Adieu, mes quinze ans…- Claude Campagne

Edition GP (1960)

Dimanche soir. Un soir de novembre, par un temps tout gris, tout pas beau, humide, un temps à rester sous la couette avec un bon livre. J’ai de quoi chasser votre blues en vous faisant replonger des années en arrière…Dans les années 60. Avec mon avis sur le roman Adieu, mes quinze ans…que j’ai lu des tas de fois.

En quelques mots, voici un résumé de l’histoire: Fanny, jeune fille de presque 16 ans, vit avec son frère Guillaume et son grand-père, le capitaine Le Marroy, au Cadran Solaire, dans la région boulonnaise. Ses trajets à vélo lui font rencontrer un jeune camionneur de 20 ans, Yann, qui l’aide à faire ses devoirs et devient très vite un hôte de marque chez son grand-père. Mais pourquoi donc semble t-il s’intéresser à Ingvild, une jeune Norvégienne venue lors d’un échange scolaire, que le capitaine tient tant à accueillir?

Mon avis sur ce roman

L’adolescente que j’étais l’a lu et relu, fascinée par ces ailleurs où l’emmènent les personnages: la campagne boulonnaise, d’abord, où l’on imagine sans peine tout un tas de Fanny circulant à vélo. Une fille simple et solide. La Norvège ensuite, avec la bonne humeur d’Ingvild, sa blondeur, ses manières un peu décalées parfois. Et enfin, l’ailleurs de Yann qui nous transporte dans les années 40, dans ces années de guerre où l’on imagine sans peine un gamin perdu, seul, sans ses parents, dans un chaos total et cette dame qui brusquement s’occupe de lui et l’adopte.

Ce roman, de qualité, a tout pour plaire aux jeunes: une histoire mystérieuse qui semble douloureuse, une adolescente qui découvre une amitié différente de celles qu’elle a connues jusqu’alors, beaucoup de pudeur aussi…Des ingrédients destinés à la jeunesse des années 60, assurément. Un roman au charme désuet, bien écrit pourtant.

Je me souviens aussi du dossier faisant suite à l’histoire, dans lequel Claude Campagne explique la genèse de ce roman. Et aussi comment Jean-Louis et Brigitte Dubreuil sont devenus « Claude Campagne ». Cela sortait le roman du cadre fictionnel et donnait du concret à l’histoire…

Fanny, je l’aime et ce roman pourrait presque être ma madeleine de Proust…

Violette Hurlevent et le jardin sauvage – Paul Martin et Jean-Baptiste Bourgois

Résumé du livre

Violette Hurlevent est une petite fille de 9 ans qui n’est pas très contente d’avoir emménagé dans une nouvelle maison. Pour échapper à une altercation entre ses parents, elle va aller explorer un endroit d’apparence banal qui se révélera plein d’imprévus: le jardin.

Accompagnée de son chien, Pavel, elle se retrouvera confrontée à des loups, des taupes, affrontera la Horde Verte, se retrouvera couverte de la peau du Loup et partira à la recherche des reliques, ces objets qui l’aideront à mener la mission qu’elle s’est assignée: devenir la protectrice du Jardin.

Mon avis sur le roman

Violette Hurlevent et le jardin sauvage est un roman dense, très détaillé, qui tient en haleine, de rebondissements en rebondissements.

Mention spéciale à son dessinateur: Jean-Baptiste Bourgois. Les dessins à la plume sont superbes, leur réalisme renforce cette impression de mystère que l’on ressent à la lecture du roman.

Violette Hurlevent se révèle être une petite fille courageuse et déterminée à percer les mystères qui l’entourent dans ce jardin. Nous, lecteurs, nous retrouvons plongés à la fois dans Alice aux pays des merveilles, Arthur et les Minimoys ou encore Tobie Lolness…

Dans ce monde fantastique aux apparences effrayantes de conte, nous retrouvons tout de même des incursions dans le réel qui nous en apprennent davantage sur les relations de Violette avec sa famille, notamment sur la peur de son père, violent.

Le roman est également parsemé d’allusions à double sens: la pêche aux chipolatas dans un lac, les loups qui se nomment comme des auteurs de littérature jeunesse, les références à des stations de métro…Cela échappera peut-être aux plus jeunes mais donne une note d’humour au récit.

Faisant partie de la sélection pour le prix Chimère, ce roman paru en mai 2019 devrait certainement plaire aux adolescents aimant le mystère..

Le petit bonheur hebdomadaire #2

Voici le 2ème billet consacré au petit bonheur hebdomadaire tel que l’a initié l’auteur du blog Pause earl grey. Je me rends compte que je ne sais pas précisément quel jour poster mais peu importe: ce sera mon moment d’écriture du samedi.

C’est le même bonheur que la semaine dernière: j’ai des collègues qui me soutiennent beaucoup et je les remercie pour tous ces petits moments qui semblent des petits riens mais que j’aime.

Pressons!

« Pressons, pressons! »

Nous nous hâtons et montons.

« Pressons, pressons! »

Hop, moults pardons et nous sortons.

« Pressons, pressons! »

Vite, courons et dans le bus nous serons!

« Pressons, pressons! »

Piétinons allègrement, sans nous asphyxier, non, non!

