroline, Eliza, ces années 1914-1921 durant lesquelles le chaos règne dans de nombreux pays.

Elle nous offre cette fois-ci un regard sur les événements à travers les yeux de trois narratrices:

-Eliza, issue d’une famille mondaine new-yorkaise qui perd son mari, victime, d’une pneumonie et qui se consacre ensuite aux bonnes oeuvres de charité. Elle souhaite inculquer à sa fille Caroline des valeurs humaines comme la tolérance et l’altruisme.

-Sofya, cousine de la tsarine de Russie, amie d’Eliza, qui se réfugie avec sa famille au château de Malinov. Mère d’un enfant, Max, elle a une soeur cadette, Luba. Leur mère est décédée et elles ont du mal à supporter leur belle-mère. Sofya est d’abord ravie de l’aide apportée par Varinka pour s’occuper de son fils.

-Varinka, jeune paysanne pauvre, adorait son père. Sa mère ou Mamka a des dons de voyance. Taras les protège et les fait vivre depuis la mort du père mais il ne semble pas animé de bonnes intentions. Il fera partie des Russes dits Rouges qui massacrent les Russes blancs, assimilés à la famille du tsar et aux bourgeois.

Cette fiction historique est réussie, notamment grâce au travail de recherche de l’auteure qui précise également à la fin de l’ouvrage la part fictionnelle de ces personnages. Un prochain tome sur une des femmes de la famille Woosley lors de l’époque de la guerre de Sécession.

Les portraits des trois femmes sont saisissants de réalisme (rappelons que seule Eliza a existé). Dans le tome 1, Herta était la « méchante », ici, il s’agit de Varinka, présentée tout de même un peu comme une victime, sous l’emprise d’un homme violent, Taras. L’auteure s’est surtout attachée à décrire le lien d’amitié fort entre Sofya et Eliza. Parfois, les événements liés à la guerre semblent n’être qu’en toile de fond pour mieux décrire les actions et sentiments des personnages, notamment la solidarité envers les Russes réfugiés à Paris.

J’ai beaucoup aimé certains personnages secondaires:Yuri et surtout, Luba, la petite soeur de Sofya, courageuse et déterminée. La mère de Varinka, au contraire, m’a semblée plus passive,laissant sa fille se faire torturer par Taras. Dans l’ensemble, ce livre m’a plu, pas autant que le premier tome mais j’en conseille la lecture avec plaisir!

Mémoire de fille – Annie Ernaux

Editions Gallimard-01/04/2016-160 pages

Résumé de l’histoire

En 1958, Annie à presque 18 ans n’a presque jamais voyagé. Elle va quitter l’épicerie normande familiale le temps d’un été pour être monitrice dans une colonie, dans l’Orne. Elle va découvrir les garçons et vivre sa première fois. Cette expérience va avoir un impact sur son corps et son psychisme deux ans durant. Par un aller-retour entre passé et présent, grâce à des lettres envoyées à des amies et des photos, elle se souvient de tout cela et en arrive à nous montrer ce qu’elle pense être la jeune fille d’alors…Quelle introspection va t-elle faire? Quelles traces va t-elle nous laisser de cette expérience de vie?

Mon avis sur ce roman

Annie Ernaux n’a pas son pareil pour nous plonger dans le côté introspectif de ses personnages, à travers une vision sociologique: le personnage au coeur d’un groupe.

Elle met d’abord à distance son personnage et le nomme tantôt « Annie D. », tantôt « elle », tantôt « la fille » pour le mettre à distance et prendre davantage de recul sur les événements. Il lui aura d’ailleurs fallu des années avant d’écrire sur sa perte de virginité car dans les années 1950 où cela pouvait signifier être fille-mère, se marier sans amour, avorter clandestinement, abandonner l’enfant, avoir une réputation de « putain sur les bords », déshonorer sa famille, devenir une laisser-pour-compte dont aucun homme ne veut plus…tant de choses dont une femme se passerait bien souvent volontiers.

On a l’impression qu’Annie D n’a pas tellement eu le choix, que le moniteur a jeté son dévolu sur elle, qu’elle en est tombée amoureuse et qu’elle en vit les affres ensuite. J’ai beaucoup aimé le cheminement intérieur du personnage, Annie Ernaux trouve les mots justes pour faire revivre à cette jeune fille les événements, l’alternance entre passé et présent matérialise le moment présent, donne de la consistance aux choses. Cela sublime le personnage qui n’est ainsi pas du tout réduit à une fille facile ni à une victime, comme le laisserait croire l’événement tel qu’il eut lieu: une relation brutale voulue par un garçon qui ne voulait pas autre chose qu’une seule fois, qu’une passade puisque très vite, il se détourne d’elle, voire s’en moque.

Le fait de ne pas seulement parler de la colonie permet de mesurer les conséquences de la perte de virginité. On se rend compte à quel point le corps prend une place énorme dans cette narration, le corps détraqué: la boulimie, le mal-être, l’aménorrhée suivent…Toute la société des années 50-60 s’étale alors sous nos yeux avec le silence des mères, l’inconséquence des petits-amis, le m’as-tu-vu qu’il faut avoir auprès des copines: tant d’apparences et de faux semblants qui rendent les choses plus difficiles pour la jeune fille de l’époque, pétrie de honte, finalement. Le traumatisme est dès lors bien écrit, bien analysé. Annie Ernaux nous livre une tranche de vie qui a une place dans son oeuvre, qui pour elle, prend sens dans son œuvre et je dirais que ce roman est à voir ainsi: l’analyse d’un événement de jeunesse qui donne une place à la femme dans des années durant lesquelles il n’était pas si facile d’évoquer sa sexualité et l’impact de celle-ci…

Bilan de lecture (Juillet 2020)

J’avais abandonné mes bilans de lecture mais juillet ayant été un mois actif, je m’y remets volontiers…

Nombre de livres lus: 21 livres lus: 6 bandes dessinées et 15 romans dont 1 roman de littérature jeunesse.

