Tag: les livres dans les livres

Je suis tombée sur ce tag en parcourant le blog  » Du côté de chez Cyan » (https://bienvenueducotedechezcyan.wordpress.com/author/ducotedechezcyan/). Merci à cette blogueuse pour le remue-méninges!

Pouvez-vous citer…?

1) un livre qui est une réécriture d’un autre livre

« Meursault contre-enquête » de Kamel Daoud, réécriture de  » L’étranger » d’Albert Camus. Ici, c’est l’histoire du frère de l’Arabe tué par Meursault. Il a désormais un nom (Moussa), une histoire familiale (70 ans après,son frère ne veut pas le laisser dans l’anonymat).

Meursault, contre-enquête

C’est un oublié de ma liste à lire, celui-là!

2) un roman dans lequel le héros/l’héroïne écrit

La promesse de l’aube de Romain Gary

La promesse de l’aube de Romain Gary

Je sais: je suis restée dans les classiques…Il donne des cauchemars à beaucoup de jeunes, ce bouquin-là! Relisez-le quelques années plus tard et vous verrez: il est très bien écrit (rappelons que Romain Gary est l’homme qui a obtenu deux Prix Goncourt! au prix d’un certain nombre d’heures de travail…).

Voici en quelques mots l’histoire: Romain vit seule avec sa mère, une ancienne actrice russe qui a des ambitions pour son fils et un amour inconditionnel pour lui. Elle le voit grand homme, admiré, adulé par tous, un grand séducteur, un artiste…Lui ne lui donne pas tort et s’essaie à plusieurs choses artistiques et finalement fait ce qui sera « sa voie »: il écrit. Il deviendra écrivain (ce roman est d’inspiration autobiographique).

3) un roman où le héros/l’héroïne est passionné(e) par les livres

Matilda de Roald Dahl

Matilda-Roald Dahl

Faut-il encore présenter cette petite fille que de nombreuses générations connaissent? Matilda, un vrai puits de science, une petite fille surdouée qui, à cinq ans, a déjà lu tout lu, Matilda l’incomprise par ses parents, Matilda dont la seule alliée semble être son institutrice…Matilda qui avec des pouvoirs surnaturels va en faire voir de toutes les couleurs aux adultes! Roald Dahl, fais partager ton génie, que tous ceux qui en ont besoin glissent ce livre dans leur valise, comme un bon retour à l’enfance!

4) un livre avec un livre sur la couverture

La petite marchande de prose de Daniel Pennac

Pennac- La petite marchande de prose

Ah Pennac! Un auteur découvert à l’adolescence! J’aime toujours autant!

5) un livre dont le titre évoque les livres

Virus LI.V.3 ou la mort des livres

Christian Grenier, auteur de romans policiers pour la jeunesse, nous offre ici un roman d’anticipation. Pour répondre à l’angoisse de ceux qui redoutaient que l’arrivée d’Internet, des ebooks etc…tuerait le livre….

6) un livre qui mentionne un autre livre qui existe vraiment

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery

L’élégance du hérisson

Je l’ai lu il y a longtemps, celui-là, je l’avais beaucoup aimé. J’ai relu quelques extraits: cela me paraît parfois un peu « trop » lourd mais je vais en rester sur ma première impression…

Plusieurs livres et écrivains sont mentionnés: Proust, Tolstoi mais aussi Marx…Renée, la concierge, lit Guerre et Paix de Tolstoi.

7) un livre qui mentionne un autre livre qui n’existe pas réellement

A l’encre russe de Tatiana de Rosnay

A l’encre russe

L’histoire d’un jeune romancier, Nicolas Kolt, qui a publié « L’enveloppe », qui a remporté un succès international. Il s’est inspiré de sa propre histoire pour écrire: à 24 ans, devant renouvelé son passeport, il s’aperçoit que son père, qu’il a perdu à l’âge de 10 ans, a une autre identité pour l’état civil. Il se met alors en quête de ses origines…Cette fois-ci, pour son deuxième roman, il est en panne d’inspiration. Trois jours dans un hôtel de luxe en Toscane en compagnie de la jolie Malvina vont-ils l’aider? Que va t-il se passer durant ce week-end?

J’avoue que je ne le connaissais pas, celui-là. Je vais le mettre dans ma PAL.

8) un livre qui s’ouvre avec la citation d’un livre

La part des ténèbres

Surine-le, dit Machine. Surine-le pendant que je reste ici à regarder. Et ne m’oblige pas à te le dire deux fois »

Machine’s way

George Stark

Citation vue dans le prologue mais il y a en a une aussi dans le chapitre 1…

9) un roman dont l’intrigue se déroule au moins en partie dans une bibliothèque ou une librairie

La bibliothécaire de Gudule

L’histoire d’une bibliothécaire mystérieuse qui intrigue un jour un jeune garçon pas du tout fan de lecture…

Tag fini! Ce fut un bon exercice de mémorisation, voire de recherche: cela m’a donné d’autres idées de lecture…

Si vous avez fait ce tag, donnez-moi le lien, que je puisse voir vos réponses!

A la ligne: feuillets d’usine – Joseph Ponthus

Editions La table ronde – 03/01/2019- 272 pages

Résumé du livre

Un homme va travailler à l’usine parce que « sa femme en a marre de le voir traîner dans le canapé en attente d’une embauche dans son secteur ». Par amour, il a quitté la région parisienne pour la Bretagne, perdant son emploi de travailleur social.

Ouvrier intérimaire, il se retrouve dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons.

Avec force détails, il va décrire son quotidien et celui des ouvriers qui travaillent à la chaîne, à la ligne. Le bruit, les gestes professionnels, le corps qui souffre, la fatigue, le rythme de travail.

