Une bête au paradis – Cécile Coulon

Editions de l’Iconoclaste – 21/08/2019

Il fait partie de la rentrée littéraire 2019 et faisait partie de ma pile à lire. J’avais lu la quatrième de couverture. Je vous en livre ici le résumé:

Le Paradis est le domaine d’Emilienne qui y élève ses petits-enfants, Blanche et Gabriel, suite à la mort prématurée de leurs parents dans un accident de voiture. La ferme est isolée au bout d’un chemin de terre et verra les deux enfants devenir adolescents puis adultes. A l’adolescence, Blanche rencontre Alexandre qui devient son premier amour. Mais ils se retrouvent tous deux face à une réalité: Alexandre veut aller explorer le monde, loin du Paradis, tandis que Blanche est attachée à sa terre. Ils se séparent, c’est déchirant. Des années après, alors que la vie au Paradis est toujours dure, ils se retrouvent; le temps de la vengeance est là.

Avis

La quatrième de couverture (farfouillez sur le site des éditions L’Iconoclaste, vous la trouverez sans peine) est prometteuse (une vengeance, une terre familiale, ne serions-nous pas plongé(e)s dans l’univers des sagas familiales télévisées des années 2000: Tramontane, Dolmen etc…). Le roman a même obtenu le prix littéraire Le Monde.

A la lecture des premières pages, on s’attend à un roman du terroir, tant il chante la terre, l’enraciment familial. Ensuite, on s’attend à une saga familiale avec pour personnage central la matriarche Emilienne. On s’attend à une histoire de femmes: les hommes sont là mais les femmes dominent. Pourtant, la vie à la ferme n’est pas simple. Les hommes sont travailleurs: on s’arrête sur la figure de Louis, maltraité par ses parents, recueilli par Emilienne, homme à tout faire qui tombe amoureux de Blanche: on bascule là vers le déjà-vu. On passe à Gabriel, assez taciturne, marqué par la mort de ses parents. Il semble être le seul qui trouvera l’amour durablement avec Aurore et qui quittera le Paradis, aussi près soit-il, aussi prêt soit-il à y revenir aussi.

Très rapidement, les images des romans de terroir magnifiés par des auteurs comme Claude Michelet, Christian Signol ou si on a envie de Provence Jean Giono s’éloignent. On entre dans un huis-clos où chaque personnage se débat avec lui-même. Les combats intérieurs sont différents, la ferme est cet espace où tous évoluent. L’angoisse monte au fil des pages: Emilienne vieillit et surtout, Blanche amène un étranger, Alexandre, une passion, des sentiments…et de la déception à la ferme aussi. Les murs n’en peuvent plus. Ils ne s’en relèveront pas. Blanche basculera dans la folie…

Le portrait de Blanche est étincelant. On se croirait parfois sur un tournage de cinéma. Ambiance Chabrol. On croirait un personnage de tragédie grecque. Celui d’Alexandre n’en est pas moins réussi: de l’ambition semble dévorer ce jeune homme mais l’ambition ne fait pas tout, est-il capable tout de même d’humanité?

Pour en venir au style, Cécile Coulon écrit bien. Elle sait donner vie à ses personnages et faire en sorte que tous soient partie intégrante de la ferme. Mais je ne sais pourquoi, ce roman ne m’a pas transportée. Je l’ai lu rapidement, sans que les personnages n’y restent, aussitôt la lecture achevée. Je suis donc mitigée et si je devais lui mettre une note, ce serait une note moyenne. J’en conseille tout de même la lecture parce que je suis probablement passée à côté de quelque chose…

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