Livre préféré du mois: La vie mensongère des adultes d’Elena Ferrante

J’ai été ravie de retrouver Elena Ferrante , la ville de Naples telle qu’elle la décrit si bien dans ses romans et aussi de la découverte de ses personnages féminins, toujours en proie à des interrogations quant au milieu social d’où ils viennent!

Déception du mois: Klaw de Antoine Ozanam et Joel Jurion)

J’ai apprécié globalement ce que j’ai lu ce mois-ci, aussi la déception du mois est plutôt un choix par défaut.

Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux -Martha Hall Kelly

Editions Charleston -01/2018

Présentation du roman par l’éditeur

À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c’est tout son quotidien qui va être bouleversé.

De l’autre côté de l’océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, renonce à son enfance pour rejoindre la Résistance. Mais la moindre erreur peut être fatale.

Quant à l’ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre de montrer enfin toutes ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes…

Les vies de ces trois femmes seront liées à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbruck, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l’Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l’Histoire n’oublie jamais les atrocités commises.

Avis de lecture

Ce premier roman est une belle fresque historique. L’alternance du récit entre les trois protagonistes et l’alternance des points de vue créent un rythme nécessaire pour lire l’insoutenable, notamment lors des descriptions des opérations des « Lapins ». Les personnages de femmes sont décrits avec un grand réalisme: on a froid dans le dos en pensant à Herta, on pleure avec Kasia et on est touchés par la générosité de Caroline. Le ton sonne juste et le fait d’englober plusieurs continents est intéressant pour comprendre l’impact de cette deuxième guerre mondiale tant sur le plan humain, social qu’économique et financier.

Sachez aussi que certaines personnes ont réellement existé, comme Caroline et Herta. La thématique de l’après-guerre est particulièrement intéressante et souligne à quel point le retour à « la vie normale » a été dure pour tant de personnes en souffrance.

Les personnages de Catherine et Kasia sont lumineux. Catherine par sa force de conviction, son altruisme, sa détermination, ses valeurs humanistes. Kasia parce qu’elle a survécu à la barbarie, parce qu’elle connaît tant de déconvenues à son retour mais qu’elle ne baisse pas les bras. Et qu’à travers son personnage, on peut s’interroger sur le sens du pardon et sur la capacité de résilience.

Enfin, soulignons également que ce roman met en lumière le devenir des prisonnières de guerre, des victimes des nazis, l’oppression des Polonaises sous domination soviétique, sous un angle peu abordé dans la littérature jusqu’à présent: celui qui dénonce le fait que ces femmes n’ont obtenu que peu de compensation financière et qu’il leur a été difficile d’être réopérée par exemple ainsi que le souligne l’auteure, suite à un remarquable travail de documentation.

Un premier roman prometteur à découvrir si ce n’est déjà fait pour vous!

Sorties littéraires : les nouveautés en format poche

Voici une sélection parmi les nouveautés parues au format poche durant ces deux derniers mois:

La goûteuse d’Hitler-Juin 2020

Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisée à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa. Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité des autres goûteuses. Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.
Inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk, La Goûteuse d’Hitler a été couronné en Italie par le prestigieux prix Campielo.
A lire si vous aimez vous plonger dans l’Histoire, là où la petite histoire côtoie la grande…

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Été 85- 07/2020

« Une vie et une mort en quatre parties cent dix-sept petits morceaux sept semaines et cent dix-neuf repas six rapports circonstanciés et deux coupures de presse avec quelques blagues, deux ou trois devinettes, quelques notes, et un fiasco par-ci, par-là pour faire avancer le récit…
Pour que vous puissiez voir comment je suis devenu ce que je suis…  » Hal nous raconte l’été de ses 16 ans. Son premier amour et cette promesse, inéluctable, qui a tout fait basculer. Un roman d’amour et un hymne à l’adolescence merveilleusement inventif et bouleversant. A lire si vous avez envie de mettre des mots sur des scènes de cinéma ou de découvrir l’histoire en mots avant de vous tourner vers l’image…

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La vraie vie – 05/2020

C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups, et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

A lire si vous aimez les histoires en apparence tranquilles qui tout à coup prennent des allures de thriller…Et aussi pour découvrir une héroïne brute d’émotions, intelligente, qui tente tant bien que mal de survivre dans un univers cruel…

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L’américaine -05/2020

Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York. Elle en est sûre, bientôt elle sera journaliste comme l’était son père, Wilhelm. Très vite, elle devient une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l’amitié, des amours et des bouleversements du temps : l’assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre-culture…
Mais Ruth se cherche. Qui est-elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d’adoption ? Dans cette période de doute, elle est entourée par trois femmes fortes et inspirantes : sa mère Almah en République dominicaine, sa tante Myriam à New York et sa marraine Svenja en Israël symbolisent son déchirement entre ses racines multiples.

A lire si vous voulez découvrir un très beau portrait de femme en quête d’identité et aussi la très belle ville de New-York et son atmosphère dans les années 1960…

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Risibles amours -07/2020

« Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question : Pourquoi dire la vérité? Qu’est-ce qui nous y oblige ? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu’il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n’as pas de nageoires? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses? Eh bien, dis-moi! »

A lire si vous voulez découvrir les textes de Kundera dans une nouvelle édition…

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Un certain Paul Darrigand – 06/2020

 » Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment, rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux.
D’un côté, le plaisir et l’insouciance ; de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri.
Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié. « 

A lire si vous avez apprécié Arrête avec tes mensonges.