Pour supporter la cadence, il fait appel aux mots. Sa vie d’avant l’aide à supporter. Il ne parle pas beaucoup mais se souvient des chansons de Charles Trénet et des poèmes d’Apollinaire.

Mon avis sur le livre

« A la ligne » est un roman original de par sa forme: à bas la ponctuation, place à la ligne. Comme des vers libres sauf que l’univers décrit est tout sauf poétique.

La ligne, cette foutue ligne de production qui montre plus que jamais ô combien le travail effectué dans de telles conditions est déshumanisant.

De par son rythme, le récit est concentré sur l’action. On travaille, toujours, sans cese. Clope, café, travail, pause, clope, café, travail. La répétition des gestes, la cadence des gestes invite l’écriture à être immédiate. Il faut lire, aspiré par les lignes du dessous. Il faut travailler, travailler sans voir l’air du jour. Pas de répit.

Faire, faire sans réfléchir, telle est la conduite à tenir. Quel que soit le prix. D’où la grande interrogation qui émerge après la lecture de ce bouquin: quel sens donner au travail?

Après la lecture de ce bouquin, vous ne regarderez plus les aliments au supermarché ou dans votre assiette de la même façon. Durant vos pauses, au travail, vous penserez aussi à ces intérimaires qui ne savent pas toujours comment aller bosser le lendemain et qui doivent se cacher pour goûter aux produits qu’ils maniupulent…Vous penserez pendant que vous discutez avec vos collègues du dernier film au cinéma que d’autres travailleurs sont trop fatigués pour aligner un mot entre eux…Le récit pourrait ne jamais s’arrêter tant il y a encore à dire, à la fois sur les ouvriers, main d’oeuvre corvéable à merci et sur les dirigeants, toujours prompts à exploiter ces hommes. Ajoutons à cela les impératifs dictés par la société de consommation, fermons les yeux, réfléchissons…et allons-y, courons nous réfugier dans le Larzac…pour lire ce très bel opus…

Un sac de billes – Kris et Vincent Bailly

Le téléfilm passant ce soir, j’ai eu envie de vous présenter la bande dessinée « Un sac de billes »,la superbe adaptation littéraire du roman de Joseph Joffo.

Éditions Futuropolis-09/02/2017

Pour ceux qui ne connaissent pas, voici un résumé de l’histoire. En 1941, Joseph, 10 ans, vit avec ses parents dans le 18ème arrondissement de Paris.Grand amateur de billes, il y joue souvent avec Maurice, son frère de deux ans plus âgé. Leur papa est coiffeur, la maman est au foyer.

Le quotidien de la famille se durcit en 1942, lorsque le port de l’étoile jaune devient obligatoire. Les parents, sentant le danger, pressent Joseph et Maurice de quitter Paris pour aller rejoindre leurs grands frères, Albert et Henri, à Menton, en zone libre.

En pleine guerre, dans un pays envahi par les Allemands,les deux enfants font preuve de courage et de débrouillardise pour y parvenir.

Mon avis sur la bande dessinée

Dès les premières pages, on se sent happés dans l’action, on retrouve l’ambiance du roman. Ce mélange d’insouciance et de gravité. Vincent Bailly fait de superbes cadrages et de superbes mises en couleurs à l’aquarelle, Kris a écrit avec soin les textes.

Si on examine la première page, on retrouve des symboles compréhensibles par tous: des individus habillés de noir s’approchent. les bottes qui martèlent le sol, l’insigne avec la croix gammée sur le bras, le képi sont des détails prouvant que ce sont des S.S. Deux gamins qui jouaient dans la rue leur jouent un bon tour: ils s’adossent à la devanture rouge du salon de coiffure « Joffo Coiffeur »…cachant ainsi l’inscription en allemand stipulant que la boutique est un commerce tenu par des Juifs.

La suite de la BD est dans la même veine: on ressent chez Joseph l’insouciance due à son âge et aussi une certaine conscience du danger. Kris, dans la narration, présente bien cet équilibre, fait de silence lorsque le péril et proche et de dialogues pour expliciter les choses, comme lorsque le père Joffo explique le progroom vécue par sa famille à Odessa (on sent l’importance de la transmission familiale).

A noter que le coup de crayon de Vincent Bailly nous mène superbement dans l’ambiance des années 1940.

Cette bande dessinée est un réel coup de coeur et vous donnera à coup sûr envie de vous plonger dans la lecture du roman!

Le petit bonheur hebdomadaire #7

Rappel: ce principe, initié par Pause early grey, consiste à définir son petit moment de bonheur de la semaine.

Fêtes et semaine de vacances.Bonheur n°1: ne pas travailler.

Bonheur n°2: voir les enfants émerveillés le matin de Noël, en découvrant leurs cadeaux (ouf, on ne s’est pas trompés cette année!)

Bonheur n°3: passer du temps en famille, jouer à des jeux de société. Et regarder des films et films d’animation: E.T, Pinocchio, Blanche neige (ahhh, le retour à l’enfance!).❤

La vraie vie – Adeline Dieudonné

Editions L’Iconoclaste-29/08/2018-270 pages

J’avais entendu parler de ce roman paru lors de la rentrée littéraire mais je ne l’avais pas encore lu. Il a obtenu plusieurs prix: le Prix Renaudot des lycéens (2018), le Prix du roman Fnac (2018), le Grand prix des Lectrices Elle (2019). Ce roman a été omniprésent sur les étals des librairies, on en a entendu parler partout…et cela n’a pas suscité l’envie chez moi, je n’aime pas le côté : « bouquin à la mode, à lire absolument ».

Bref, je l’ai lu hier au format numérique (je vous ai déjà dit que ma médiathèque est géniale, elle fait des prêts de ressources numériques?!).

