La vraie vie – Adeline Dieudonné

Editions L’Iconoclaste-29/08/2018-270 pages

J’avais entendu parler de ce roman paru lors de la rentrée littéraire mais je ne l’avais pas encore lu. Il a obtenu plusieurs prix: le Prix Renaudot des lycéens (2018), le Prix du roman Fnac (2018), le Grand prix des Lectrices Elle (2019). Ce roman a été omniprésent sur les étals des librairies, on en a entendu parler partout…et cela n’a pas suscité l’envie chez moi, je n’aime pas le côté : « bouquin à la mode, à lire absolument ».

Bref, je l’ai lu hier au format numérique (je vous ai déjà dit que ma médiathèque est géniale, elle fait des prêts de ressources numériques?!).

Quelques mots sur l’auteure

Adeline Dieudonné est une jeune auteure belge, née en 1982. Mère de 2 enfants, elle a commencé à écrire à 33 ans. Nouvelliste, elle a remporté le Grand prix du concours de la fédération Wallonie-Bruxelles pour la nouvelle Amarula. Dramaturge, elle écrit une pièce de théâtre, Bonobo Moussaka, monologue qui décrit la vie d’une trentenaire qui s’interroge sur son avenir et celui de ses enfants. Cela lui fournit l’inspiration pour son premier roman, elle s’inspire également de la Belgique (à Bruxelles, une station de métro s’appelle L’étang des Enfants Noyés) (pour citer une de mes sources: merci, Télérama!) (un petit clic ici pour ceux que cela intéresse: https://www.telerama.fr/livre/adeline-dieudonne,-une-premiere-oeuvre-au-noir,n5836915.php)

Résumé de l’histoire

Au début du roman, la narratrice a 10 ans, son frère Gilles en a 6. Tous deux vivent dans un quartier pavillonnaire,le Demo. Les maisons sont toutes semblables, la leur est un peu plus grande que les autres, ils ont un plus grand jardin et une piscine gonflable . Leur mère est femme au foyer, leur père est comptable.

Le foyer compte 4 chambres: une pour chaque enfant, une pour les parents, une pour les cadavres, des animaux empaillés tués par le père chasseur et braconnier.

Hormis la chasse, le père passe son temps devant la télé, avec une bouteille de whisky. La mère ressemble « à une forme de vie primitive, unicellulaire, vaguement translucide. Une amibe. Un ectoplasme… ».Elle est soumise au père, violent. Elle parle davantage à ses chèvres qu’à ses enfants.

La narratrice et son frère jouent dans un cimetière de voitures et attendent avec impatience la petite musique qui annonce le marchand de glaces. Une envie de chantilly va brusquement faire passer la narratrice dans la vraie vie. Une vie dans laquelle elle fait des choix: celui d’être première de la classe, celui d’étudier la physique (parce qu’elle admire Marie Curie), celui de tout faire pour accéder à une vie meilleure, celui de sauver son frère.

Depuis le drame, Gilles ne rit plus et s’approche dangereusement du père violent, passant son temps dans la chambre des cadavres, avec la hyène.

Mais comment faire pour à la fois se protéger du mal, protéger ceux qu’on aime sans basculer soi-même dans la violence?

Mon avis sur le roman

Un roman prometteur. Une action décrite des 10 ans aux 15 ans de la narratrice, qui va à l’essentiel: il faut vivre dans ce quotidien fait de violence.

Ce roman initiatique décrit une très belle relation fraternelle: la narratrice lutte pour s’en sortir et fait tout pour que son frère ne bascule pas. La traque de la jeune fille dans la forêt (scène d’une violence et d’un désaveu paternel inouïs) se termine par une émotion qui resurgit: son frère est de nouveau son allié, son frère désapprouve le père.

Adeline Dieudonné dresse des portraits des personnages sans concession. Sans complaisance aucune pour les adultes. Les enfants ne sont pas non plus que des victimes. La narratrice au contraire est celle qui agit, qui veut trouver des solutions (à 10 ans, pour revoir le sourire de son frère, elle veut créer une machine à remonter le temps, comme dans le film Retour vers le futur, elle y croit vraiment).

Certaines scènes nous laissent particulièrement en apnée: la scène de la forêt, apothéose de la violence mais aussi toutes les scènes où on sent la tension monter, celle où la viande est trop saignante, la mère se retrouvant le visage plongé dans les débris de l’assiette brisée par le père.

Quelques petits bémols: le personnage du père est décrit comme celui d’une bête mais on aurait aimé en savoir plus sur son côté sensible: un homme qui pleure en écoutant Claude François.

La fin également est trop rapide: que va t-il se passer ensuite? Comment se reconstruire après une telle vie?

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