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L’odeur de la colle en pot -06/2020

« On ne cessait de nous seriner qu’avec la guerre, le sida et le chômage, notre génération serait probablement « sacrifiée ». Mais je crois bien que les adultes avaient inventé ce concept pour se dédouaner de ne savoir que faire de leurs enfants devenus grands, d’être incapables de leur parler et de les comprendre. Parce que, ça c’était certain, personne n’était à même d’appréhender cet agglomérat d’immenses bonheurs et de pensées sombres qui envahissait ce corps que je ne reconnaissais plus. »

1990.Autour de l’unique téléphone fixe de la maison se chuchotent les secrets d’une famille en plein chaos : la fuite du père, le chagrin de la mère et les tourments adolescents de Caroline, qui déroule le fil de cette année si particulière.

A lire si vous êtes prêt à vous plonger en 1990, pour vous souvenir de votre adolescence ou d’un temps où Internet était encore loin…

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Arcadie- 05/2020

Si l’on n’aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse. »Au domaine de Liberty House réside une étrange communauté : naturistes, électrosensibles, déments séniles et autres inadaptés y réapprennent à vivre et jouir sans entraves. C’est là que Farah, quatorze ans, et ses parents ont trouvé refuge. Mais au milieu de ce drôle de paradis, l’adolescente peine à s’épanouir. Et pour cause : sa seule certitude – être une fille – vient de voler en éclats.

A lire si vous aimez les utopies et les romans qui traitent de sujets contemporains:l’adolescence intersexuée, le repli communautaire, les questions technologiques, éducatives ou migratoires…

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Piranhas – 06/2020

« Pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. Pour te mettre une balle dans la tronche je mettrai pas plus d’une seconde. »Naples, quartier de Forcella. À quatorze ans, Nicolas n’a qu’une obsession : régner sur la ville avec sa bande. Tous ont entre dix et dix-huit ans, ils ne craignent ni la prison ni la mort, mais une vie ordinaire comme celle de leurs parents. Le gang se déplace en scooter, se livre au trafic de drogue et règle ses comptes à la lumière du jour. Ils ne reculeront devant rien. Quel que soit le prix à payer.Après le succès international de Gomorra, Roberto Saviano consacre son premier roman à l’ascension effroyable d’un baby-gang, inspirée d’une réalité terrifiante.

A lire si vous êtes curieux de découvrir le fonctionnement d’un gang en devenir…

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Le monde selon Garp -06/2020

Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie, mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin…

A lire si vous ne connaissez pas l’oeuvre de John Irving et si vous voulez lire un livre culte...

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Impasse Verlaine -06/2020

Dans ses montagnes berbères, Vendredi, l’effrontée, cabriole parmi les chèvres pour faire rire son père adoré et subit à la maison l’oeil redoutable et la main leste de sa mère. Jusqu’au jour où on la marie à un homme qui lui répugne et l’emmène vivre de l’autre côté de la Méditerranée. A seize ans, désespérée d’être enceinte, elle accouche d’une petite fille à qui elle portera un amour étonné et brutal. Impasse Verlaine, en Auvergne, la fille de Vendredi remplit les dossiers administratifs pour la famille et les voisins, fait des ménages avec sa mère, arrive parfois en classe marquée des coups reçus chez elle. En douce, elle lit Dostoïevski et gagne des concours d’écriture, aime un Philippe qui ne la regarde pas et l’école qui pourtant ne veut pas voir la violence éprouvée.

A lire si vous aimez découvrir de beaux portraits de femmes, comme ces deux-là, mère et fille courage…

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Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

En octobre 1974, Georges Perec s’est installé pendant trois jours consécutifs place Saint-Sulpice à Paris. À différents moments de la journée, il a noté ce qu’il voyait : les événements ordinaires de la rue, les gens, véhicules, animaux, nuages et le passage du temps. Des listes. Les faits insignifiants du quotidien. Rien, ou presque rien. Les mille petits détails inaperçus qui font la vie d’une grande cité – d’un quartier dans une grande cité. Les innombrables variations imperceptibles du temps, de la lumière, du décor, du vivant. Autobus, chiens, passants, touristes.

A lire si vous avez envie de (re)découvrir l’oeuvre de Pérec...

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On s’était donné rendez-vous -07/2020

Adolescents, Valentine et Benjamin s’étaient fait la promesse de ne pas laisser le temps ternir leur amitié. Dix ans plus tard, alors qu’elle est sur le point de se marier, Valentine part à la recherche de cet ami perdu de vue.

Les retrouvailles sont heureuses et les souvenirs affluent, effaçant les années. Mieux encore : la jeune femme devient très vite amie avec Lauren, la compagne de Benjamin. Trop vite ? Peu à peu, Valentine est perturbée par cette nouvelle amitié : Lauren devient exigeante, tyrannique, insupportable.

En quelques mois, la vie de Valentine est empoisonnée par cette relation très toxique. Ne parvenant plus à faire face, elle décide de tout quitter pour se réfugier, seule, au bord de la mer. Dans ces conditions, Benjamin voudra-t-il tenir la promesse d’être toujours là pour elle ?