Quelques mots sur l’auteure

Adeline Dieudonné est une jeune auteure belge, née en 1982. Mère de 2 enfants, elle a commencé à écrire à 33 ans. Nouvelliste, elle a remporté le Grand prix du concours de la fédération Wallonie-Bruxelles pour la nouvelle Amarula. Dramaturge, elle écrit une pièce de théâtre, Bonobo Moussaka, monologue qui décrit la vie d’une trentenaire qui s’interroge sur son avenir et celui de ses enfants. Cela lui fournit l’inspiration pour son premier roman, elle s’inspire également de la Belgique (à Bruxelles, une station de métro s’appelle L’étang des Enfants Noyés) (pour citer une de mes sources: merci, Télérama!) (un petit clic ici pour ceux que cela intéresse: https://www.telerama.fr/livre/adeline-dieudonne,-une-premiere-oeuvre-au-noir,n5836915.php)

Résumé de l’histoire

Au début du roman, la narratrice a 10 ans, son frère Gilles en a 6. Tous deux vivent dans un quartier pavillonnaire,le Demo. Les maisons sont toutes semblables, la leur est un peu plus grande que les autres, ils ont un plus grand jardin et une piscine gonflable . Leur mère est femme au foyer, leur père est comptable.

Le foyer compte 4 chambres: une pour chaque enfant, une pour les parents, une pour les cadavres, des animaux empaillés tués par le père chasseur et braconnier.

Hormis la chasse, le père passe son temps devant la télé, avec une bouteille de whisky. La mère ressemble « à une forme de vie primitive, unicellulaire, vaguement translucide. Une amibe. Un ectoplasme… ».Elle est soumise au père, violent. Elle parle davantage à ses chèvres qu’à ses enfants.

La narratrice et son frère jouent dans un cimetière de voitures et attendent avec impatience la petite musique qui annonce le marchand de glaces. Une envie de chantilly va brusquement faire passer la narratrice dans la vraie vie. Une vie dans laquelle elle fait des choix: celui d’être première de la classe, celui d’étudier la physique (parce qu’elle admire Marie Curie), celui de tout faire pour accéder à une vie meilleure, celui de sauver son frère.

Depuis le drame, Gilles ne rit plus et s’approche dangereusement du père violent, passant son temps dans la chambre des cadavres, avec la hyène.

Mais comment faire pour à la fois se protéger du mal, protéger ceux qu’on aime sans basculer soi-même dans la violence?

Mon avis sur le roman

Un roman prometteur. Une action décrite des 10 ans aux 15 ans de la narratrice, qui va à l’essentiel: il faut vivre dans ce quotidien fait de violence.

Ce roman initiatique décrit une très belle relation fraternelle: la narratrice lutte pour s’en sortir et fait tout pour que son frère ne bascule pas. La traque de la jeune fille dans la forêt (scène d’une violence et d’un désaveu paternel inouïs) se termine par une émotion qui resurgit: son frère est de nouveau son allié, son frère désapprouve le père.

Adeline Dieudonné dresse des portraits des personnages sans concession. Sans complaisance aucune pour les adultes. Les enfants ne sont pas non plus que des victimes. La narratrice au contraire est celle qui agit, qui veut trouver des solutions (à 10 ans, pour revoir le sourire de son frère, elle veut créer une machine à remonter le temps, comme dans le film Retour vers le futur, elle y croit vraiment).

Certaines scènes nous laissent particulièrement en apnée: la scène de la forêt, apothéose de la violence mais aussi toutes les scènes où on sent la tension monter, celle où la viande est trop saignante, la mère se retrouvant le visage plongé dans les débris de l’assiette brisée par le père.

Quelques petits bémols: le personnage du père est décrit comme celui d’une bête mais on aurait aimé en savoir plus sur son côté sensible: un homme qui pleure en écoutant Claude François.

La fin également est trop rapide: que va t-il se passer ensuite? Comment se reconstruire après une telle vie?

Deuils de miel – Franck Thilliez

J’ai lu les Thilliez les plus récents mais quand j’ai vu celui-ci à la médiathèque, je me suis dit: « pourquoi pas? » .Je précise que je n’ai pas lu le premier opus « Train d’enfer pour ange rouge » mais je le ferai dès que possible.

Éditions Pocket-2008-340 pages

Pour commencer ce polar-là, Thilliez choisit de faire expliquer à Sharko son drame: sa femme et sa fille Eloise ont été renversées par une voiture. Tuées toutes les deux. Depuis, Franck se bourre de médicaments. Cela fait un an et pour lui, c’est comme si c’était hier…

Son métier le rattrape: le voilà plongé dans une enquête qui commence dans une église. Une femme a été retrouvée morte, entièrement nue et rasée, sans blessure apparente. Le commissaire Sharko se lance sur la piste d’un tueur machiavélique. Le message trouvé à l’église reste énigmatique, d’autres cadavres se profilent à l’horizon, des papillons et des insectes apparaissent…Une course contre la montre s’engage bientôt…

Sharko fait face à ses démons. Une petite fille bien étrange apparaît chez lui: elle prétend que sa maman est partie au travail en l’enfermant dehors par inadvertance alors qu’elle s’élançait à la poursuite du chat…Mais elle sait des choses sur Franck et sur Eloise que Franck est seul à connaître…Qui est-elle donc? Pourquoi apparaît-elle si soudainement?

Franck finit par comprendre que le tueur éprouve une fascination pour les insectes et que cela peut être très dangereux. Il trouve une liste avec les prénoms et la première lettre du nom des prochaines victimes du tueur. Cinquante-deux personnes. Rien que cela. A force de réflexion, il parvient à localiser ces personnes, issues du même village. Il croit comprendre aussi que le tueur est un être qui a beaucoup souffert, il retrouve un hypnotiseur qui l’a eu pour passion, il fouille dans le passé du tueur pour découvrir ses motivations…

Les derniers chapitres nous offriront le dénouement, avec un retournement de situation qui est le révélateur d’une autre situation périlleuse. Seule certitude: les insectes sont toujours présents pour transmettre une maladie contagieuse (le paludisme) et c’est contre cela qu’il faudra lutter…Sharko, en bon flic, se retrouvera également face au tueur. Qui lui fera des révélations inattendues.

