Nous serons des héros – Brigitte Giraud

Editions Stock – 19/08/2015-198 pages

Résumé de l’histoire

Olivio/Olivier a 8 ans lorsqu’il quitte son pays natal, le Portugal, pour la France.Nous sommes quelques années avant la Révolution des Oeillets, dans les années 1960, au temps où le Portugal était encore une dictature dirigée par Salazar.

Son père est une victime du régime, il ne le reverra plus. Sa mère est à ses côtés. Ils emménagent d’abord chez des amis, du côté de Lyon, essayant de s’intégrer, d’apprendre le français, d’aller à l’école et au travail.

Puis la maman a un compagnon, Max, rapatrié d’Algérie. Ils s’installent avec lui dans son pavillon. Il y a aussi Bruno, le fils de Max. La cohabitation n’est pas toujours simple pour Olivier.

A l’adolescence, il préférera passer du temps avec Ahmed, un jeune de son quartier. Tout en se demandant: Qui est donc Max? Et son père?

Mon avis sur ce roman

J’ai beaucoup apprécié le récit de ce petit garçon immigré qui a déjà tant de chagrin et de questions en lui. Brigitte Giraud en fait son narrateur et cela donne une force au récit: nous suivons pas à pas ce gosse déraciné, perdu, à qui on demande de s’acclimater à sa nouvelle vie, lui qui d’abord n’a pas de chez lui (il est hébergé par des amis avec sa mère) puis il emménage dans une HLM (qu’est-ce que c’est que ces grandes barres bétonnées à côté des grands espaces lumineux de son pays natal?) et enfin chez Max (il sort d’où, celui-là?).

D’une écriture sobre, fluide, Brigitte Giraud aborde le thème du déracinement, de l’exil, commun à tous les immigrés, avec justesse. Les personnages sont là mais le narrateur a toute sa place: c’est Olivier qui raconte, on vit les choses à travers lui. L’intégration d’un enfant à l’école. Les difficultés au travail pour une femme immigrée (sa mère). Et aussi le rappel des amis: « Sois contente, tu as du travail, ne te plains pas! ». Il a du mal, Olivier, avec cette idée de fatalisme. Et aussi, et même beaucoup, avec Max qu’il ne considère pas comme un père de substitution.

Seul bémol à cette histoire: le personnage d’Ahmed est trop mystérieux, trop énigmatique. Il est au coeur de la chute du récit mais celle-ci semble trop rapide, voire inachevée. Le lecteur reste avec ses questions: que devient Olivio?

Conseil: à lire si vous aimez les personnages sobres, tout en pudeur, des héros anonymes ancrés dans leur quotidienneté, remplis de courage, de détermination, chargés de leur histoire…

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