A lire si comme moi, vous avez été intrigué par le ciré jaune sur la couverture…Et si vous voulez savoir ce qui se passera entre Valentine et Benjamin, ces deux amis qui se sont perdus de vue…

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L’ombre du vent -07/2020

A lire si vous voulez (re)découvrir l’oeuvre de Carlos Ruiz Zafon…

La femme révélée – Gaëlle Nohant

Editions Grasset -02/01/2020-400 pages

Résumé de l’histoire

En 1950, Eliza Donnelley arrive à Paris sous le nom de Violet Lee. Elle a dans sa valise quelques bijoux de valeur qu’elle espère revendre mais malheureusement, on les lui vole. Lui reste alors son Rolleiflex, un appareil photo dont elle se servira abondamment. Eliza va désormais devoir vivre loin de son mari et de son fils, Tim, restés aux Etats-Unis.

Elle deviendra gouvernante d’enfant, pensionnaire dans un foyer de jeunes femmes, se liera d’amitié avec des femmes libres, voire trop libres…Elle prendra de nombreux clichés de Paris, des personnes croisant sa route: des jeunes filles perdues, des pauvres gens, de pauvres enfants souriants dans leur univers sombre…afin de révéler toute leur beauté et leur dignité, loin d’un quelconque voyeurisme ou d’une quelconque stigmatisation…

Les années passants, elle renoue avec son passé en retournant dans sa ville natale: Chicago. Certaines choses n’ont pas changé comme la ségrégation envers le peuple noir et elle se retrouve en plein coeur des émeutes…

Mon avis sur le roman

La femme révélée est une belle fresque historique des années 50 aux années 70, tant sur le continent américain que sur le sol français. La plongée dans le Paris d’après-guerre est saisissant, on sent toute la musicalité et le côté artistique bouillonnant ressortir…La photographie est un art qui sublime l’humanité, Gaëlle Nohant le fait très bien vivre à son héroïne principale. On sent également toute l’émancipation féminine, toute la domination conjugale d’une société pas encore totalement affranchie…

L’auteure nous brosse un portrait de femme courageuse, déterminée, perdue par moments, remplie de doutes mais capable de défendre une cause humaniste à laquelle elle croit…

Le point de vue historique, abordé notamment dans la seconde partie, avec les émeutes de Chicago est intéressant et nous en apprend beaucoup sur la lutte du peuple noir aidé d’hommes blancs, tous engagés pour les mêmes droits pour tous. L’ensemble est agréable à lire, malgré quelques longueurs.

Les défis d’écriture de Ghislaine n°128

Avec les mots : reine, farouche,moment, tenir, yeux, comme, tout, quand.

Ou le thème : humour

Fin de soirée
Elle avait été la reine de la soirée. Les mecs n’avaient d’yeux que pour elle.Elle n’était pas farouche, avait un jour dit sa mère. Elle avait répondu qu’elle avait de qui tenir et était partie loin.
Elle était comme tout le monde. Quand elle rentra chez elle, elle comprit tout brusquement. On l’ avait pointée du doigt en souriant, c’est vrai. Mais pas parce qu’on la trouvait jolie. Parce que sa robe était à l’envers, on voyait l’étiquette de derrière.
C’était le moment de donner tort encore à sa mère: elle n’était pas farouche, pourquoi pas. Mais maintenant, tout le monde savait que c’était made in China.

Pour en savoir plus sur les défis: https://colettedc.wordpress.com/2020/07/25/les-defis-decriture-de-ghislaine-n128/

Mémoires – Beate et Serge Klarsfeld

Editions Flammarion- 25/03/2015 -688pages

Un homme. Une femme. Deux nationalités: l’un juif français né en Roumain ayant perdu son père dans le camp d’extermination d’Auschwitz, l’autre allemande. Dès leur rencontre en 1960, ils pressentent que leur destin sera d’être à deux.

Ils sont engagés dans diverses causes et militent ensemble durant de nombreuses années. Ils finissent par être surnommés « les chasseurs de nazis ».

Ces pages relatent leur vie, basée sur un combat. Ils vont de l’avant, toujours, leurs cultures et leurs aisances intellectuelles sont leurs armes. On ne peut qu’admirer leur ténacité, leur persévérance, leur amour aussi, leur union même face aux difficultés et à l’adversité.

Lire leurs mémoires est passionnant, cela permet d’en apprendre un rayon sur l’Histoire du XXème siècle.

Le consentement – Vanessa Springora

Editions Grasset – 02/01/2020-216 pages

Un peu avant sa sortie et même beaucoup après sa sortie, en janvier 2020, ce livre a beaucoup fait parlé de lui. Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité littéraire, voici la présentation de l’éditeur:

« Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité. »

Pour ceux qui n’ont pas suivi l’actualité people, voici trois mots qui vous éclaireront: l’affaire Gabriel Matzneff.

On -les médias- a dit beaucoup au sujet de l’affaire. Au sujet du livre aussi. Et de l’écrivaine. Et de l’écrivain dont il est question.

J’ai hésité avant de lire ce livre: aucune envie d’entrer dans le voyeurisme. Le people. Et la curiosité l’a emporté. Lire ce livre aujourd’hui, après avoir eu connaissance de tout le battage médiatique ayant eu lieu dessus n’a plus la même portée. Je ne peux bien sûr que déplorer que la société des années 1980 n’ait pas su protéger mieux ses enfants. Mais ce serait réducteur de ce qu’est le roman et de ce qu’était la société à l’époque.

Ce que je retiendrai de ce roman, c’est avant tout le cheminement parcouru par Vanessa. Chacun des mots est choisi, pesé, en fonction des expériences vécues. La prise de recul est énorme, il lui a fallu du temps pour se détacher de son vécu pour le retranscrire ainsi.

Ce que je retiendrai aussi, bien évidemment, c’est cette notion de transmission de son histoire en tant que geste libératoire pour elle mais aussi geste de prévention pour toutes les autres adolescentes. Celles qui un jour pourraient tomber sur un tel homme. Souhaitons comme elle que de telles choses ne se reproduisent pas, que les adolescentes puissent en être informées, que des adultes puissent les protéger au nom des lois existantes. Répétons aux jeunes que le consentement n’est pas une chose à prendre à la légère.