« Pressons, pressons! »

Tous en veston, nous descendons.

Ne nous pressons plus, ralentissons!

Terre familière, nous y allons!

D’un coup, à reculons!

« Au charbon, au charbon! »

Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck

Editions Flammarion- 01/04/2015-432 pages

Résumé du livre

 » Nous avions vingt ans et nous rêvions de liberté ». Tout commence à Providence, une petite ville des Etats-Unis, où vivent quatre amis: Fred ou Freddy, Hugo dit Bohem, Alex dit La Fouine et Oscar dit le Chinois. La bande à Freddy se passionne pour les motos (le père de Freddy tient un garage où Freddy et Hugo s’exercent à la mécanique) et décide un beau jour de parcourir les Etats-Unis avec leurs motos. Un objectif: aller à Vernon pour rencontrer le frère d’Alex, jamais vu. Tous partiront, sauf Freddy, avec pour valeurs l’amitié et l’indépendance. Sur leur chemin, d’Est en Ouest, leur bande s’agrandira, ils formeront un club de motards mais ils traverseront aussi de nombreuses épreuves comme la drogue, les vols, la violence, omniprésente celle-là d’ailleurs…Hugo, Bohem, dira plus tard: « Nous rêvions de liberté ». Ils le paieront chèrement.

Mon avis sur le livre

Ce livre paru en avril 2015 est un petit bijou pour qui aime l’aventure, les road trips. Souvenez-vous, à l’adolescence, vous rêviez bien d’ailleurs, assis sur votre lit, en contemplant les étoiles dans la nuit ou avec votre meilleur ami, en écoutant la radio et en chantant les chansons à tue-tête…Henri Loevenbruck a voulu nous faire partager cette part de rêve. Sauf que les adolescents qui rêvent dans ce roman ne sont pas des personnages qui rentrent tranquillement chez eux le soir. Freddy, il a un foyer, oui, un père qui se démène au travail, une mère qui cuit divinement la pasta. Alex a des parents qui l’aiment, qui le soutiennent même lorsqu’il atterrit au centre de détention pour mieux. Mais il est petit et moqué par des camarades s’il est seul alors la bande, il adhère à 100%. Oscar qui est en fait vietnamien a une mère pauvre et de nombreux frères et soeurs: bof, ce n’est pas la vie rêvée pour lui. Quant à Hugo, Hugo le narrateur, un drame a marqué son enfance: la mort de sa petite sœur, Véra. Ses parents sont enfermés dans la douleur, son royaume, c’est sa roulotte, sur le terrain de ses parents. De Bohémien à Bohem, il n’y a qu’une syllabe en moins, il était prédestiné à être sur la route.

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser ses jeunes à se retrouver confrontés à la violence? à se retrouver dans une spirale qui semble sans issue? Henri Loevenbruck emploie l’écriture de l’oralité de façon équilibrée, juste: ses personnages, on les voit. On a à chaque fois le point de vue d’Hugo puisqu’il en fait le narrateur mais c’est un récit passionnant, exaltant, même pour ceux qui ne s’intéressent absolument pas à l’univers des motards (moi, par exemple).

Ces mauvais garçons sont-ils si mauvais que cela d’ailleurs? Ne doit-on pas plutôt retenir que ce roman est un roman initiatique (une initiation qui tourne mal, certes), une formidable ode à l’amitié? Oui, la bande à Freddy apparaît comme une bande de petits délinquants, oui, la bande des Spitfires apparaît comme une bande d’ados trop endurcis, trop prompts à l’action jusqu’au dérapage ultime qui provoque la mort de trois personnes. Mais ces motards aussi ont des valeurs et si leur univers est loin d’être le nôtre, il existe tout de même. Et à la lecture des dernières pages, on ne peut donc s’empêcher d’avoir un terrible sentiment d’injustice et même de l’empathie pour Hugo. Celui qui a voulu aller au bout de ses rêves sans renier ses valeurs…Il n’y a pas à dire, l’auteur a réussi son coup: nous embarquer dans son aventure avec ses personnages dont on ne peut que se sentir proches, pas dans leurs actes, mais dans leurs rêves. Parce que nous nous remémorerons tous nos rêves d’adolescence et comme dit Francis Cabrel: « on rêvait de Venise et de liberté » (dans L’encre de tes yeux)

Juste avant l’Oubli – Alice Zeniter

Alice Zeniter est une écrivaine française née en 1986 dont le premier roman est paru en 2003. Dès son deuxième roman, elle obtient de nombreux prix littéraires. Juste avant l’oubli (2015) a obtenu le Prix Renaudot des Lycéens en 2015.

Editions Flammarion – 19/08/2015-288 pages

Résumé du livre

Tout se joue à Mirhalay, une île perdue des Hébrides. Personne n’a envie d’y vivre: elle possède une atmosphère tellement étrange! Un écrivain, Galwin Donnel y a pourtant élu domicile il y a des années de cela, en 1963, suite à son divorce accompagné d’un couple de gardiens et de leur fils. En 1985, il se jette d’une falaise et nul ne le revit.

On ignore s’il s’agit d’un accident, d’un suicide ou d’un meurtre et les légendes vonr bon train autour de cet auteur de polars à succès. Tous les trois ans, l’île et son gardien accueillent des chercheurs et spécialistes pour des journées d’études consacrées à l’auteur.

