Par les routes – Sylvain Prudhomme

Introduction

Ce livre m’appelait depuis quelque temps. J’aime trouver en chaque livre un voyage, en chaque personnage une âme de voyageur. Le titre m’interpellait, d’autant plus quand j’ai su que le roman avait été primé deux fois par le Prix Landerneau et le Prix Femina, en 2019.

J’ai cherché des informations sur l’auteur aussi. Un petit jeune de 40 ans. J’imaginais quelqu’un « avec de la bouteille », c’est quelqu’un qui a bourlingué quand même à l’étranger.

Résumé du livre

Sacha, écrivain, aspire au calme et souhaitant s’éloigner de Paris, s’installe à V. dans une petite ville du Sud de la France.

Il y retrouve celui qu’il appelle « l’autostoppeur », un type avec qui il a sillonné les routes des années plus tôt, qu’il n’avait pas revu depuis 17 ans. Il a désormais une femme, Marie, et un fils, Agustin.

Sacha comprend très vite qu’il est toujours féru d’auto-stop. Il part, de plus en plus, de plus en plus loin, rencontrant de nombreux conducteurs, parcourant de nombreux endroits. Mais tout cela ne représente t-il pas un danger, tant en amitié, en désir que pour son couple?

Mon avis

Sylvain Prudhomme signe là un roman géographique et sociologique très complet. Un voyage initiatique au coeur des routes françaises fait de rencontres parfois improbables (ce groupe de jeunes qui paraît pas 18 ans), résumé sous forme de cartes postales, appels et photos.

Ce livre donne l’impression que le temps est à notre portée. Il y a une urgence de vivre chez l’autostoppeur freinée par l’attente des proches et cette attente fait du temps une donnée mesurable. Il y a Sacha qui assiste au départ et à la réaction de la famille, tel un spectateur familier. C’est comme une façon d’apprivoiser le temps qui passe, cette prise de recul, cette mise à distance d’autrui.

Les personnages sont superbement bien décrits. L’autostoppeur est une figure parfaitement insaisissable: tantôt partageur par ses envois et ses envies de partager son aventure, tantôt égoïste et puéril par son envie de partir malgré tout, laissant les contraintes familiales derrière lui. Sacha, au contraire, est pleinement conscient de son rôle d’ami, rôle glissant. Marie, elle, joue la femme forte, anti-conventions mais les allers et venues de l’autostoppeur vont la fatiguer.

Je conseille la lecture de ce roman, avec un bémol: accrochez-vous au début, même si vous avez l’impression que l’histoire ne décolle pas, que le roman a des allures de feel good, il n’en est rien.

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