Temps glaciaires – Fred Vargas

Editions Flammarion-04/03/2015-497 pages

Résumé de l’histoire

Un ccommissaire du 15ème arrondissement de Paris, Bourlin, fait appel au commissaire Adamsberg pour des affaires similaires : des suicides avec le même signe mystérieux, une espèce de H, sur les lieux.

Il n’en faut pas plus pour l’équipe d’Adamsberg pour échauffer des hypothèses et mener l’enquête. Celle-ci convergera vers l’Islande: les victimes ont toutes participé à un voyage il y a une dizaine d’années, notamment sur l’île de Grímsey. La brume les a contraints à rester sur l’île pendant 14 jours, cherchant de quoi survivre…Et si le meurtrier était parmi ces personnes dont deux semblent être mortes de froid?

Adamsberg, Danglard, Retancourt et les autres membres de l’équipe se retrouveront aussi plongés dans l’Histoire, avec des mises en scène à l’époque révolutionnaire, autour de Robespierre. Et si un meurtrier se cachait parmi les membres déguisés de cette association dont le Président joue Robespierre?…

Et qui est Amédée, le fils d’une des victimes dont la mère a perdu la vie en Islande? Et Victor, le secrétaire du père?

Les questions ne manquent pas durant l’enquête…

Mon avis de lecture

Ce huitième roman qui met en scène le personnage d’Adamsberg est une réussite. J’ai retrouvé avec plaisir chaque membre de l’équipe avec leurs particularités: mention spéciale à Danglard et sa formidable mémoire! Chacun a ses failles, ses doutes et pourtant, la solidarité prime, Retancourt l’instinctive sauve Adamsberg et Veyrenc sur l’île…

Vargas entraîne son lecteur dans des cercles, les intrigues s’enchaînent, s’emmêlent, se détachent, s’éloignent pour tout à coup converger…Adamsberg gratte, gratte, gratte encore, doute, fait confiance à son instinct…L’intrigue n’est pas seulement une succession de faits policiers, elle est aussi parsemée de faits historiques amenés de façon divertissante et distrayante.

J’ai donc hâte de retrouver Adamsberg pour d’autres aventures!

Miroir de nos peines -Pierre Lemaitre

Editions Albin Michel- 02/01/2020-544 pages

Ce roman est le dernier de la trilogie « Au revoir là-haut », après le premier tome « Au revoir là-haut » et le deuxième « Couleurs de l’incendie ».

Résumé du roman

Nous retrouvons ici un personnage ayant fréquenté Edouard de Péricourt dans le tome 1: Louise Belmont qui était alors une gamine d’environ 10 ans. En 1940, elle en a 30 et est devenue institutrice. Le week-end, elle donne un coup de main à M.Jules, patron d’un restaurant dans le 18ème arrondissement de Paris où elle vit également.

Pierre Lemaitre nous plonge dans la première période de la Seconde guerre mondiale, la période de la « drôle de guerre », la période des départs précipités aussi, l’exode de tant de personnes paniquées…D’avril à juin 1940, il évoquera aussi le sort des soldats français, sur les routes eux aussi…

Mon avis sur le roman

Un très bon opus, tout comme les précédents. Vous découvrirez une page de l’histoire à travers la vie quotidienne de plusieurs personnes, ni des traîtres ni des héros, juste des personnes ordinaires jetées sur les routes pour fuir l’Ennemi: l’Allemand.

Entre espoir et doutes, les personnages de la petite histoire seront tournées vers la Grande Histoire. Des secrets de famille seront révélés aussi.

Attendez-vous à des personnages hauts en couleur. Raoul Landrade, par exemple, qui sous des apparences d’homme violent et brutal se révélera d’une débrouillardise si nécessaire en des temps troublés. Que dire de Louise, toujours debout, toujours vaillante malgré les épreuves traversées et les révélations sur sa famille. Mention spéciale au personnage de Désiré qui donne au récit un côté comique, presque burlesque…

Un style maîtrisé qui donne envie de poursuivre la lecture jusqu’au bout, des rebondissements, de l’action: Pierre Lemaitre clôt en beauté sa trilogie.

Je garde une préférence pour le tome 1 mais j’ai beaucoup apprécié que d’autres tomes soient écrits.

Ecrire un roman: le point de départ

Photo de Tirachard Kumtanom sur Pexels.com

J’ai hésité à écrire ce billet parce qu’il est très personnel. Je vais y raconter un peu de ce qui relève de mon jardin secret: l’écriture.

Pour être directe et brève: j’ai terminé il y a environ dix jours le premier jet d’un roman d’environ 40.000 mots (selon Word).

Pour anticiper les réactions de lecteur, je vais développer sous forme de questions-réponses.

Pourquoi j’ai commencé à écrire?

J’écris depuis l’adolescence. Inspirée par la lecture du journal d’Anne Frank, j’ai écrit pendant plus d’un an un journal intime que j’ai détruit, lassée de devoir le cacher, lassée qu’il soit trouvé quand même, lassée de ne pouvoir coucher sur le papier mes pensées tranquillement (parents, s’il-vous-plaît, laissez vos enfants écrire sans être intrusifs!).

Ecrire un journal est classique à l’adolescence. Recopier des poèmes et textes aussi.

