A la ligne: feuillets d’usine – Joseph Ponthus

Editions La table ronde – 03/01/2019- 272 pages

Résumé du livre

Un homme va travailler à l’usine parce que « sa femme en a marre de le voir traîner dans le canapé en attente d’une embauche dans son secteur ». Par amour, il a quitté la région parisienne pour la Bretagne, perdant son emploi de travailleur social.

Ouvrier intérimaire, il se retrouve dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons.

Avec force détails, il va décrire son quotidien et celui des ouvriers qui travaillent à la chaîne, à la ligne. Le bruit, les gestes professionnels, le corps qui souffre, la fatigue, le rythme de travail.

Pour supporter la cadence, il fait appel aux mots. Sa vie d’avant l’aide à supporter. Il ne parle pas beaucoup mais se souvient des chansons de Charles Trénet et des poèmes d’Apollinaire.

Mon avis sur le livre

« A la ligne » est un roman original de par sa forme: à bas la ponctuation, place à la ligne. Comme des vers libres sauf que l’univers décrit est tout sauf poétique.

La ligne, cette foutue ligne de production qui montre plus que jamais ô combien le travail effectué dans de telles conditions est déshumanisant.

De par son rythme, le récit est concentré sur l’action. On travaille, toujours, sans cese. Clope, café, travail, pause, clope, café, travail. La répétition des gestes, la cadence des gestes invite l’écriture à être immédiate. Il faut lire, aspiré par les lignes du dessous. Il faut travailler, travailler sans voir l’air du jour. Pas de répit.

Faire, faire sans réfléchir, telle est la conduite à tenir. Quel que soit le prix. D’où la grande interrogation qui émerge après la lecture de ce bouquin: quel sens donner au travail?

Après la lecture de ce bouquin, vous ne regarderez plus les aliments au supermarché ou dans votre assiette de la même façon. Durant vos pauses, au travail, vous penserez aussi à ces intérimaires qui ne savent pas toujours comment aller bosser le lendemain et qui doivent se cacher pour goûter aux produits qu’ils maniupulent…Vous penserez pendant que vous discutez avec vos collègues du dernier film au cinéma que d’autres travailleurs sont trop fatigués pour aligner un mot entre eux…Le récit pourrait ne jamais s’arrêter tant il y a encore à dire, à la fois sur les ouvriers, main d’oeuvre corvéable à merci et sur les dirigeants, toujours prompts à exploiter ces hommes. Ajoutons à cela les impératifs dictés par la société de consommation, fermons les yeux, réfléchissons…et allons-y, courons nous réfugier dans le Larzac…pour lire ce très bel opus…

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