Franck, jeune infirmier, est invité par sa compagne, Emilie, qui s’est lancée dans une thèse sur Donnell. Il souhaite la demander en mariage, espérant avoir des enfants avec elle. Mais rien ne se passera comme prévu: Franck,fasciné par la beauté de cette terre oubliée de tous, découvrira aussi ses secrets…

Mon avis sur le roman

Alice Zeniter est une auteure que je découvrais. Cette histoire raconte le délitement lent d’un couple, de l’amour qui ne s’avoue pas vaincu tout de suite. Franck espère un peu, il attend, décalé dans ce monde d’intellectuels qui n’est pas le sien. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman mais j’avoue que j’ai moins aimé l’alternance de rythme du récit: aux phases d’action se succèdent des commentaires, trop longs d’ailleurs qui font perdre un peu le fil à la narration.

Je pense également que l’histoire est trop prévisible, les personnages ne sont pas très crédibles. Très vite, on sent qu’il va se passer quelque chose, on sait par qui cela va arriver.

J’ai apprécié le mélange des genres: sous ses airs de polar, ce roman nous invite à une réflexion sur l’élaboration d’un livre, nous permettant de nous interroger sur la démarche d’écriture. Que de commentaires de chercheurs sur une oeuvre fictive!

Une lecture qui donne à réfléchir davantage qu’on aurait pu le penser!

Premières lignes #1

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Ce rendez-vous a été initié par MaLecturothèque.

Je vais donc commencer: je suis en train de lire « Juste avant l’Oubli » d’Alice Zeniter.

« Le problème du prénom

Franck avait la malchance de porter son prénom. Il le savait. Certains prénoms vous tuent à l’instant qu’ils vous nomment. Franck était persuadé, jusque dans ses moments de bonheur les plus intenses, qu’il aurait pu avoir une vie meilleure sous une autre identité. Les gens ne le regardaient pas de la même manière que s’il s’était appelé Guillaume ou Théo. »

Mon avis: j’aime cet incipit car il pose un problème identitaire: celui de n’être pas en accord avec ses origines, avec les goûts de ses parents. Il annonce un personnage pas ordinaire, aussi. Le sera t-il? Je n’en sais rien encore!

Le Petit Bonheur Hebdomadaire #1

Que fait donc ce billet sur un blog qui contient des avis sur des livres? J’ai découvert le principe sur le blog Les lectures d’Emy qui l’a découvert sur le blog Pause Earl Grey.

Le voici: Le petit bonheur hebdomadaire est un rendez-vous qui consiste à parler de son petit bonheur de la semaine.

Après réflexion, je dirais qu’il s’agit de plusieurs discussions avec des collègues qui ont pris le temps de m’écouter. Le temps est une denrée précieuse, mes collègues, je les aime!

Un peu de poésie et du n’importe quoi…

Nager sous la pluie…

Manger une glace en hiver

Boire un café exprès après

C’est toi, c’est moi, tout ça.

Du grand n’importe quoi.

Là, sous la pluie, on est samedi.

Le travail est fini, infini, jamais fini…

Là, sous la pluie, sous la neige en pluie.

Il fait froid.En veux-tu, en voilà!

Merci à Barbarasoleil pour son blog Lire dit-elle. De la poésie, cela met de bonne humeur!

Au revoir là-haut -Pierre Lemaître et Christian De Metter

J’ai lu le superbe roman qui a obtenu le prix Goncourt, j’ai vu le film, je n’avais pas encore lu l’album et j’en ai eu tout de suite envie en le voyant à la médiathèque.

Présentation de l’album par les éditions Rue de Sèvres

1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants, et les trafics les moins glorieux vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable qui a sauvé la vie d’Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de se projeter dans une vie nouvelle, ailleurs.

Mon avis sur l’album

Le dessinateur Christian De Metter était face à un véritable défi: mettre en images un Prix Goncourt. Il l’a relevé avec brio avec cet album paru en août 2015 aux Editions Rue de Sèvres (c’est un gage de qualité).

Tout y est: les malheureux soldats envoyés au combat par le lieutenant Pradelle, Maillard découvrant ensuite qu’on leur a tiré dans le dos, Péricourt qui le sauve dans le trou d’obus où Pradelle l’a envoyé de peur d’être dénoncé. Les images permettent une meilleure représentation: en couleurs, Pradelle est encore on ne peut plus redoutable, cruellement effrayant…Défiguré, Edouard Péricourt ne veut pas se montrer ainsi et devient Eugène Larivière tandis qu’Albert Maillard évite de justesse le peleton d’exécution (Pradelle a affirmé qu’il avait cherché à déserter) et doit quitter l’armée. Pour survivre dans cette société d’après-guerre, les deux hommes devenus amis montent une escroquerie hors-norme, profitant du patriotisme et de l’engouement pour les hommages aux soldats morts et pour les sépultures.

Le coup de crayon est affirmé, le texte laisse place à l’image, il est aisé de se représenter l’action. Quand tout est sombre, les onomatopées rappellent la noirceur de la scène. Quand tout est colorisé, c’est la joie et les émotions des personnages qui triomphent…Christian de Metter, sobrement, laisse place aux émotions et actions de façon harmonieuse et équilibrée. Les planches se succèdent, on s’attache à ces personnages tout comme dans le roman, ils nous sont proches, on entre dans leur univers…Et Pradelle est d’autant plus un salaud.

