Oublier Klara – Isabelle Autissier

Editions Stock – 02/05/2019-320 pages

Résumé

Iouri, 46 ans, a passé plus de la moitié de sa vie aux États-Unis et s’était juré de ne plus mettre un pied dans son pays natal, la Russie.

Le voici néanmoins de retour à Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Son père mourant, Rubin, l’a appelé à son chevet pour lui faire une demande particulière: chercher à savoir ce qui est arrivé à Klara. Klara, la grand-mère de Iouri, chercheuse scientifique, géographe talentueuse, a été arrêtée des années plus tôt, en 1950 par les sbires de Staline. Direction le goulag, laissant derrière elle un petit Rubin de 6 ans et son mari, Anton, désespérés.

Pour son père, devenu patron d’un chalutier, pas tendre avec lui, pourtant, Iouri va chercher. Cela est loin d’être simple: la période stalinienne fut très sombre pour nombre de concitoyens, à l’époque, on ne posait pas de question, on se taisait, de peur d’être emmené à son tour…Il fallait oublier, c’était mieux. alors Iouri lutte contre le silence, contre l’Histoire et plonge dans le passé trouble d’une Russie contemporaine que lui-même reconnaît si peu…

Mon avis sur le roman

Un mot: superbe!

Je salue en premieu lieu l’hymne à la nature: Iouri nous fait partager sa passion pour les oiseaux et l’observation du ciel, Klara nous entraîne vers les mystères des territoires et Rubin nous fait plonger dans les méandres de la mer! J’ai trouvé ce roman très bien écrit, le vocabulaire technique est maitrisé et chaque personnage, au contact de la nature, parvient à révéler ses émotions.

Le fait d’aborder une sombre période de l’Histoire au travers de personnages amis de la nature me semblent intéressant: les conditions de détention des prisonniers soviétiques sont d’autant plus effroyables qu’ils vivent dans une nature particulièrement hostile…Et pourtant, au coeur de tragédies, au coeur d’événements qui peuvent paraître négatifs, la beauté apparaît: prenons l’exemple de ces deux ados, Iouri et Luka, réunis dans la chambre de Luka pour contempler les oiseaux dans le ciel, prêts à s’avouer leurs sentiments, tout en sachant que cela est interdit! Des années après, Iouri se souvient de l’émotion ressentie, à la fois par l’émoi éprouvé par les adolescents et à la fois par la découverte de ces oiseaux, ce paysage magnifique!

Isabelle Autissier a une très belle plume pour brosser le portrait d’êtres humains pris dans les tourments de l’Histoire. Personne, dans cette histoire, n’est tout blanc ou tout noir et la part sombre ou mystérieuse de chacun est révélée au cours du récit, la tension prenant de plus en plus d’ampleur. Qu’est-il donc arrivé à Klara? On suit avec intérêt le cheminement de Iouri, on lui en voudrait presque de rentrer aux Etats-Unis. Est-il donc possible d’oublier Klara, lui qui entrevoyait déjà de découvrir qui était sa grand-mère inconnue? Peut-il le faire, lui, après avoir vécu une telle jeunesse, sous le joug de la contrainte et des normes sociétales dans l’URSS d’après-guerre? Et son père, qui est-il réellement? Un homme penché sur la bouteille, amateur de femmes ou un petit garçon blessé et perdu, refusant secrétement d’obéir à son père: il faut « oublier Klara ».

De l’émotion à l’état brut. Des émotions. C’est ce que ce livre vous procurera. A lire! Vous aussi, vous éprouverez un véritable coup de coeur! (je vous le souhaite!)

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