Naïs – Marcel Pagnol – #Reading Challenge Classics 2020

Naïs est un film réalisé en 1945 par Raymond Leboursier et Marcel Pagnol,avec pour acteurs principaux Fernandel et Jacqueline Bouvier, future Mme Pagnol.

C’est une adaptation d’une nouvelle de Zola, Naïs Micoulin. Les éditions de Fallois ont publié la version de Pagnol et c’est ce livre que j’ai déniché à la bibliothèque et lu.

Naïs est une jeune fille de condition modeste: orpheline de mère, son père, le père Micoulin, est métayer dans une ferme. Les propriétaires, les Rostaing, viennent d’Aix en Provence, avec leur fils, Frédéric, beau garçon satisfait de sa condition bourgeoise.

Toine est un être bossu qui travaille à la ferme des Rostaing. Il est amoureux de Naïs. Celle-ci s’éprend de Frédéric et le retrouve en secret: le père Micoulin est sévère et maltraitant envers elle, il verrait cet amour d’un mauvais oeil. Quand il comprend, en effet, il ne souhaite qu’une chose: tuer Frédéric. C’est sans compter Toine, qui se fait complice des jeunes gens en dépit de son amour pour Naïs. Le stratagème de Micoulin va donc se retourner contre lui. Naïs partira à la fin du roman avec les Rostaing.

[Dans la version de Zola, la fin est moins heureuse: Naïs comprend que ses amours avec Frédéric ne dureront pas et peu après la mort du père Micoulin, épouse Toine par dépit, Frédéric étant assez indifférent à la nouvelle.]

J’ai trouvé la version de Pagnol très vivante, très rythmée. Il n’y a qu’à lire le premier chapitre pour s’en rendre compte: les répliques de Toine sur sa bosse et sa condition de bossu campent un personnage attachant et réaliste.

« Il y a des enfants bien tristes, Henri, et qui font semblant de rire tout le temps, parce qu’ils ont tout le temps envie de pleurer…Et j’ai entendu dire: »Il rit comme un bossu. »Si on leur racontait Lauzun, les petits bossus riraient moins souvent parce qu’ils n’en auraient plus besoin ».

Cet ouvrage est empreint de poésie, les dialogues sont de toute beauté, les personnages font à la fois preuve de candeur et de lucidité, le tout donne un ton humoristique désarmant. On pense aussitôt à La fille du puisatier dans la même veine, on se revoit visionnant les films…(je n’ai pas vu les films en noir et blanc, je parle des films de Pagnol, en général). Marcel Pagnol n’avait pas son pareil pour écrire les dialogues que l’on imagine prononcés avec l’accent chantant…

A lire pour se plonger dans un univers provençal dans lequel un petit bossu a décidé de donner de l’amour et de sauver l’amour aussi…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s