Un bel album à ne pas rater!

Peine perdue – Olivier Adam

Olivier Adam, né en 1974, est un écrivain français qui a pour habitude de mettre en scène dans ces romans des personnages « sur le fil », des histoires personnelles douloureuses, des failles, des inadaptations familiales, sociales et sociétales. On retrouve ici le personnage d’Antoine, déjà croisé dans d’autres romans comme A l’ouest.

Editions Flammarion-20/08/2014-416 pages

En attendant que le dernier livre d’Olivier Adam Une partie de badminton soit disponible à la médiathèque où je l’ai réservé, je me plonge dans la lecture d’un autre de ces ouvrages: Peine perdue. Sachant que je n’ai pas tout à fait adhéré à son dernier ouvrage Chanson de la ville silencieuse (2018) et que mon livre préféré reste A l’abri de rien (2007).

Peine perdue est un roman paru en août 2014 dans la lignée des autres romans de l’auteur, tristesse et mélancolie sont sa signature. Olivier Adam retrace le parcours de 22 personnes, à un moment T. Au centre, il y a Antoine, son portrait est brossé dès le début du roman, suivi de celui de son ex-femme, Marion. Footballeur amateur, Antoine, trentenaire, est parfois violent. Il se retrouve à l’hôpital, suite à son agression par deux hommes cagoulés. Nous sommes en plein hiver,dans une station balnéaire de la Côte d’Azur. Les touristes se font rares mais chacun va devoir affronter une tempête: les vents se déchaînent, des personnes seront portés disparues, il y aura des morts aussi. Nous essayerons de comprendre qui a bien pu agresser Antoine, dans ce lieu de villégiature où les vacanciers se sont envolés. 22 autres personnes apporteront également leur éclairage afin de mieux comprendre ce qui est arrivé à Antoine…

Mon avis sur le roman

Il est beau, il est sombre,il tient en haleine du début à la fin. Olivier Adam y met en oeuvre plusieurs éléments que l’on retrouve dans ces autres romans. Pour commencer, la mer. Nous ne sommes pas ici dans un cadre idyllique, les bourrasques de vent n’épargne rien ni personne, nous nous retrouvons vite dans une ambiance de type Apocalypse now.

Ensuite, Olivier Adam dresse des portraits très réalistes de ses personnages tout cabosés. Comme dans nombre de ces autres romans, il met en scène des personnages qui connaissent mille galères dans leur vie quotidienne, qui sont si mal préparés à ce qui leur arrive.

Chacune de ces personnes montre ses failles et plonge le lecteur en plein désarroi. Ce n’est pas le roman de l’espoir, on se demande même à la fin de la lecture de chaque chapitre si effectivement, tout n’est pas peine perdue…Chacun tente tout de même de sortir de sa torpeur, de sa petite vie, certains y parviennent un peu, d’autres au contraire s’y engouffrent allègrement…

Amis du feel good, ne fuyez pas pour autant! La plume d’Olivier Adam est juste, sincère. On ne sort pas joyeux de cette lecture mais elle est nécessaire…

Le retour de la bête- Jean-Luc Marcastel

Editions Gulf Stream-13/09/2018-144 pages

Résumé de l’histoire

Un grand-père se remémore dans un musée où il se rend avec sa petite-fille les événements survenus 73 ans plus tôt, en 1942.

Nous sommes alors dans un petit village du Cantal. Jacques,ses amis Gégé et Dédé et sa soeur Françoise affronte l’hiver froid et la neige sur le chemin de l’école. Ils parlent de la rumeur: quelqu’un du village affirme que la Bête du Gévaudan est de retour, ce qui suscite de la crainte et attise l’imagination.

Mais nous sommes en temps de guerre et un événement fait cesser toute rêverie. Le meilleur ami de Jacques, Maurice, est arrêté à l’arrivée des Allemands dans le village ainsi que leur instituteur, monsieur Antoine.

Les enfants échaffaudent alors un plan pour les sauver…Et si la Bête était leur meilleure alliée?

Avis de lecture

Un roman qui s’adresse au jeune public (il est conseillé à partir de 9 ans). L’imaginaire est mis en oeuvre: entre légende et fantastique, la Bête est une créature qui effraie, les illustrations sont d’ailleurs là pour renforcer le sentiment de peur.

Sous couvert d’un événement historique (une arrestation de Juif et de Résistant), le roman soumet à une réflexion: qui est la Bête la plus effrayante?

Le roman est court, la lecture est facile, l’écriture est fluide, l’action dense: autant de qualités qui séduiront le public cible. Saluons le courage des enfants qui, bravant leur peur, font preuve de courage et de témérité au nom de l’amitié, valeur forte qui suscitera l’adhésion.

Une jolie histoire pour qui aime un peu frissonner, le tout sous un contexte historique précis qui exacerbe les tensions…

Ce roman paru en septembre 2018 fait partie de la sélection pour le Prix des Incorruptibles (cycle 3)

Sale gosse – Mathieu Palain

Editions l’Iconoclaste-21/08/2019-

J’avais repéré ce livre, nouveauté littéraire de la rentrée, paru en août 2019 lors d’un passage en librairie en octobre. Il a fallu attendre qu’il soit disponible à la médiathèque, mon budget consacré aux livres étant limité en ce moment (Noël approchant…).

