Le lambeau – Philippe Lançon

Editions Gallimard-12/04/2018-512 pages

Résume de l’éditeur

« Lambeau, subst. masc.
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338). (Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).  » (Editions Gallimard, 512 pages)

Ce roman est paru en 2018 et évoque l’attentat de Charlie Hebdo et les suites post-traumatiques d’une victime qui a vu mourir ses camarades.

Avis de lecture

Je ne vous dirais pas que je ne l’ai pas aimé, celui-là, car il ne fait pas partie des livres qu’on aime ou pas. On ne peut pas aimer un tel livre si on s’en tient à son sujet ou on ne peut qu’aimer ce livre si on s’en tient au sujet (parce que sinon, on passe pour un sans cœur…).

Je voulais le lire dès que j’ai eu connaissance de sa parution mais ayant d’autres lectures en chantier, j’ai attendu et je l’ai lu sur ma liseuse (je dirais: « tant mieux, je n’ai pas eu à toucher le livre papier, cela peut mettre à distance des émotions). Puisqu’on parle du sujet, même si l’éditeur ne le dit pas dans son résumé, autant en parler tout de suite: il s’agit de l’attentat de Charlie Hebdo. Ou plutôt ce livre va l’évoquer mais il s’agit du témoignage de Philippe Lançon qui raconte l’attaque du 7 janvier 2015. Il y était, il l’a vécue, il y a perdu beaucoup de ses amis et aussi son visage, sa mâchoire réduite en lambeau. Il a survécu alors il raconte comment on peut se reconstruire quand on a perdu autant, tant dans sa tête que dans son corps que dans sa vie.

Philippe, la « Gueule cassée », tel qu’il se définit lui-même, a vu son ami Bernard mourir. Et d’autres aussi. Il a réalisé qu’il était en vie aussi. Être en vie après un attentat, cela veut dire passer un nombre incalculable d’heures dans les hôpitaux: 13 opérations lourdes, des allers et retours entre la chambre et le bloc. Et des moments incalculables de doutes et d’incertitude. Et l’amour, là dedans? Et Gabrielle, sa compagne? Gabrielle va tenir bon, vaille que vaille.

Merci, Philippe, merci d’avoir écrit ce livre, qui fut pour toi un véritable exutoire. Des heures d’enfer, j’imagine, à sortir toute cette souffrance. Pardonne-moi, je n’ai pas pu achever la lecture de ce livre: je me suis laissée porter par mes émotions, j’ai pleuré, pleuré, pleuré. Et je te tutoie maintenant parce que malgré tout, j’ai été avec toi, dans tout le récit que j’ai lu (la moitié du livre environ).

Mais, toi, ami lecteur, si tu as le cœur bien accroché, n’hésite surtout pas. C’est une leçon d’humanité. Merci encore, Philippe!

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