Là où chantent les écrevisses – Délia Owens

Délia Owens, née en 1949, est diplômée en biologie et zoologie et vit désormais en Caroline du Sud, après 23 ans passés en Afrique. Là où chantent les écrevisses est son premier roman.

Editions Le Seuil – Traduit de l’anglais par Marc Amfreville-02/01/2020-480 pages

Résumé du livre

Aux Etats-Unis, en Caroline du Nord, au coeur des marais, loin de la ville de Barkley Cove vit une famille dans une misérable cabane. En 1959, Kya, 6 ans, voit sa mère partir, la laissant seule, ses frères et soeurs et elle, avec un père alcoolique et violent qui a pour seuls revenus une pension d’invalide de guerre et les fruits de sa pêche. A leur tour, ses frères et soeurs abandonnent le foyer, même Jodie, le frère protecteur, de sept ans son aîné. Le père disparaît également et la petite fille doit apprendre à survivre dans le plus grand dénuement et la solitude.

Elle va apprivoiser le milieu des marais et apprendre beaucoup dans cette nature sauvage, donnant à manger et parlant aux oiseaux, découvrant les plantes, les espèces vivantes, des coquillages, observer et recueillant des spécimens…Elle vivra deux histoires d’amour, l’une avec Tate, de quatre ans son aîné, qui traverse souvent le marais pour pêcher avec son père, un jeune homme qui lui apprendra à lire et qui apprendra aussi beaucoup à son contact. Il passera de nombreux moments avec elle à parcourir la nature à observer les différentes espèces animales…Kya s’apprivoise mais Tate part à l’université et ne respecte pas sa promesse de revenir vers elle…Elle vit alors une autre histoire avec Chase Andrews, un garçon très populaire, admirée de toutes les filles de Barkley Cove. Jusqu’à ce que celui-ci se fiance et se marie.

En 1969, le cadavre de Chase est retrouvé dans le marais et la police est chargée d’enquêter. Toute la communauté pense à un meurtre et les soupçons convergent vite vers la « Fille des marais » qui fuit dès qu’on l’approche, n’est allée qu’une journée à l’école (les autres enfants se moquant d’elle), qui fréquente un couple de Noirs, Jumping et Marbel, qui tiennent la station-service…Les préjugés sont tenaces…Comment Kya pourra t-elle s’en sortir? Sera t-elle innocentée lors de son procès?

Mon avis sur ce livre

Un roman sublime, intelligent, poétique et plein d’humanité. Un énorme coup de cœur!

Comment ne pas être émue par l’enfance de Kya, cette gamine qui part pieds nus à travers les marées pour aller à l’épicerie la plus proche à des kilomètres acheter de quoi se nourrir, elle qui ne sait ni cuisiner ni compter! Comment ne pas être indignée par le rejet des habitants dont elle fait alors l’objet: « cette fille est sale ». Comment ne pas s’indigner par le traitement dur et méprisant que tous les habitants ou presque réserveront à « la fille des Marais », oubliant de quel courage et quelle ingéniosité il lui a fallu faire preuve pour survivre dans un milieu naturel hostile!

Vous aussi vous serez séduit(e) par la poésie de ce roman, par l’ode à la nature, si omniprésente. J’ai vraiment beaucoup aimé voir comment Kya apprivoise la nature et comment elle-même s’apprivoise à son contact. Certes, son savoir n’est pas académique (longtemps, elle ne sait pas lire) mais elle sait plus de choses que la plupart des habitants du coin et c’est là toute sa richesse intérieure! Vous lirez ces merveilleuses pages où elle chante, où elle parle aux éléments naturels, comme s’ils étaient humains, eux aussi.

L’auteure sait également nous plonger au cœur de l’enquête avec la recherche du coupable du meurtre, au cœur de la machine judiciaire, avec la défense à adopter pour innocenter Kya. L’alternance de récit entre 1952, année de départ de la mère de Kya, 1969, années du meurtre et les années précédentes et les années suivantes, nous permet de nous focaliser sur chaque pan de sa vie, sur chaque évolution.

Fermez les yeux: vous aussi, vous serez plongé(e) au coeur de la biodiversité, vous entendrez le cri des goélands, vous aurez envie de ramasser moules et coquillages pour aider Kya à survivre, vous aurez envie de partir à la découverte de nouvelles espèces, humant l’air parfois humide, parfois gorgé de brouillard…

Un super hymne à la nature, qui vous emmène loin, très loin, là où chantent les écrevisses…

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