Résumé du livre

C’est l’histoire de jeunes en perdition, sans repères ou pas avec les bons, légalement parlant. C’est l’histoire d’éducateurs de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse ) qui n’ont pas toujours le même parcours mais la volonté tenace d’aider et d’accompagner ces jeunes.

Wilfried est au centre de l’histoire. Père inconnu, mère toxicomane: il est retiré de son foyer à 8 mois pour être placé en famille d’accueil, chez Thierry et Anna. A 15 ans, il se voit footballeur professionnel, il est au centre de formation d’Auxerre mais il est renvoyé à cause de violence envers un autre joueur. Pour l’aider et consolider l’équilibre familial, Thierry et Anna lancent une procédure d’adoption mais un juge décide que Wilfried doit aller vivre avec sa mère biologique. L’adolescent préfère fuguer et tomber dans la violence. A 17 ans, il est suivi par une équipe d’educateurs, surtout par Nina, avec une question lancinante: que faire de sa vie, lorsque la case prison n’est pas loin?

Quelques mots sur l’auteur

Mathieu Palain est un jeune auteur, né en 1988. Sale gosse est son premier roman. Il explique son parcours à la fin de ce livre: il est journaliste de formation, mais son père était éducateur de la PJJ. Il a voulu lui rendre hommage ainsi qu’à ses collègues et a passé 6 mois à la PJJ d’Auxerre. Il s’est aussi inspiré de plusieurs films, notamment Polisse de Maiwenn dans lequel une photographe s’est retrouvée confrontée à la vie quotidienne d’une brigade des mineurs.

Mon avis sur ce livre

J’ai passé un agréable moment en lisant ce livre. Mathieu Palain brosse des portraits sans concession, aussi bien des jeunes que des éducateurs. Les familles défaillantes sont ce qu’elles sont: des familles défaillantes. Tout paraît réaliste, comme si nous y étions.

On perçoit toute la difficulté du métier d’éducateur, un métier qui ne s’arrête pas à la sortie de la PJJ.

 » Le foyer, c’est le cinéma et le milieu ouvert, la photographie. Un film, tu le vis à je ne sais pas combien d’images par seconde, et l’histoire t’embarque. La photo, elle reste figée mais à force de la regarder, tu perçois les détails, le second plan. Le milieu ouvert, c’est ça: tu as l’impression d’avoir perdu le contact, alors qu’en fait, tu as pris du recul pour comprendre ce qui se passe. »

Leur métier les confronte à tous les travers de la société: la drogue, l’alcool, le désamour ou le non-amour de gosses pas désirés, la précarité voire la misère, la difficulté pour les adultes de faire face à leurs responsabilités ou leur irresponsabilité. Les parcours des gosses, ils les connaissent d’avance, ils se ressemblent tellement: suite à l’abandon ou la démission des parents, peu importe les raisons, les gosses se retrouvent fragilisés, cabosés de partout. En arrivant au foyer, tous ont connu la violence: les cris, les coups, les paroles désobligeantes voire les viols, la prostitution, certains ayant même tourné la violence contre eux-mêmes, par des tentatives de suicide, des mutilations, ou contre d’autres, par des vols.

Les univers de ces gosses, c’est la cour des miracles. A travers une écriture directe, qui ne s’embarrasse d’aucune fioriture, Mathieu Palain nous fait aussi sur les capacités de l’être humain à protéger les plus fragiles et sur le devenir de ces jeunes. Comment l’institution fait-elle pour gérer les nombreux dossiers et faire en sorte que de ces dossiers émerge de l’humain (ce sont les éducateurs qui font cela admirablement)? Quel sens peut-on donner au mot « famille? ». Que faire quand on n’est plus sous couvert de la protection de l’enfance, à 18 ans? Et aussi: est-ce que le sport peut « sauver » ces « sales gosses »?

Un roman qui nous plonge au coeur de l’humain, avec ses soubresauts et ses palpitations.

Ma part de Gaulois – Magyd Cherfi

Editions Actes Sud – 17/08/2016- 272 pages

Résumé du roman

1981.A Toulouse, dans les quartiers nord vit Magyd, élève de Terminale. Passer son bac est une normalité pour nombre de jeunes mais lui sera certainement le premier Arabe de la cité à l’avoir, c’est même un des objectifs de sa mère. Avec ses copains Momo et Samir, il affronte au quotidien moqueries et insultes de jeunes qui ne « dépassent même pas la 5ème ».

1981, c’est aussi l’année de campagne de Mitterrand et la peur d’être expulsé. Alors Magyd manie les mots comme personne autour de lui, tente de monter une pièce de théâtre avec les filles, pour qu’elles se sentent libres. Il fait aussi de l’aide aux devoirs pour les plus jeunes.

Sans rejeter les siens, son quartier, sa cité, il se met aussi à fréquenter des camarades de classe, des « Français ». Et s’interroge sur sa double identité, sa double culture. Il aura le bac mais après?