Mon avis sur le roman

Je n’ai pas trouvé ce roman aussi palpitant que les derniers romans de Thilliez. Mais il vaut tout de même son pesant d’or. C’est un véritable thriller qui nous fait aller de rebondissements en rebondissements. Avec un Sharko pas tout à fait lui-même, à cran, au bout de lui-même, hanté par son drame personnel, sa femme, sa fille et cette petite fille qui n’est en fin de compte présente que dans son imagination…Les personnages décrits par Franck Thilliez sont traumatisés à souhait, les pages de description des meurtres donnent la chair de poule…A fuir par contre pour celui qui a peur des insectes: vous ne les regarderez plus jamais du même oeil…

Coraline (Ed.2019) – Neil Gaiman

Éditions Albin Michel jeunesse- 24/04/2019-176 pages

J’ai lu il y a quelques années la bande dessinée (un bijou!) alors quand mes yeux ont croisé le roman dans les rayonnages de l’espace ados, je me suis dit: « pourquoi pas? ». Et c’était parti pour la lecture de ce roman paru en 2002 (déjà?), adapté en bande dessinée en 2009 (éditions Au diable vauvert) puis en 2018 (éditions Delcourt) et adapté aussi en film d’animation en 2009.

Résumé du roman

Coraline vient d’emménager dans une vieille maison, avec ses parents, très occupés, pris par leur travail, peu disponibles pour elle. Curieuse, elle explore la maison, jusqu’à tomber sur une porte mystérieusement fermée à clef. Elle parvient à l’ouvrir et découvre un monde fantastique, si semblable au sien mais en mieux.

Elle rencontre ses autres parents. Ses propres parents sont faits prisonniers par son autre mère qui se révèle maléfique. Comment parviendra t-elle à les sauver?

Avis de lecture

Un classique de la littérature jeunesse fantastique, souvent comparé à Alice aux pays des merveilles!

Coraline, aussi « exploratrice » soit-elle n’en reste pas moins une petite fille confrontée à des peurs et des choix à faire: au départ, le monde fantastique qu’elle découvre est tout à fait séduisant pour des enfants. Trop séduisant, se dit-elle, faisant appel à sa raison. De l’ennui dans le monde réel, elle passe à la peur dans le monde imaginaire: les rats, l’atmosphère sombre,les boutons à la place des yeux…Neil Gaiman n’y va pas de main morte pour décrire un monde horrifique, faisant de ce conte un conte noir, à ne pas mettre dans les mains de jeunes enfants…

Et la tension est encore à son comble dans les 20 dernières pages du roman, quand on se rend compte avec Coraline que tout n’est fini…

Enfants, adolescents, ennuyez-vous, rêvez mais restez dans le monde réel! Il vous paraîtra trésor après la lecture de ce roman! Et fuyez les chats noirs!

(ce roman est un coup de coeur: lisez!)

Nous serons des héros – Brigitte Giraud

Editions Stock – 19/08/2015-198 pages

Résumé de l’histoire

Olivio/Olivier a 8 ans lorsqu’il quitte son pays natal, le Portugal, pour la France.Nous sommes quelques années avant la Révolution des Oeillets, dans les années 1960, au temps où le Portugal était encore une dictature dirigée par Salazar.

Son père est une victime du régime, il ne le reverra plus. Sa mère est à ses côtés. Ils emménagent d’abord chez des amis, du côté de Lyon, essayant de s’intégrer, d’apprendre le français, d’aller à l’école et au travail.

Puis la maman a un compagnon, Max, rapatrié d’Algérie. Ils s’installent avec lui dans son pavillon. Il y a aussi Bruno, le fils de Max. La cohabitation n’est pas toujours simple pour Olivier.

A l’adolescence, il préférera passer du temps avec Ahmed, un jeune de son quartier. Tout en se demandant: Qui est donc Max? Et son père?

Mon avis sur ce roman

J’ai beaucoup apprécié le récit de ce petit garçon immigré qui a déjà tant de chagrin et de questions en lui. Brigitte Giraud en fait son narrateur et cela donne une force au récit: nous suivons pas à pas ce gosse déraciné, perdu, à qui on demande de s’acclimater à sa nouvelle vie, lui qui d’abord n’a pas de chez lui (il est hébergé par des amis avec sa mère) puis il emménage dans une HLM (qu’est-ce que c’est que ces grandes barres bétonnées à côté des grands espaces lumineux de son pays natal?) et enfin chez Max (il sort d’où, celui-là?).

D’une écriture sobre, fluide, Brigitte Giraud aborde le thème du déracinement, de l’exil, commun à tous les immigrés, avec justesse. Les personnages sont là mais le narrateur a toute sa place: c’est Olivier qui raconte, on vit les choses à travers lui. L’intégration d’un enfant à l’école. Les difficultés au travail pour une femme immigrée (sa mère). Et aussi le rappel des amis: « Sois contente, tu as du travail, ne te plains pas! ». Il a du mal, Olivier, avec cette idée de fatalisme. Et aussi, et même beaucoup, avec Max qu’il ne considère pas comme un père de substitution.

Seul bémol à cette histoire: le personnage d’Ahmed est trop mystérieux, trop énigmatique. Il est au coeur de la chute du récit mais celle-ci semble trop rapide, voire inachevée. Le lecteur reste avec ses questions: que devient Olivio?

