Une joie féroce – Sorj Chalandon

Editions Grasset – 14/08/2019-320 pages

A première vue, on pourrait se croire embarqué(e) dans un roman policier: l’incipit décrit une ambiance d’avant braquage: quatre femmes qui ont accessoirisé leurs tenues avec lunettes noires et cheveux synthétiques sont en voiture et l’une d’elles sort un flingue. Un vrai. Ce premier chapitre s’appelle « Une vraie connerie ». Et hop, on tourne la page et on arrive à « Sept mois plus tôt ». Alors, Monsieur Chalandon, comment en est-on arrivé là, dites-nous! (Et c’est là qu’on se rend compte que non, ce n’est pas du tout un roman policier…)

Au début de l’histoire, il y a Jeanne, d’abord. Elle a 40 ans, un métier qu’elle aime (elle est libraire), un mari qui travaille beaucoup, Matt. Entre eux, Jules, un enfant mort à 7 ans, le drame de leur vie.

Lors d’un contrôle médical, elle apprend qu’elle a un cancer du sein. C’est un véritable bouleversement, d’autant que son mari lui dit que c’est trop dur pour lui. Il a peur qu’elle soit chauve, elle a peur de perdre un sein: cette dissonance les mènera à la séparation.

A l’hôpital où elle va faire de la chimiothérapie, Jeanne rencontre Brigitte, une femme malade également qui l’écoutera et la conseillera. Elle lui présentera Assia et Melody. Toutes ont un point commun: elles sont en manque d’enfant: Jeanne a perdu le sien, Jules, Assia a choisi d’avorter, Brigitte n’a pas fait la bonne rencontre et Melody a une fille qui lui a été enlevée par son père. Solidaires pour affronter la maladie, elles le sont aussi lorsque l’une des leurs a besoin d’elles. Et parce qu’elles ne sont plus à cela près, elles échaffaudent un plan pour être braqueuses…

Mon avis sur ce roman

Je n’ai eu aucun mal à entrer dans l’histoire de ce roman paru en août 2019. Sorj Chalandon nous présente un personnage attachant (Jeanne) qu’on a envie d’aider dans l’épreuve qu’elle traverse. On vit avec elle les étapes de sa maladie: l’attente du diagnostic, l’annonce, les réactions des proches, la perte des cheveux, les séances de chimiothérapie…

Mais j’ai été déçue par la suite de l’histoire. Les valeurs véhiculées sont fortes, la solidarité, l’amitié comptent pour ces femmes. Mais l’histoire des trois autres femmes ne m’a pas touchée.Pas plus que l’idée du braquage, trop tirée par les cheveux par de nombreux détails. L’écriture de Sorj Chalandon est agréable mais il y a quelque chose dans ce roman qui fait qu’on n’y croit pas vraiment!

Je garderais plutôt en tête le superbe Le jour d’après (2017).

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