J’ai noirci quelques cahiers avec des histoires, de nombreux mots, de nombreux personnages. Mon style s’est probablement amélioré en partie par le fait que j’ai beaucoup écrit. En plus de beaucoup lire. J’ai toujours aimé « les belles lettres »

Puis j’ai cessé d’écrire. Pourquoi? Le manque de temps, de motivation, l’envie de faire autre chose… J’étais qui, moi, avec mes petites histoires? Quand tu lis des ouvrages universitaires, tu te sens un grain de sable à côté…

J’ai ensuite écrit quelques textes, courts, rien de mémorable.

Pourquoi je suis revenue à l’écriture…

Je me suis remise à l’écriture d’un roman il y a quelques mois. Je savais que si je tentais d’écrire une quelconque trame, un plan, ce roman ne verrait jamais le jour. Il fallait que j’y aille à l’instinct. Tout dans la tête, donc. J’ai écrit une page, deux pages, hop, c’était parti! J’avais une histoire, des thématiques, des personnages, un genre (roman pour la jeunesse). J’ai au fil des pages inséré des actions, des rebondissements. J’ai corrigé parfois, pas satisfaite. J’ai pris des pauses. J’ai réfléchi. J’ai lu. Rejeté des éléments, des sources d’inspiration.

Et ce roman a eu un début, un milieu, une fin. Des titres de chapitre. Un titre. Le premier jet est né. Le premier jet est là.

Un premier jet…Et ensuite?

J’ai pointé les éléments qui me plaisaient. Ceux qui manquaient aussi. Le prochain travail sera d’apporter une amélioration avec un travail plus réfléchi, plus approfondi.

Ma plus grande source d’inspiration? Le quotidien, imaginé ou réel. Je peux me nourrir d’une conversation, vécue ou entendue aussi bien qu’imaginer une partie de la conversation, celle qui aurait pu avoir lieu si…

Je n’en dévoile pas plus, maintenant. Il faudra que je m’y remette. Un travail presque plus long que celui qui a été fait m’attend!

Et vous,votre point de départ, c’est…?

Le héros discret- Mario Vargas Llosa

Editions Gallimard -21/05/2015-480 pages

A Piura, au nord du Pérou, Felícito Yanaqué, patron d’une entreprise de transports, reçoit une lettre menaçante pour lui extorquer des fonds. D’origine modeste, c’est un « cholo », il a vu son père analphabète lutter pour que lui ait une instruction et ne souhaite plier face à aucune menace. Il va porter plainte au commissariat et se retrouve face au sergent Lituma et au capitaine Silva qui ne prennent pas l’affaire au sérieux. Il faudra attendre l’enlèvement de sa maîtresse pour que l’enquête débute réellement.

A Lima, Ismael, veuf octogénaire , patron d’une compagnie d’assurances qui tourne bien, veut épouser sa gouvernante. Il demande à deux amis, son chauffeur et son juriste, Don Rigoberto,d’être témoins à son mariage en les prévenant: ils auront ses fils sur le dos…Il a surpris les deux hommes, qu’il surnomme « les hyènes » attendant sa mort avec impatience pour mettre la main à l’héritage et souhaite ainsi les deshériter…

Mon avis sur le roman

Le héros discret est une alternance maîtrisée de deux histoires qui nous plongent dans la société moderne du Pérou. Une société en progrès qui n’échappe pas à certains travers: corruption et tentative de corruption, pauvreté et inégalités flagrantes entre les classes sociales, intimidations, chantages, kidnapping,adultère, machisme…Une société aussi où la presse est très présente, les journalistes toujours à la recherche d’un scoop…Une société aussi qui adore ragoter et qui dissimule ses failles. La génération suivante n’est pas non plus exempte de tout reproche: des fils fainéants qui profitent de l’argent des pères pour dissimuler leurs mauvaises actions, véhiculant ainsi le fait que l’argent est tout puissant…Une justice aussi qui semble toujours plus dépassée par les divers problèmes de société…

Tout en dénonçant ces affres, Mario Vargas Llosa apporte sous une plume alerte un peu de magie à l’ensemble, fruit des croyances populaires du Pérou. Les personnages secondaires Adelaida et Fonfon sont représentatifs des personnes empreintes de spiritualité, passeuses de légendes, de folklore issues des coutumes ancestrales, auxquelles la population instruite citadine ne semble plus croire…

J’ai beaucoup aimé l’enchaînement des péripéties dignes d’une série télévisée de novela. Mario Vargas Llosa adopte un ton tout en légèreté pour finalement faire ressortir le côté très digne et droit de certains personnages, le tout avec beaucoup d’humour. L’ensemble est bien écrit et on passe un très agréable moment de lecture.

Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

Valérie Perrin est une romancière française née en 1967. Les oubliés du dimanche est son premier roman (paru en 2015), il a obtenu 13 Prix littéraires dont le Prix du Premier roman de Chambéry (2016), le choix des Libraires 2018.

Editions Albin Michel -04/05/2015-384 pages

Justine Neige, 21 ans, est aide-soignante à la maison de retraite Les Hortensias. Elle aime y travailler et reste souvent écouter les pensionnaires raconter leurs histoires, leurs anecdotes. Elle est particulièrement touchée par Hélène, une vieille dame de 93 ans qui évoque souvent son seul amour, Lucien, une Mouette ange-gardien, sa vie de patronne de café, son incapacité à apprendre à lire aussi.

Justine consigne dans un cahier les histoires pour les relire ensuite aux personnes âgées. Cela lui permet un peu d’oublier sa propre histoire: la mort de ses parents et des parents de son cousin Jules. Depuis petits, les orphelins vivent chez leurs grands-parents, parents de deux jumeaux décédés, vivant dans le chagrin, les habitudes aussi.

