Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin

Editions Albin Michel-28/02/2018-560 pages

Elle s’appelle Violette, un prénom de fleur… Elle est gardienne du cimetière de Brancion en Chalon, en Bourgogne. Dans une autre vie, elle était garde-barrière avec son mari, Philippe Toussaint. Maintenant, elle fréquente les fossoyeurs et le curé: Nono, Gaston, Elvis et aussi Pierre, Paul et Jacques sont sa famille, aussi décalée soit-elle.

Un jour, débarque chez elle un homme, Paul Seul, en quête de l’histoire de sa mère, Irène Fayolles, enterrée dans le cimetière aux côtés d’un homme, Gaston Prudent, dont il ne sait rien.

De confidence en confidence, Violette se souvient…Elle a eu ce qu’on appelle « une vie pas facile »: abandonnée à la naissance, prénommée Violette Trénet, elle est serveuse quand elle rencontre Philippe Toussaint, à qui elle voue un culte absolu, toutes les autres filles le convoitent. Ils se marient mais elle ne sera jamais acceptée par ses parents à lui. Malgré leur petite fille. Léonine, que Philippe avait proposé d’appeler Jessica (« c’est à la mode ») mais Violette avait tenu bon.

Elle se souvient et se révèle à elle-même. Elle se souvient de Sacha, l’ancien gardien du cimetière qui lui a appris l’amour de la terre, des plantes et le respect de l’histoire de tous ces gens qu’un gardien (ou une gardienne) côtoie, les morts comme les vivants. Alors elle n’oublie pas non plus les morts, elle consigne dans un carnet chaque détail des enterrement. Elle fait aussi souvent la connaissance des proches. Tous ont une place dans ce cimetière.

A travers le personnage de Violette, Valérie Perrin fait vivre les drames humains. L’être humain est analysé dans les petits détails de l’intime, il grandit au contact des autres. Au fil de la narration qui évoque tantôt le présent, tantôt le passé, à travers l’histoire de plusieurs personnages, le personnage de Violette se révèle. Le mari n’est peut-être pas si antipathique…On en vient à comprendre leur manque de communication, à partager leur douleur.

Violette se révèle une femme encore plus blessée que ce à quoi on s’attend au départ…Elle a dû vivre un drame lourd à son coeur de maman: la perte de sa petite Léonine. Malgré cela, ce roman qui fait cohabiter assez facilement morts et vivants n’est pas triste, le lecteur est au contraire sans cesse parcouru d’émotions: tristesse, joie, colère…C’est même un hymne à la vie avec une Violette qui semble transfigurée…Et pourtant, un constat est là: elle ne parvient pas vraiment à saisir le bonheur…Et si les personnes ayant vécu de grands drames ne pouvaient se contenter que de l’instant? Serait-ce si gênant, après tout?

Conseil: prévoyez du temps pour cette lecture, dès que vous aurez ouvert ce livre, vous ne saurez plus où vous arrêter…

A lire si vous aimez les personnages (ou les personnes car Violette pourrait aisément faire partie de la vie de chacun) qui paraissent un peu bruts, les pierres qui se révèlent diamants, les côtés sombres et mystérieux qui finissent en lumière…

N’ayez surtout pas peur des 560 pages (ou des 672 pages si vous préférez la version du Livre de Poche): dites-vous qu’il s’agit de l’escalier d’une cathédrale de plus de 300 marches: arrivé(e) en haut, vous observez souvent une architecture magnifique et un paysage sublime. Quand vous refermerez le livre de Valérie Perrin, vous pourrez développer votre empathie, marquée par les émotions véhiculées dans ce roman.

(Cet ouvrage est paru en février 2018)

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