Conseil: à lire si vous aimez les personnages sobres, tout en pudeur, des héros anonymes ancrés dans leur quotidienneté, remplis de courage, de détermination, chargés de leur histoire…

L’effet ricochet- Nadia Coste

Editions Seuil jeunesse- 23/02/2017- 256 pages

Résumé

Dans une société futuriste,en 2074. Suite à une crise de la natalité et l’échec de la PMA, le clonage est désormais le seul moyen de se reproduire.

Malou, 16 ans, appartient à la deuxième génération de clones. Elle a 2 soeurs: Clara, 10 ans, avec qui elle vit dans un foyer et Julie, presque 19 ans, qui vit depuis peu chez son copain.

Des événements vont finir par lui paraître étranges: ses soeurs et elle se blessent aux mêmes endroits, aux mêmes âges.

Un garçon du foyer va lui parler de l’effet ricochet: il s’agit d’une anomalie condamnant les lignées de clones à subir les mêmes accidents. La mère de Malou a sombré dans la folie, Malou a peur que ce soit la même chose pour elle…Elle va aider le mystérieux garçon qui souhaite,avec un groupe de militants, faire connaître au grand public l’effet ricochet et les effets négatifs du clonage…

Mon avis de lecture

Ce roman est facile à lire et accessible pour les plus jeunes (vers 10-12 ans).

Le thème du clonage est abordé sous plusieurs angles, tant comme une solution contre l’infertilité que comme un facteur de réflexion identitaire (qui suis-je? quel est mon patrimoine génétique? y a t-il un déterminisme génétique? comment être moi et pas mon clone?…).

Si certaines références scientifiques sont intéressantes (les perturbateurs endocriniens et le bisphénol A), ce livre manque tout de même de consistance à ce niveau-là. Malgré les explications, on a du mal à y croire.

Les personnages eux-mêmes ne sont pas très convaincants. L’ensemble n’est pas très équilibré, c’est davantage la succession d’actions qui donne envie de poursuivre la lecture que le contenu du livre.

La fin aurait mérité davantage de soin. Elle est bien trop rapide.

Bref, ne vous privez pas de la lecture de ce roman dystopique mais sachez que dans le même genre, 1984 est bien plus intéressant et enrichissant.

Addiction – Blake Nelson

Éditions Albin Michel-02/05/2014-320 pages

Résumé du livre

Maddie, à presque 17 ans, est loin d’être une adolescente ordinaire. Drogue et alcool l’ont menée tout droit dans un centre de désintoxication. Elle y rencontre deux jeunes, Trish, qui deviendra une très bonne amie et Stewart, qui sera son amoureux. Un amour loin d’être guimauve, chacun étant marqué par son passé. Quand Stewart rechute, Madeleine s’accroche à ses études et se fait un nouveau cercle d’amis. Est-elle prête pour autant à mener une vie éloignée de toute addiction?

Mon avis sur le roman

Un très beau roman pour adolescents lycéens. Un juste équilibre entre situations pas marrantes (au centre de désintoxication par exemple), univers familial désemparé (les parents de Maddie ne peuvent pas tout comprendre), amis pas clean (groupe d’amis qui incitent à boire et se droguer, amis ou entourage victimes qui vont droit dans la tombe (Trish ou Ashley) et nouveaux amis (des geeks, des gens ambitieux qui veulent aller à l’université). Une histoire d’amour pas comme les autres.

Maddie s’avère être un personnage attachant qui fait peu à peu face à davantage de maturité. Son avenir semble sombre: quelle université va accepter une fille ancienne droguée et alcoolique avec un casier judiciaire. C’est une battante pour qui le poids du passé compte énormément: elle s’en voudra de ne pas avoir aidé Trish et de n’avoir pu sauver Ashley, gamine de 15 ans capable de tous les excès.

Les thèmes abordés (l’alcool, la drogue, le manque, la dépendance) le sont sans fard. On imagine sans peine le désoeuvrement des jeunes, leurs conditions de vie difficiles, les tentations de replonger ou non dans les soirées…

Les adolescentes ne manqueront pas de se demander si Maddie et Stewart finiront ensemble ou non…Tout ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas un happy end à la John Green…

Cadavre exquis – Pénélope Bagieu

Encore une lecture à l’envers: je connais Pénélope Bagieu grâce à ces tomes « Les Culottées », publié après « Cadavre exquis ». Quand j’ai vu cet album à la médiathèque, je me suis dit: « Tiens, Pénélope Bagieu ». La couverture est par ailleurs attrayante: on se demande ce qui va arriver à cette jeune femme dans ce  » cadavre exquis ».

Le titre?

Venons-en logiquement d’abord au titre et à sa définition. Qu’est-ce donc qu’un cadavre exquis? Vous avez dû tous y jouer, au collège, au lycée, avec vos amis: vous prenez un papier, vous écrivez un mot, les autres personnes enchaînent (la première personne écrit le sujet, la deuxième le verbe, la troisième et les suivantes les compléments), chacun écrit sans voir ce qu’à écrit l’autre précédemment.

Pour ceux qui l’ignorent et ceux qui souhaitent un rappel, le cadavre exquis est un jeu d’écriture collectif ou un jeu graphique inventé par les surréalistes. Le dictionnaire abrégé du surréalisme en donne cette définition: « jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes. »

La couverture

Couverture de Cadavre Exquis

Au premier plan, l’héroïne de l’histoire. Grâce aux couleurs dominantes, le rouge (le rouge du vêtement, le rouge à lèvres, le rouge aux joues et sur les ongles) et le noir (les cheveux en chignon, les grands yeux, les cils maquillés), on devine un personnage pétillant, jeune, moderne. Elle tient un livre dans les mains: pas de titre. Le lit-elle? Ses yeux regardent ailleurs, la littérature ne semble pas être son dada.

