Bakhita – Véronique Olmi

Editions Albin Michel-23/08/2017-464 pages

Elle s’appelait Bakhita et était noire comme l’ébène, d’une couleur qui effraya les Italiens quand elle arriva dans ce pays, débarquée du Soudan…Si percevoir sa différence dans le regard des autres avait été sa seule souffrance, sa vie aurait été bien douce…

Bakhita vient du Soudan, donc, un pays où, au dix-neuvième siècle (elle est née en 1869), on enlève les petites filles (elle voit sa sœur disparaître quand elle a 7 ans) et on les vend comme esclaves à des négriers cupides. C’est ce qui lui arrivera également.

On peut aisément, même sans les lire d’ailleurs, imaginer les souffrances d’une enfant esclave, ballotée de maître en maître…Ce qu’on peut lire dans ce récit autobiographique par contre dépasse l’imagination. On découvre, médusé(e), la cruauté des hommes: un des maîtres de Bakhita la marquera à jamais en la tatouant, sans son consentement bien entendu, comme un vulgaire objet. Elle verra tant d’autres enfants esclaves mourir près d’elle…De son enfance, elle se souviendra peu. Même sa véritable identité, elle l’a oubliée…

Et pourtant, elle survit dans ce monde cruel que Véronique Olmi décrit de façon très juste, si détaillée qu’il est là, sous nos yeux, durant de nombreuses pages…Elle survit et rencontre en 1883 son sauveur, Calisto Legnani, consul à Karthoum,

A 14 ans, elle arrive alors en Italie et sa vie change. Elle rencontre Stefano, un homme instruit qui a la volonté de faire son éducation. Après d’autres péripéties comme l’amour d’une enfant et la jalousie d’une mère, un procès la rendra libre. Elle choisira de devenir religieuse, la Madre Moretta, car Bakhita, c’est la générosité même, sa vie passe après celle des autres…

Elle racontera et écrira son histoire. Après une longue vie, elle meurt à 78 ans, en 1947. Elle sera canonisée par le Pape Jean-Paul II en 2000.

Avis

L’auteur a signé en août 2017 un très beau roman. De ceux que l’on garde longtemps en mémoire. Si une grande partie de la vie de Bakhita est triste à faire pleurer dans les chaumières, Véronique Olmi ne tombe à aucun moment dans le pathos. Elle érige Bakhita non en héroïne mais en fait un personnage plein d’humanité, plein d’espérance. Car Bakhita a foi au genre humain. Bakhita regarde les étoiles le soir et sait que ses ancêtres aussi ont communié avec la nature, c’est une manière pour elle de se rapprocher d’eux…De ce destin tragique jaillit la lumière!

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