Mon avis sur ce roman

Si l’on prend en compte l’écriture et le langage, ce roman paru en août 2016 fait preuve d’une extrême drôlerie. Rimbaud et Brassens côtoient les « enculés », les « cons de ta mère » de la cité: c’est là tout le paradoxe identitaire d’un jeune qui se cherche, coincé entre son environnement de cité et  » les Français ».

Je suppose que le fait de parler autant de « français », « française », « arabe », « rebeu » est la retranscription d’une époque. J’avoue que ces références constantes aux origines m’a un peu gênée, comme s’il était besoin de faire une surenchère du communautarisme des cités.

Mais je reconnais que malgré les tournures de langage familier, ce roman retrace le parcours d’un jeune qui a foi en la culture, prêt à lutter contre le déterminisme social et les violences faites aux femmes.Et que c’est de ce même langage que jaillit la volonté de dépasser son milieu…

Le bal des folles – Victoria Mas

Éditions Albin Michel- 21/08/2019-256 pages

Résumé du roman

Elles s’appellent Louise, Thérèse, Eugénie et sont enfermées à la Salpêtrière d’où beaucoup de femmes ne ressortent jamais. Amenées par leur mari, leur père, leur famille, elles sont à l’abri des regards, loin de la société dix-neuvièmiste où il ne fait pas bon avoir une conduite sortant des sentiers battus.

La fin du dix-neuvième siècle est aussi l’époque où le psychiatre Charcot mène des expérimentations: une patiente, « une folle », est présentée à un groupe d’étudiants en médecine afin que soient étudiées, à l’aide de l’hypnose, les manifestations de l’hystérie.

C’est lui encore qui a l’idée d’organiser le bal des folles. Une fois par an, à la mi-carême, le tout-Paris est invité à contempler les patientes, déguisées pour l’occasion. Les bourgeois y viennent comme on va au zoo, pour voir « les folles », les médecins ont pour objectif de montrer les progrès de la médecine.

Le bal de 1885 ne ressemblera à aucun autre. Geneviève, chargée de surveiller les femmes, est en pleine période de doute. A travers son histoire et celles d’autres femmes, nous pouvons nous demander quelles sont les causes de la folie et jusqu’où celle-ci conduit-elle?

Mon avis sur le roman

J’ai beaucoup aimé ce roman pour de multiples raisons. La première est le portrait superbe que Virginie Mas brosse de ces femmes, présentées davantage comme victimes que comme réellement folles. Thérèse le dit elle-même: en ce lieu, elle se sent protégée, que ferait-elle dehors? L’histoire de Louise est émouvante et triste: violée par son oncle, elle est amenée ici par sa tante et traumatisée, elle devient un sujet en crise, patiente vedette de Charcot.

J’ai également été beaucoup intéressée par l’histoire de la société du dix-neuvième siècle : celle de la psychiatrie qui était une discipline assez neuve. Par ses expérimentations, Charcot a fait avancer les travaux sur l’hystérie, les patientes sont désormais traitées plus humainement. Mais aussi celle de la société bourgeoise qui, par peur du déshonneur laisse ses filles dans cet endroit. Toutes ne sont pas « folles », certaines sont traumatisées suite à un viol, d’auťres ont commis un meurtre passionnel, d’autres encore semblent pouvoir communiquer avec les morts…Mais toutes se retrouvent enfermées, leurs conditions féminines sont bafouées par les pères, les frères, elles sont plongées dans un monde tout aussi violent, celui de la violence psychique , oubliées de tous.

Le bal n’est qu’un sujet parmi d’autres: s’il est prétexte à des préparatifs donnant l’impression pour les folles de remettre un pied dans la normalité, il est aussi le miroir d’une société voyeuriste. Celle là même qui se déplace pour voir des femmes à barbe ou des pygmées dans les cirques, fascinés et dégoûtés à la fois par l’anormalité.

Plongé(e)s dans le quotidien des patientes et des infirmières, nous mesurons, nous lecteurs et lectrices d’aujourd’hui , tous les progrès réalisés par la médecine qui, à l’époque, faisaient peu de cas des patientes. Bien des femmes ont dû être enfermées injustement mais ce n’est pas de cela dont il est question, finalement.

Victoria Mas tente plutôt de nous faire comprendre ce qui conduit à la folie, ce qu’est la folie et vers quoi elle débouche…Elle signe un très beau premier roman, très documenté sur les services psychiatriques. Si l’ambiance de l’hôpital de la Salpêtrière fait froid dans le dos, l’humanité et la solidarité restent tout de même présentent à travers les murs…

Ce roman a obtenu le Prix Renaudot des lycéens.

Albie Bright: Les mondes multiples – Christopher Edge

Editions Hatier -17/10/2018-224 pages

Résumé du roman

Albie (prénom donné en hommage à Albert Einstein et Stephen Hawking) est un adolescent dont les parents sont des scientifiques de renom. Son monde s’écroule au décès de sa maman, Charlotte, atteinte d’un cancer.

Il s’accroche alors à une idée: retrouver sa maman dans un monde parallèle, à l’aide de la science quantique.