A l’arrière plan, deux personnes. Un homme à lunettes, pas très soigné (pas rasé), qui tient une tasse de café en main. On sent l’intellectuel. Derrière se tient une femme aux cheveux longs. Elle paraît élégante et hautaine à la fois, bien moins sympathique que le personnage au premier plan. Ces deux derniers personnages sont représentés de façon moins gaie, d’ailleurs (le noir et les couleurs sombres dominent).

Quels liens unit donc ces trois personnages?

L’histoire

Zoé est une hôtesse d’accueil de 22 ans qui ne supporte plus son job et son mec, un chômeur qui dort avec ses chaussettes et qui pète. Un mec sans grande ambition. Un jour, elle rencontre Thomas Rocher, un écrivain dont elle ignore tout: elle l’aperçoit à sa fenêtre et monte chez lui, prétextant un besoin urgent. Ils vont se revoir, elle va s’installer chez lui.

Un jour, elle découvre l’existence d’Agathe, l’éditrice de Thomas et de son ex-femme. Elle fait une crise de jalousie et demande à Thomas pourquoi ils ne sortent jamais, pourquoi ils vivent les volets fermés. Peu branchée par la culture, elle va entrer dans une librairie pour la première fois de sa vie et découvrir la surpercherie de Thomas et d’Agathe…L’amour peut-il sauver de tout? Peut-il apporter le succès espéré? Peut-il faire oublier que dehors, il y a la vie?

Mon avis sur cet album

Graphiquement, la bande dessinée est une réussite. Les traits graphiques sont à la mesure du texte: économes, sobres et justes. Les personnages ont des traits expressifs (surtout Zoé), la gamme des couleurs, les tons et demi-tons, disent bien les sentiments de chacun, les émotions et les actions aussi. Quand Pénélope voit rouge, c’est rouge. Thomas, lui, apparaît en toute sobriété, les couleurs dominantes tirent pour lui plutôt vers le bleu, le gris, le presque crayonné. C’est un personnage qui se dévoile peu, on en saura davantage sur lui à travers les récits d’autres personnes.

Zoé est sublime de sincérité. C’est le personnage qui évolue le plus dans l’album. On peut la croire naive (croire au grand amour avec un écrivain connu, elle, la petite hôtesse d’accueil), voire sous cultivée (et le décalage paraît parfois grand avec Thomas, elle qui n’a même jamais mis un pied dans une librairie, elle pour qui le livre n’est pas un objet familier). Mais un libraire lui met dans les mains « Belle du seigneur » (la BD ne le dit pas mais l’auteur est Albert Cohen et le livre est un chef d’oeuvre de la littérature française) et elle en fait quelque chose de surprenant.

L’histoire peut paraître gnangnan au début mais ce n’est pas du tout le cas. Parce que sous ses airs de ne pas y toucher, Pénélope Bagieu développe des thèmes qui lui sont chers (comme la dénonciation du machisme, incarné par le compagnon de Zoé) et parvient à produire une fin renversante, inattendue, trucculente même. Je n’en dis pas plus, je ne veux pas gâcher le plaisir des futurs lecteurs et futures lectrices.

Les thèmes abordés dans la bande dessinée

Un des thèmes principaux est la condition des écrivains. Que faut-il faire pour rester un écrivain à succès? Suffit-il d’épouser son éditrice?(apparemment pas, indique la BD puisque Agathe et Thomas sont séparés et ont cessé de s’aimer). Faut-il simuler sa mort et la mettre en scène, inspiré par la mort symbolique de Romain Gary qui a pris comme pseudonyme Emile Ajar, auteur d’un roman couronné par le Goncourt (Romain Gary a ainsi obtenu deux fois le Prix Goncourt)? Cette piste là semble avoir été choisie par Thomas mais est-elle réellement durable? Zoé et lui doivent vivre cachés. Il ne lui a d’ailleurs pas dit la vérité à ce sujet, elle l’apprendra par Agathe.

Un autre thème abordé, surtout présent au début de l’album, est le machisme des hommes. Zoé en a assez des « gros lourds » qui draguent dans les salons chaque hôtesse. Elle en a assez de son mec qui ne la respecte pas, ils n’ont aucun dialogue et il ne fait aucun effort…Cela est dit ouvertement, aucun doute sur ce que veut dénoncer Pénélope Bagieu. Mais si on en vient à considérer l’attitude de Thomas, c’est la même chose: Zoé est certes une fille dont il semble amoureux mais pourquoi, comme elle le souligne, ne partage t-il pas ses idées? pourquoi ne lui parle t-il pas de son roman?pourquoi la tient-il écarté de son oeuvre littéraire? Parce qu’il pense probablement qu’il y a d’un côté les intellectuels (comme lui) et de l’autre les filles comme Zoé, valorisantes pour la carrière d’un écrivain, voire sources d’inspiration. Tout indique qu’à la fin de l’écriture de son roman, Zoé sera reléguée aux oubliettes: car le monde littéraire est un monde plein de petitesse, rempli de requins…

Conseil

Cet album est un coup de coeur! Il est bien sûr à lire, à commencer par un public de lycéens et de lycéennes! Nul doute que certaines personnes pourront par certains côtés s’identifier à Zoé…La force de Pénélope Bagieu, c’est cela: montrer, représenter des situations quotidiennes qui pourraient être véçues par toutes les femmes, de façon à faire réfléchir et à dénoncer.

La personne de confiance – Didier Van Cauwelaert

Editions Albin Michel- 27/03/2019-208 pages

Résumé du roman

Max est grutier: il enlève les voitures mal garées et les place en fourrière. Célibataire, il vit dans une cité à Bobigny, dans le 93, et pense beaucoup à Samira, sa voisine du dessus, étudiante en pharmacie.

