Une fille dans la jungle – Delphine Coulin

Editions Grasset – 23/08/2017 – 240 pages

Elle s’appelle Hawa, elle est Éthiopienne et la jungle, c’est sa maison. Non la jungle peuplée d’animaux et de bêtes féroces mais le bidonville de Calais. Hawa est une migrante et après l’Ethiopie qu’elle a fui parce que sa mère voulait la marier à un homme vieux, elle a connu le Soudan, la Libye, la traversée méditerranéenne en bateau, l’Italie puis la France. Et Calais, cette ville portuaire et maritime du Nord de la France qui regorge de chômeurs.

Elle va tenter de rester et de vivre dans cette jungle, après son démantèlement et le départ de nombreux migrants en bus vers d’autres endroits. Avec 5 autres jeunes du camp, 4 garçons et 1 fille dont 2 frères et un jeune garçon de 10 ans. Ils ont tous un rêve, un Eldorado: gagner l’Angleterre.

Dans ce roman paru en 2017, Delphine Coulin nous raconte leur histoire (probablement celle de nombreux autres migrants) avec justesse, par une écriture sans fioritures, qui va droit au but. Crasse, puanteur, boue, faim, froid, fatigue sont leur quotidien. Ce ne sont que des enfants et pourtant, ils ont déjà tant souffert! Et leur survie à Calais est aussi souffrance.

Satisfaire leurs besoins primaires (manger, dormir, se laver, être en sécurité) est vital pour eux et au début, ils pensent pouvoir y arriver ensemble. La traversée vers l’Angleterre, ils la tenteront ensemble aussi.

Mais très vite, la réalité les rattrape: leur monde est violent et les prédateurs rôdent. Tu veux manger? Va donc voler dans les supermarchés! Tu veux tenter de passer de l’autre côté de la Manche? Paye l’accès au parking de camions! Tu es une fille? Prends garde à toi, surtout! Tu as cru tout voir lors des voyages réalisés dans des conditions effroyables? Ton périple ne s’arrêtera pas là!

Avis de lecture

Roman au style fluide, Une fille dans la jungle est une narration très détaillée des conditions de vie de migrants mineurs isolés livrés à eux-mêmes. La solidarité entre eux fait place peu à peu à des êtres déshumanisés, préoccupés uniquement par leur survie, quitte à ce que cela passe par des conditions pas très honnêtes (vols et violences). Comme Hawa le souligne, ces migrants font peur. Le roman prend aux tripes, pourtant: on les suit, ces jeunes, on a envie de les aider, de les emporter loin aussi.

Delphine Coulin nous fait nous interroger sur notre humanité aussi: que faire pour eux, qui ont connu tant de violences? comment leur redonner confiance? On sait tout cela, on lit et regarde les informations, on sait qui sont les migrants, leur parcours. Et pourtant, on a envie de dire: « Merci, Delphine Coulin. Merci de rappeler que tant qu’il y a de l’espoir, les choses sont possibles. »

A lire absolument. C’est une leçon d’humanité…

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