La jeune femme s’évade un peu en allant danser dans une boîte de nuit, Le Paradis, et en ayant une relation avec un garçon auquel elle ne veut pas s’attacher et qu’elle surnomme « Je-ne-me-rappelle-plus-comment ».

Un corbeau commence à appeler les familles des oubliés du dimanche annonçant de faux décès pour les faire venir à la maison de retraite: un geste qui va transformer la vie de Justine de façon à ce qu’elle parte à la recherche de son histoire…

Avis de lecture

Un joli roman qui véhicule plein d’émotions fortes et positives. Le fil conducteur est ce lien intergénérationnel entre Justine et Hélène et cette alternance entre les époques. Les deux femmes ont chacune leurs histoires qui comprennent des non-dits, des secrets, de la douleur, des trahisons, de l’amour aussi…Mémoire et transmission sont deux mots clés dans une narration bien menée, remplie de petites phrases poétiques qui sont tout à fait la caractéristique du style de Valérie Perrin, sa « signature ». Une jolie réflexion sur le temps qui passe et le devenir des personnes âgées.

L’Ouzbek Muet et autres histoires clandestines – Luis Sepúlveda

Titre original : El uzbeko mudo y otras historias clandestinas Langue originale : Espagnol (Chili) Traduit par : Bertille Hausberg. Editions Métailié -Publication: 02/04/2015- Pages: 152)

Quatrième de couverture

Il était une fois, dans les années 60 du siècle dernier, des pays où la politique occupait une place primordiale dans la vie des jeunes gens. Au Chili comme ailleurs, le langage était codé et les slogans définitifs. Mais on est très sérieux quand on a dix-sept ans à Santiago du Chili et qu’on s’attaque au capitalisme avec un succès mitigé. On peut monter une opération contre une banque pour financer une école et utiliser toute la logistique clandestine pour trouver du lait en poudre pour empêcher un bébé de pleurer ; chanter Blue Velvet en plein hold-up pour que les clients présents dans la banque n’aient pas peur ; se tromper d’explosif et rentrer à pied ; préférer la musique américaine à la dialectique marxiste pour séduire les filles ; apprendre le taekwondo qui rend les Coréens du Nord invincibles et trouver contre leur champion des solutions créatives…

En état de grâce littéraire, Luis Sepúlveda nous raconte ces histoires irrésistiblement drôles et tendres en hommage à un temps où on pouvait rêver “d’être jeune sans en demander la permission”. (Editions le Métailié)

Avis de lecture et commentaire personnel

Comme pour tout écrivain que j’apprécie, dont je reconnais le talent, j’ai été attristée d’apprendre la mort de Luis Sepúlveda en avril 2020. Une plume s’est éteinte. Et plus que cela: une écriture du militantisme, de l’engagement a disparu. Luis n’était pas seulement écrivain, il était passeur de mémoires, d’un temps et d’une histoire dont il ne restera plus un jour que des traces ou des témoignages confus.

Comme tout le monde, j’avais lu Le vieil homme qui lisait des romans d’amour. Je l’ai même lu plusieurs fois. Je n’ai pas trop accroché à l’histoire du Neveu d’Amérique mais j’ai retrouvé avec plaisir la signature de l’écrivain: cette façon qu’il a de décrire les personnages comme des êtres familiers pour le lecteur, à tel point qu’on peut aisément s’imaginer leur parler et leur taper dans le dos.

Je n’ai pas ressenti le besoin de lui rendre hommage par la lecture de ses oeuvres. Néanmoins, par cette belle journée d’été, je suis tombée sur ce livre numérique L’ousbek muet et autres histoires clandestines et l’envie de lire est venu.

Luis Sepúlveda brosse dans ces nouvelles le portrait de plusieurs révolutionnaires: révolution utopique, révolution avec des armes, révolution pour lutter contre la bourgeoisie par le braquage de banques, révolution pour participer aux luttes d’autres guérilleros…Le tout avec humour, dérision, détails décapants de réalisme. Et une tendresse particulière pour les personnages, ces combattants idéalistes qui avaient leur jeunesse pour eux. Certains ont disparu et Luis par ces écrits leur rend hommage ainsi qu’à ceux qui ont souhaité un monde meilleur.

A lire pour saisir le sens de l’histoire et le sens du mot « liberté » pour les peuples ayant souffert à cause des dictatures…

L’amant de Patagonie – Isabelle Autissier

Editions Grasset – Publication: 02/05/2012 – Pages: 304

Résumé de l’histoire

Emily est née en Écosse. Orpheline de mère dès sa naissance, elle grandit à Doherty avec son frère et son père qui meurt à ses 11 ans. Elle est recueillie par un pasteur, le révérend MacKay.

En 1880, âgée de 16 ans, elle est envoyée en Patagonie pour aider la femme du pasteur Bentley qui venait d’avoir son cinquième enfant. Des missions d’évangélisation sont développées auprès des populations indigènes.

Emily découvrira la beauté de ces terres sauvages et cherchera à comprendre le mode de vie des populations autochtones comme les Yamanas, peuple indien qui lutte pour la préservation de ses traditions et ses libertés. Avec le fils du révérend, Joachim, Emily cherchera à les comprendre, à apprendre leur langue, à donner des cours aux enfants.

Elle comprendra un jour qu’elle est amoureuse d’Aneki et face à la désapprobation du révérend qui juge cette relation contre-nature, elle s’enfuira avec lui. Elle vivra dès lors au contact de la nature et en apprendra les bienfaits ainsi que les croyances des peuples indiens.

