Charlotte – David Foenkinos (Août 2014)

Après la lecture de ce roman, une seule pensée me vient: « mais pourquoi l’auteur nous offre t-il un style aussi inégal? » Si je ne lis pas ces romans dans l’ordre de parution, je ne peux m’empêcher de penser que les lecteurs de Vers la beauté ne pourront qu’être déçus s’ils ont lu Charlotte avant.

Un prénom pour titre, donc. On sait déjà avant d’avoir lu que ce prénom va nous plonger dans des sphères intimes. Charlotte? Un des prénoms des soeurs Brontë, cette histoire sera t-elle donc empreinte de mélancolie et de souvenirs de pensionnats horribles?

Il n’en est rien mais les deux Charlotte ont un point commun: elles meurent jeunes. Celle du dix-neuvième siècle meurt à 38 ans, vraisemblablement de maladie. Celle du vingtième siècle (celle de ce roman) est quant à elle frappée par les tragédies de la Grande Histoire: elle meurt à 26 ans à Auschwitz. La comparaison s’arrête là, revenons à présent au roman de Foenkinos.

Voici une brève biographie: Charlotte Salomon naît à Berlin le 16 avril 1917 de parents juifs allemands. Son père, Albert Salomon, est médecin et très accaparé par son travail. Sa mère, Franziska Grunwald, semble marquée par une malédiction familiale. Elle se suicidera quand Charlotte aura 9 ans, en 1926. En 1930, son père se remarie avec Paula, une cantatrice. Quelques années, après, arrivent les nazis au pouvoir. Charlotte se réfugie en France mais cela n’est qu’un asile temporaire: dénoncée, elle est envoyée au camp d’Auschwitz. Elle y mourra, enceinte, à 26 ans, gazée dès son arrivée.

Mais ce roman, dont on ne sait s’il s’agit d’un roman autobiographique ou d’un récit, n’est pas une simple narration. David Foenkinos raconte aussi son obsession pour son personnage, Charlotte Salomon, dont il a découvert le travail lors d’une exposition à Berlin. Il a pris son temps et un jour, il a été prêt: il s’est mis à écrire en prose: le roman est composé de phrases en ligne. Ligne par ligne, on prend sa respiration, on est en apnée, on vit les choses au rythme de l’écriture. On lit tout d’une traite. Et en refermant le livre, on se dit que c’est un très bel hommage qui reflète la vie de l’artiste Charlotte Salomon.

En ce qui me concerne, la critique de ce roman sera aussi minimaliste. Je vois dis simplement que lire cette histoire se vit. Peut-on raconter la vie en quelques lignes? Peut-on raconter l’art en quelques lignes? Peut-on raconter la construction d’une artiste en quelques lignes? David Foenkinos a raconté. Lisez donc ses mots!

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