Sa vie change lorsque il enlève par erreur une Rolls avec une vieille dame dedans. Ce n’est pas n’importe qui: c’est Mamie Larmor, la fondatrice d’une biscuiterie. Madeleine semble plongée dans son passé d’ancienne Résistante de la Seconde Guerre Mondiale et le confond avec son amoureux d’alors, Victor. Grâce à Samira, il va bientôt découvrir que son neveu l’a déclarée atteinte d’Alzheimer alors qu’en fait, elle prend une association de médicaments qui lui donne des pertes et des troubles de la mémoire.

Sauvée, retrouvant ses esprits, elle décide de faire de Max « sa personne de confiance ». Et lui se retrouve embarqué dans une sacrée aventure qui le mènera en Suisse où Madeleine a organisé son suicide assisté avant finalement de se dédire mais qui aboutira aussi en garde à vue où il se mettra à raconter cette histoire pour le moins farfelue…

Mon avis sur le roman

Didier Van Cauwelaert nous présente un roman facile à lire et drôle à la fois. Max se révèle un narrateur décalé, son sens du détail donne du piquant à la narration. La parole pour lui est libératrice: il veut sauver sa peau, il n’a pas tué Madeleine, comme on semble l’en accuser et il veut prouver que le neveu n’est pas non plus aussi innocent qu’il souhaite le faire croire.

Un moment de lecture agréable avec des personnages solidaires les uns des autres et une Madeleine qu’on souhaiterait tous avoir pour grand-mère (rien que pour les gâteaux…)

Le petit bonheur hebdomadaire #6

Anniversaire. Jeux au parc. Petit tour à la médiathèque pour ramener de belles trouvailles.Gâteau. Bougies. SMS, appels, messages sur les réseaux sociaux: des pensées qui font chaud au coeur. Un mail en particulier.

Boulot. Repas de fin d’année. Parler à des gens que je vois peu. Se débrouiller pour avoir champagne, saumon, foie gras, gâteau et chocolat mais aussi du Coca. Une réunion qui paraît ensuite bien plus légère.

Clap de fin. Adieu, boulot, jusqu’à l’année prochaine! Finie, la galère dans les transports! Vacances, vacances! De belles lectures m’attendent!

Gâteau. Bougies. Cadeaux. Jeu de société en famille. Jeu de construction qui prend des heures. Des rires. De la joie.

Un sapin enfin monté et décoré à huit mains. Noël approche.

Merci à Moka du blog Au milieu des livres (accessible à l’adresse https://aumilieudeslivres.wordpress.com/) qui m’a inspirée pour la manière d’écrire ce billet!

Et pour rappel: le principe du « Petit bonheur hebdomadaire » a été initié par l’auteure du blog Pause Earl Grey (accessible à l’adresse https://pauseearlgreyblog.wordpress.com/)

J’ai dû rêver trop fort -Michel Bussi

Editions Presse de la cité -28/02/2019-480 pages

Résumé du roman

Nathalie est hôtesse de l’air et son métier la transporte aux quatre coins du monde.

Il y a 20 ans, en 1999, sa route a croisé celle d’un musicien, Ylian. Grâce à lui, elle assiste gratuitement à un concert de The Cure. Ils deviennent amants (Nathy a un mari et une petite fille) et se retrouveront lors de plusieurs autres voyages à San Diego, Barcelone et Djakarta.

20 ans plus tard, en 2019, Nathalie se retrouve face à de nombreuses coïncidences : les mêmes escales au programme avec quasiment les mêmes collègues, un sac perdu 20 ans plus tôt qui semble le même, les mêmes mélodies et d’autres choses que seule elle et Ylian connaissent se produisent. Elle va chercher à comprendre, troublée par l’enchaînement des événements…

Mon avis de lecture

En toute honnêteté, la mayonnaise n’a pas pris. J’avais en tête le sublime Nymphéas noirs , paru il y a quelques années déjà (l’intrigue était bien menée, les références picturales étaient fouillées, on se voyait vraiment à Giverny, le suspense était à son comble au moment venu, le retournement de situation était juste assez à point pour satisfaire pleinement le lecteur…). J’ai été déçue par ce roman de 2019.

Au commencement, j’ai trouvé la narration sans grand intérêt. J’ai attendu plus de 100 pages que quelque chose se passe. Le jeu de miroirs entre deux époques est intéressant, on cherche les similitudes, on se demande comment tel personnage présent il y a 20 ans va réagir…Mais il y a un petit quelque chose qui fait que « ça ne le fait pas ». Le rythme de l’histoire est trop poussif, on ne se laisse pas prendre au jeu de cette histoire d’amour…

Le rebondissement final rend l’histoire plus bancale encore, les détails nous donnent l’impression d’une intrigue tirée par les cheveux…

Bref, pas sûre de relire du Bussi. Sauf pour avoir en tête la chanson de Bashung…

Le grand piano noir -Olivier Silloray

Editions Bayard jeunesse -24/04/2008-236 pages

Résumé de l’histoire

Caroline est une adolescente passionnée de piano. Élève au Conservatoire de musique, elle sait que cela représente un sacrifice financier pour ses parents. Sous pression, elle travaille dur mais le trac avant chaque examen engendre des trous de mémoire. Elle doute d’elle, malgré l’amour de son petit-ami, Kevin, et l’amitié de Maud. Lors d’un stage d’été, elle croise Jean-Charles, jeune pianiste beau, riche, doué…Il va l’aider à prendre confiance en elle…

Mon avis sur le roman

« Le grand piano noir » (roman paru en 2008) est une histoire de passion et de passionnés qui peut plaire à tous les adolescents, musiciens ou non. Le roman aborde en effet des thématiques sur lesquelles s’interrogent de nombreux jeunes: que faire face à d’autres concurrents? comment concilier études, vie familiale et vie sociale? comment dégager du temps libre pour vivre comme d’autres adolescents? ou encore: Une passion nécessite t-elle tous les sacrifices?