Quelque temps plus tard, Aneki ayant été tué, Emily reviendra parmi les colons européens. Son fils, celui d’Aneki aussi, grandira en Patagonie avant d’apprendre un jour ses origines, souhaitant ensuite vivre comme ses ancêtres…

Mon avis de lecture

Isabelle Autissier a une connaissance de nombreux territoires de par son expérience de navigatrice. Elle a aussi une formidable plume pour décrire les beautés du monde. Elle ne se contente pas de narrer une histoire d’amour, elle nous emmène à travers le personnage d’Emily à la découverte du Nouveau Monde à la fin du 19ème siècle. Un monde pas tendre où les colons auront une vie loin d’être idyllique, affrontant la rudesse du climat et la violence des peuples autochtones. Un monde terrible pour les populations indigènes réduites au fil des ans à adopter le mode de vie des Européens, luttant contre les maladies, les meurtre, la disparition de leurs coutumes…Les tribus entre elles feront preuve de violence.La soumission aux coutumes occidentales marquera la fin de cette civilisation.

Isabelle Autissier décrit superbement la nature argentine et la connexion possible entre les êtres et la nature. Elle brosse ainsi un très beau portrait de femme qui se retrouvera déchirée entre deux cultures. Deux cultures qui ne parviendront somme toute jamais à communiquer ensemble et à avancer ensemble.

Un superbe hymne à la nature sauvage, préservée de toute trace humaine, une belle découverte d’un peuple aujourd’hui disparu: l’Amant de Patagonie constitue une lecture puissante, forte, à ne pas rater!

Chanson bretonne suivi de L’enfant et la guerre :Deux contes – J.M.G Le Clézio

J.M.G Le Clézio est un écrivain français né en 1940 dont le premier roman Le Procès verbal a été publié en 1963. Il a écrit une cinquantaine d’oeuvres et a obtenu le Prix Nobel de littérature en 2008.

Editions Gallimard – 12/03/2020 – 160 pages

J.M.G Le Clézio nous livre deux « contes » sur son enfance dans les années d’après-guerre. Direction la Bretagne et le village de Sainte Marine: les vacances, la pêche, les fêtes, l’été, les traditions, la langue bretonne, le biniou…Cette plongée dans une époque pas si lointaine et pourtant si éloignée du monde contemporain donne à voir comment le monde a évolué, comment la langue bretonne a disparu au profit du français…

L’enfant et la guerre est un conte qui retrace la période niçoise de Le Clézio, pendant la Seconde guerre mondiale. La sécurité n’étant plus assurée à Nice, direction l’arrière-pays. L’impact d’un exil dans un petit village pour un enfant, une petite enfance bercée par la peur, la promiscuité et la faim, trois invariants de toute guerre…

Le Clézio nous transporte dans des lieux chers à son coeur avec beaucoup d’émotion. Il illustre le fait que les mots, l’écriture peuvent rendre hommage à une région et ses traditions, luttant ainsi contre le temps qui passe. Bel hommage à la Bretagne qu’il rend ainsi!

A lire pour la beauté et la pureté des mots!

L’aube sera grandiose _ Anne-Laure Bondoux

Anne-Laure Bondoux est une romancière née en 1971 qui a écrit de nombreux livres pour la jeunesse. Son roman Les larmes de l’assassin (2004) a obtenu plusieurs prix (dont le Prix Sorcières). L’aube sera grandiose a obtenu le prix Vendredi en 2017.

Editions Gallimard Jeunesse – 21/09/2017 – 304 pages

Nine, presque 16 ans, en veut terriblement à sa mère, Titiana, de ne pouvoir aller à la fête du lycée avec ses copines. Ecrivain à succès, celle-ci l’a embarquée dans une aventure loin de Paris qui ne lui dit rien qui vaille. Elles arrivent dans la vieille voiture de sa mère, une Opel dont elle a honte, dans une cabane isolée, au bord d’un lac, tard le soir.

D’abord boudeuse, elle finira par écouter sa mère lui révéler son histoire. L’histoire familiale. Elle apprendra l’existence de sa grand-mère, Rose-Aimée, de ses oncles, des jumeaux, Octobre et Orion.

Une nuit blanche commence avec de nombreuses révélations à la clé!

Mon avis sur ce livre

Un roman jeunesse très plaisant et très agréable à lire. Les ingrédients du succès sont là: une adolescente boudeuse qui a du caractère, accrochée aux nouvelles technologies et se retrouvant dans un endroit qui en est dépourvues, une mère qui raconte son histoire familiale comme elle raconterait l’intrigue d’un de ses romans, ménageant des pauses entre deux épisodes de vie. Et surtout Anne-Laure Bondoux ne se range d’aucun côté des personnages: on chemine autant dans l’esprit de Nine et de ses frustrations d’adolescente que dans celui de sa mère qui de retours dans le passé en autres retours se rappelle autant de son enfance que de son choix: transmettre son histoire familiale à sa fille.

Emotion et nostalgie sont au rendez-vous. Nostalgie des années 70 et 80 avec pour toile de fond le sport, le foot et le vélo et la musique aussi. Des thèmes universels faits pour réunir les générations: parions qu’après la lecture de ce roman, des adolescents iront trouver leurs parents en leur demandant: « Tu me parler d’Eddy Merckx » ou « On peut écouter AC/DC »?.

Retenons également un style poétique pour décrire une nature isolée, « vierge » de traces humaines.

Je retiendrai également le travail de l’illustratrice: Coline Peyrony, fille d’Anne-Laure Bondoux (« vous avez dit: transmission? »). Ses dessins en noir et blanc donnent à voir le récit en images, prolongeant l’imaginaire au delà des mots, mettant en scène les objets importants de l’histoire (valise, vélo…). Je suis allée voir son site , c’est une belle découverte! Je2 vous invite à le découvrir également à l’adresse https://colinepeyrony.ultra-book.com