Eden- Monica Sabolo

Editions Gallimard -22/08/2019-288 pages

Résumé

Lucy est une adolescente blanche de 15 ans, venue de la ville avec son père, dans une réserve amérindienne du Nord de l’Amérique. Deux clans s’opposent : le personnel blanc des exploitations forestières, dont on entend les tronçonneuses vrombir à longueur de journée et les habitants des lieux, les « Indiens » qui aiment leur environnement au milieu de la nature qu’ils respectent et qui déplorent que l’écosystème soit menacé et saccagé.

Nita, la narratrice, vit avec sa mère à la lisière de la forêt. Elle et Lucy prennent le même car scolaire, sont dans la même classe mais ne sont pas amies, les Blancs et les autochtones ne se mélangent pas. Lucy est secrète, elle ne se mêle que peu aux autres adolescents, parcourant plutôt la forêt, à la recherche « d’esprits de la forêt ».

Elle disparaît deux jours. On la retrouve nue, mutique: elle a été violée. La police enquête et Nita cherche aussi la vérité. Elle raconte:la fascination des garçons pour Lucy, son rapport avec la nature. Elle explique aussi la vie à la réserve où Blancs et Indiens ont chacun leurs lois. En cherchant à savoir ce qu’a vécu Lucy, elle va découvrir et décrire un monde loin du paradis perdu…

Mon avis sur le roman

Un très beau roman qui décrit les ravages des machines sur la nature. Les descriptions de la forêt, lieu enchanteur, territoire menacé, espace initiatique pour les adolescents à la recherche de transgressions: alcool, drogue, sexe, contribuent à donner une ambiance mystérieuse au roman. Les personnages de Nita et de Kishi, sa copine, sont attachants. Toutes deux sont emplies d’une souffrance (la disparition du papa) qui n’en fait pas pour autant des êtres sombres. Au contraire, elles ont besoin de la nature, de la forêt pour se ressourcer, elles croient aux légendes véhiculées parce que c’est un pan de leur culture. Et si Nita décide de faire partie de ce gang de filles, les serveuses du bar « Hollywood » qui accueille les hommes des exploitations forestières, c’est par solidarité féminine et aussi pour dire « stop » à un monde empli de violence qui heurte l’environnement calme de la forêt.

Après Summer, où le lac apparaissait comme un endroit fascinant et dangereux à la fois, Monica Sabolo signe ici un roman où la forêt est partout et dans lequel chacun se situe par rapport à elle. Pour les hommes blancs, c’est un gagne-pain, peu importe, ils travaillent, ils détruisent les arbres puis le soir, s’enivrent et deviennent violents avec les filles. Pour les indiens, la forêt est un trésor à préserver, un lieu qu’ils savent menacer. Même si comme Nita, ils ont envie de partir. Même si comme Kishi, ils sont désabusés: « on ne pourra jamais s’en aller ».

J’ai beaucoup aimé ce roman qui dresse le portrait d’adolescents confrontés à une vie dure, à une nature violente, loin de l’Eden que l’on pourrait imaginer. A lire pour comprendre que tout peut changer, que le destin de chacun n’est jamais fermé et pour s’ouvrir aux beautés de la nature.

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