Comme il ne sait pas où la trouver, il va explorer plusieurs mondes et se trouver face à son clone maléfique, à lui en version fille handicapée, à lui bébé…

Mon avis sur le roman

Ce roman est centré sur l’acceptation du deuil d’un parent et traite ce sujet de façon originale. C’est aussi une très belle porte d’entrée vers les sciences, les explications scientifiques étant vulgarisées et à la portée de tous.

Albie va découvrir des mondes parallèles sensiblement identiques au sien, les personnes qui l’entourent sont les mêmes, ce qui va changer, ce sont leurs rôles (dans un des mondes parallèles, il va même être le petit ami d’une fille qui l’appelle « pauvre idiot » dans sa « vraie » vie).

Dans chacun des mondes, il va être confronté à des situations qu’il n’aurait pas pensé vivre. La force de ce roman est de prouver à chacun qu’il est possible de tirer leçon de chaque situation.

Je dois tout de même avouer que malgré des qualités certaines, je n’ai pas été convaincue par ce roman. L’histoire manque un peu de relief, le rythme n’est pas très soutenu et la fin m’a laissée sur…ma faim.

Roman paru en octobre 2018 qui fait partie de la sélection pour le prix Chimère

Happa No Ko: le peuple des feuilles – Karin Serres

Résumé du livre

Madeleine est une jeune fille qui vit en France, dans le secteur 45-67. Kenjiro, jeune garçon japonais, vit au Japon, secteur 23-58.

Dans leur société, désormais, ce sont les machines qui gouvernent. Le travail a été aboli, seul le jeu compte. Les enfants vont à l’école pour apprendre à jouer, les parents se spécialisent dans un type de jeu (jeu de rôle historique pour les parents de Madeleine).

Un matin, ils se réveillent avec les mains vertes. Ils essaieront de comprendre pourquoi et rencontreront les Happa No ko, peuple de feuilles dans un monde où la nature aussi a été abolie…

Mon avis sur le livre

Happa No Ko est un roman qui touche un large public, de par les thématiques abordées: il s’agit d’un roman d’anticipation où se mêlent univers fantastique, science-fiction et cadre un peu dystopique, accompagnés de nombreuses allusions à la mythologie japonaise et à la nature.

Le sujet de l’écologie, de la préservation de la nature n’est pas décrit de façon moralisatrice. Ce ne sont d’ailleurs pas les enfants qui remettent en cause leur monde contrôlé par les robots, un monde qu’ils ont toujours connu, qui peut nous paraître un peu triste (par le fait d’être contrôlé par un bracelet, d’être seul devant un écran de jeu…).

Avec un tel parti pris narratif, l’auteure nous laisse, nous lecteurs, face à nos questionnements: sur notre rapport avec les nouvelles technologies, avec la nature, avec l’harmonie des éléments. Aucun jugement de valeur n’est présenté. Les fans du Japon et de son univers apprécieront les références à la mythologie japonaise et aux Happa No Ko, ces petites créatures qui montreront leur détresse au fur et à mesure de l’histoire.

Mais ce roman n’a pas remporté ma totale adhésion: les explications sont parfois trop allusives et certains éléments pas assez explicites: on ignore ce qu’est la Grande Découverte, mentionnée à plusieurs reprises…Les personnages sont sympathiques mais leurs pensées ne sont pas assez approfondies. Et la fin ne m’a vraiment pas convaincue: la mission des deux jeunes adolescents est accomplie, certes, mais cela semble bâclé, pas assez expliquée. Certains y verront peut-être la possibilité de toutes les interprétations mais je ne suis pas sûre que des adolescents y adhèrent, beaucoup préfèrent une fin plus tranchée dans les romans, en général…

Happa No ko , paru en octobre 2018,fait partie de la sélection du Prix Chimère 2019-2020.

Vue sur mer – Jo Hoestlandt

Editions Magnard (jeunesse) – Août 2018-176 pages

Résumé du livre

Romuald, 10 ans, vit avec sa mère handicapée et son petit frère dans une cité près de Valence. Par le biais du Secours populaire, il part en vacances sur la Côte d’Azur 12 jours dans une famille d’accueil, chez Papy Guy et Mamie Juliette.

Cette première séparation avec sa famille n’est pas évidente, il a du mal à se plier à certaines habitudes (il doit aider, mettre le couvert, faire son lit…). Mais il découvrira de nouvelles activités comme la pêche, la mer, l’amitié de Jeannette, aura plus de liberté et reviendra chez lui différent.

Mon avis sur ce livre

Je pense que ce livre est tout à fait adapté à son public (il est conseillé à partir de 10 ans). Le récit est à hauteur d’un enfant, raconté par un enfant qui va de découverte en découverte: les odeurs, les couleurs, le langage sont différents de ce qu’il connaît. Ce décalage de lieu et de milieu social est présenté avec des traits d’humour (Romuald s’étonne que des « vieux » aillent à la bibliothèque car pour lui, il s’agit d’une obligation scolaire, pas d’une activité réservée aussi aux adultes).

La mer tient une grande place dans le récit. Le roman se révèle être une ode à l’incitation au départ pour les enfants qui comme Romuald ne connaissent que leur environnement proche, sans jamais partir en vacances.

Ce roman paru en août 2018 fait partie de la sélection du Prix des Incorruptibles 2019-2020 (catégorie CM2-6ème).

