Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck

Editions Flammarion- 01/04/2015-432 pages

Résumé du livre

 » Nous avions vingt ans et nous rêvions de liberté ». Tout commence à Providence, une petite ville des Etats-Unis, où vivent quatre amis: Fred ou Freddy, Hugo dit Bohem, Alex dit La Fouine et Oscar dit le Chinois. La bande à Freddy se passionne pour les motos (le père de Freddy tient un garage où Freddy et Hugo s’exercent à la mécanique) et décide un beau jour de parcourir les Etats-Unis avec leurs motos. Un objectif: aller à Vernon pour rencontrer le frère d’Alex, jamais vu. Tous partiront, sauf Freddy, avec pour valeurs l’amitié et l’indépendance. Sur leur chemin, d’Est en Ouest, leur bande s’agrandira, ils formeront un club de motards mais ils traverseront aussi de nombreuses épreuves comme la drogue, les vols, la violence, omniprésente celle-là d’ailleurs…Hugo, Bohem, dira plus tard: « Nous rêvions de liberté ». Ils le paieront chèrement.

Mon avis sur le livre

Ce livre paru en avril 2015 est un petit bijou pour qui aime l’aventure, les road trips. Souvenez-vous, à l’adolescence, vous rêviez bien d’ailleurs, assis sur votre lit, en contemplant les étoiles dans la nuit ou avec votre meilleur ami, en écoutant la radio et en chantant les chansons à tue-tête…Henri Loevenbruck a voulu nous faire partager cette part de rêve. Sauf que les adolescents qui rêvent dans ce roman ne sont pas des personnages qui rentrent tranquillement chez eux le soir. Freddy, il a un foyer, oui, un père qui se démène au travail, une mère qui cuit divinement la pasta. Alex a des parents qui l’aiment, qui le soutiennent même lorsqu’il atterrit au centre de détention pour mieux. Mais il est petit et moqué par des camarades s’il est seul alors la bande, il adhère à 100%. Oscar qui est en fait vietnamien a une mère pauvre et de nombreux frères et soeurs: bof, ce n’est pas la vie rêvée pour lui. Quant à Hugo, Hugo le narrateur, un drame a marqué son enfance: la mort de sa petite sœur, Véra. Ses parents sont enfermés dans la douleur, son royaume, c’est sa roulotte, sur le terrain de ses parents. De Bohémien à Bohem, il n’y a qu’une syllabe en moins, il était prédestiné à être sur la route.

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser ses jeunes à se retrouver confrontés à la violence? à se retrouver dans une spirale qui semble sans issue? Henri Loevenbruck emploie l’écriture de l’oralité de façon équilibrée, juste: ses personnages, on les voit. On a à chaque fois le point de vue d’Hugo puisqu’il en fait le narrateur mais c’est un récit passionnant, exaltant, même pour ceux qui ne s’intéressent absolument pas à l’univers des motards (moi, par exemple).

Ces mauvais garçons sont-ils si mauvais que cela d’ailleurs? Ne doit-on pas plutôt retenir que ce roman est un roman initiatique (une initiation qui tourne mal, certes), une formidable ode à l’amitié? Oui, la bande à Freddy apparaît comme une bande de petits délinquants, oui, la bande des Spitfires apparaît comme une bande d’ados trop endurcis, trop prompts à l’action jusqu’au dérapage ultime qui provoque la mort de trois personnes. Mais ces motards aussi ont des valeurs et si leur univers est loin d’être le nôtre, il existe tout de même. Et à la lecture des dernières pages, on ne peut donc s’empêcher d’avoir un terrible sentiment d’injustice et même de l’empathie pour Hugo. Celui qui a voulu aller au bout de ses rêves sans renier ses valeurs…Il n’y a pas à dire, l’auteur a réussi son coup: nous embarquer dans son aventure avec ses personnages dont on ne peut que se sentir proches, pas dans leurs actes, mais dans leurs rêves. Parce que nous nous remémorerons tous nos rêves d’adolescence et comme dit Francis Cabrel: « on rêvait de Venise et de liberté » (dans L’encre de tes yeux)

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