Les non-musiciens rêveront de commencer le piano, les musiciens s’interrogeront sur leurs pratiques, sur le travail à effectuer pour jouer d’un instrument, sur le talent à avoir, la virtuosité…

Une lecture facile, un style fluide: à mettre entre toutes les mains!

A la demande d’un tiers – Mathilde Forget

Editions Grasset-21/08/2019-162 pages

Hospitalisé(e) à la demande d’un tiers: telle est l’expression pour interner d’office un proche qui « déraille ».

La narratrice a fait appel aux pompiers pour qu’ils viennent chercher sa soeur aînée, Suzanne. Elle va ensuite rendre visite à cette soeur tout en s’interrogeant sur leur mère qui s’est suicidée du haut de la plus haute tour d’un château. Elle décide alors de mener l’enquête (quelles sont les causes du suicide?) en allant voir les psychiatres consultés par sa mère et des membres de sa famille.

Mon avis

Une écriture directe. Un roman court, au ton décalé et humoristique: voici les clefs de ce premier roman.

Le personnage de la narratrice est intéressant: on se demande quand elle aussi va basculer dans la folie. On la sent à la limite: de Bambi au syndrome du coeur brisé, on se dit qu’elle aussi va lâcher…

Je pense qu’il s’agit d’un roman prometteur. Dommage qu’il nous laisse sur notre faim: les bribes de souvenir récoltés sur la mère sont trop peu nombreux pour faire de celle-ci un personnage haut en couleurs. Une mère en filigrane, deux filles mal en point. Les personnages sont attachants, l’ensemble fait un bel équilibre.

Interminable décembre

Cela commence par le temps

Gris, pluie, froid, bruine.

Bol d’air à pas sept heures du mat’.

Cela continue par les transports

Chaos, chahut, arrêt. Gare.

Pressons, tout le monde descend.

Pression, tout le monde va t-il monter?

Trajets à pied, un pas puis dix.

Cela se poursuit par des réunions.

Discussions, moyens d’action…

Image d’une France en crise…

Des journées lentes.

Un rythme interminable.

Cris, bruits. Des abrutis.

Un souffle. Un rire. Respire.

Enfants, ballons, bonbons.

Et paf, une balafre!

Journée de joie qui vole en éclats!

De blanc à noir. De noir à blanc.

Instantanés. Pris sur le vif.

Moments de vie et asphyxie.

Ville en fête. Illuminée.

Instants gâchés.

Temps de lumière.

Tant de luminaires.

Du rêve dans les yeux.

Peut-être que c’est ça,

une famille en décembre…

Bilan de lecture (Novembre 2019)

Alors que je m’apprête à poster un billet avec mes trouvailles issues de la médiathèque, je m’aperçois que je n’ai pas fait mon bilan de lecture pour le mois de novembre. Le voici!

Type de livres lus: des romans, toujours des romans, quelques romans graphiques aussi. J’ai surtout lu de la littérature jeunesse, les sélections des prix littéraires pour des adolescents. J’ai aussi lu quelques livres sous format numérique, les livres que je souhaitais lire à la médiathèque étant empruntés (j’ai déjà dit, n’est-ce-pas, que j’empruntais des romans à la médiathèque? J’avoue que j’ai un petit budget pour les livres et les fêtes de fin d’années arrivant, la médiathèque est ma seule source livresque).

Nombre de livres lus: 23 livres ,21 romans dont 11 romans pour la jeunesse et 2 albums/romans graphiques

Livre préféré du mois

Il y en a plusieurs mais je dirais que « Nous rêvions de liberté » est un de ces romans qui marque durablement. Pour les virées en moto et l’amour de ces jeunes pour toutes ces bécanes, pour ce petit air d’Amérique, pour ces jeunes marginaux qui se donnent tout de mêmes des codes d’honneur. Pour ce pauvre type un peu plus intelligent que les autres justement qui a cru si fort en l’amitié…au point de se retrouver seul en prison. Bref, une histoire qui m’a fait vibrée!

Déception du mois

En littérature de jeunesse, le roman « Ma gorille et moi » est une déception. Des adolescents de 12 ans ne le plébiscitent eux-mêmes pas, lui trouvant un côté trop « donneur de leçon ».

Une vie française- Jean-Paul Dubois

Editions de l’olivier-27/08/2004-368 pages

Résumé du livre

A 8 ans, Paul, le narrateur, perd son frère Vincent, 10 ans. Cela se passe le 28 septembre 1958, le jour de l’adoption de la constitution de la 5ème République. Son père, garagiste qui tient une concession Simca et sa mère, correctrice, n’iront jamais voter et l’ambiance dans la famile Blick ne sera plus que silence et chagrin.

A la télévision des années 60 et au visage de De Gaulle se succéderont d’autres présidents: Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac. Sous leurs mandats, durant les 30 Glorieuses, Paul vit et d’expériences en expériences, deeviendra un homme, avec ses joies et ses peines.

Mon avis sur le roman

Ce roman, paru en 2004, constitue une très belle représentation de la société française des années 60 à une époque plus contemporaine. L’angle politique permet d’aborder par petites touches l’angle de vie personnel du narrateur, Paul.

Rien à dire, l’histoire est dense mais le sujet est maîtrisé, le bouquin décrit avec une foultitude d’approches moults épisodes de vie.Comme si nous y étions.

Mais je n’ai été conquise: j’ai trouvé que ce bouquin avait un rythme très très lent. Les personnages défilent, rapidement, sans qu’on s’y attache vraiment. Pas le temps, la situation politique est lancée…

Je reconnais des qualités d’écriture certaines à J-P Dubois, mais je ne eux plébisciter comme il est d’usage ce roman. Je tenterai néanmoins de lire le prix Goncourt 2019…un jour où j’aurai envie de me plonger dans le quotidien de J-P Dubois.