Luca- Franck Thilliez

Editions Fleuve – 02/05/2019-552 pages

Résumé du livre

Quel lien peut-il exister entre Flowizz, pseudonyme de Florence sur les réseaux sociaux et Bertrand, un quadragénaire prêt à tout pour avoir le bébé dont il rêve tant avec son épouse?

Et surtout qui est le dingue qui les a kidnappés, enfermés dans des cylindres et qui diffuse sur les réseaux sociaux leur quotidien comme un compte à rebours, en menaçant de les tuer si la police agit?

Qui a tué l’homme dont le corps mutilé a été retrouvé en forêt, au fond d’une fosse?

Qui a programmé la mort de cet homme qui s’est effondré devant les locaux de la police?

Et qu’adviendra t-il de Luca, apparemment conçu par mère porteuse, qui n’est finalement pas le fils de Bertrand et dont on ignore tout de la mère biologique?

L’équipe du commandant Sharko sera amenée à élucider quelques meurtres et énigmes en un court laps de temps. Tous prendront conscience de la montée de l’intelligence artificielle: jusqu’à quel point la technique gouverne t-elle nos vies? jusqu’où peut-aller le manque d’éthique humain?

Mon avis sur le roman

Passionnant. Prenant. Palpitant. Angoissant. Les adjectifs ne manquent pas pour décrire cette pepite du thriller français. Une véritable réussite.

Dans ce roman paru en mai 2019, Franck Thilliez nous fait partager le quotidien d’une équipe de choc (ce n’est pas une surprise pour les lecteurs de ces autres livres) dont chaque membre sous sa carapace révèle son humanité. Sharko et Lucie, le couple phare du précédent roman Sharko, pensent à leurs enfants ek cas de coup dur et se soutiennent à leur manière. Nicolas Bellanger lutte tant bien que mal contre un stress post-traumatique et s’intéresse fortement à Audra, une nouvelle recrue marquée par l’attentat de Nice.

L’écriture est alerte, l’action est resserrée, les rebondissements sont légion. Le lecteur n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer, d’autant plus que les descriptions des techniques relevant de l’intelligence artificielle (puce, pacemaker…) sont d’une précision digne d’un scientifique et passionnantes.

Je n’en dirai pas plus. Mais faites comme moi: commencez ce roman et vous n’aurez qu’une envie: le lire d’une traite!

Les 100 visages de Soryan Nesh. Tome 1: L’affaire Torrène – Maxime Fontaine

Editions Gulfstream-14/03/2019-208 pages

Résumé du livre

Thomas n’en croit pas ses yeux lorsque il voit un mystérieux personnage passer à travers la vitrine du magasin de porcelaine de ses parents, laissant ensuite la boutique sens dessus-dessous, comme s’il n’était pas responsable des débris de verre autour de lui.

Il se lance à sa poursuite et rencontre Alexandra, une adolescente de son âge, qui lui parle de son patron: Soryan Nesh. Grâce à une collection d’objets magiques contenus dans son sac à dos, il peut devenir qui il veut: il endosse le rôle de nombreux personnages de la littérature (Cyrano de Bergerac, Faust, Sherlock Holmes..), voix et visages et attitudes compris.

Il a monté une agence de détectives, l’agence 100 visages et il est amené à résoudre des enquêtes, assisté par Alexandra, une spirite qui détecte les âmes errantes. Thomas leur prête main forte. Les voilà tous trois chargés de résoudre l’enquête sur la disparition de Moira Torrène…

Mon avis sur le livre

Un roman d’aventure où se côtoient fantastique et policier qui devrait plaire aux adolescents!

Tous les ingrédients d’un bon roman y sont: une enquête de départ (une disparition), une équipe de détectives (pas commune, l’équipe, c’est vrai), des mystères, des rebondissements, des missions, des découvertes, des interrogations…

On se laissera bien entendu convaincre d’ouvrir le livre rien qu’en regardant la couverture, très attrayante: au premier plan, un jeune homme élégant avec son gilet à motifs qui a un bras bandé et qui tient une loupe dans une main, un sac dans le dos, une ombre à la Sherlock Holmes (un personnage avec une pipe). A l’arrière plan, la Tour Eiffel et deux adolescents à l’apparence opposée: un jeune homme habillé de façon moderne et une jeune fille avec une longue robe noire lui donnant un côté désuet. On a donc envie d’en savoir plus sur ces jeunes gens et ce qu’ils vont faire à Paris, symbolisé par la Tour Eiffel.

Ce premier tome (car il y en a d’autres!) nous présente des aventures pleines d’action, nous entraînant sur les traces des ravisseurs de Moira Torrène dont personne ne semble se souvenir…La course poursuite auquel a assisté Thomas au début du roman n’est que le début d’autres courses effrénées, Soryan n’étant jamais avare de transformations…Au fil du récit, on comprend peu à peu l’origine de ses pouvoirs mais aussi ses limites…

Je vous recommande ce livre surtout si vous aimez les aventures et les enquêtes policières (Sherlock Holmes bien sûr), il y a aussi les enquêtes d’Enola Holmes ou alors la série Lockwood & co (de Jonathan Stroud).

Ce roman paru en mars 2019 fait partie de la sélection pour le Prix Chimère 2019-2020. Sa lecture est recommandée à partir de 13 ans.