Chien-loup – Serge Joncour

Résumé de l’histoire

Lise et Franck sont un couple sans enfant. Lise a eu envie pour les vacances de se couper de toute connexion, ce qui au contraire angoissait Franck. Producteur de cinéma, c’est un homme qui a besoin de son téléphone portable, d’Internet, pour avoir des nouvelles de ses collaborateurs, des films qui sortent, de la concurrence, il ne s’imagine pas trois semaines sans rien…Pourtant, ce gîte dans les collines du Lot est vraiment isolé de tout. Cent ans plus tôt, lors de la Première Guerre Mondiale, un dompteur de lion allemand y a séjourné avec ses lions.

Aux Orcières, il va se passer des choses imprévues. L’alternance de récits entre présent (2017) et passé (1914-1915) va éclairer le lecteur en même temps que les deux citadins, Lise et Franck, vont chacun à leur manière apprivoiser la nature, tout en découvrant l’histoire des lieux. Un chien est là qui semble dire quelque chose à Franck: ce n’est pas un chien comme les autres. Il sera un précieux guide pour faire découvrir au couple la beauté de la nature autant que sa violence.

Mon avis sur le roman

J’ai beaucoup aimé l’alternance entre le passé et le présent. J’ai certes moins accroché à l’histoire lors de la Première Guerre Mondiale mais elle est un point de départ nécessaire à la compréhension des événements présents. Le personnage de Franck m’a particulièrement plu: sa manière d’être accrochée à la technologie sans pouvoir s’en détacher (il est bien content de trouver un café avec du Wi-Fi) montre à quel point l’humain est devenu dépendant, certains s’éloignant même des bienfaits de la nature, ne sachant comment en profiter ou pire n’en percevant pas la beauté. Il essaye de ne pas se laisser gagner par la peur, par les avertissements des voisins tandis que Lise est davantage obnubilée par le fait de profiter des vacances.

Serge Joncour parvient à faire de la peur le moteur du roman: la peur des habitants du village, quelle que soit l’époque, la peur d’une nature sauvage, pas maîtrisée par l’homme, qui échappe à son contrôle, la peur des animaux sauvages. La peur aussi d’être assimilé à cette nature pour Franck qui souhaite à tout prix garder un peu de modernité. La peur du chien et des animaux en général envers l’humain. La possibilité aussi de maîtriser la peur, de devenir le dominant par le dressage, comme le fait le dompteur en 1915. La possibilité de finalement apprivoiser la nature et l’espèce animale comme le fera Franck.

J’ai beaucoup aimé la relation entre l’humain et l’animal et ce rapport de force que l’homme entretient avec une nature manifestement pas apprivoisée. Franck amadoue le chien progressivement, lui achetant même du jambon dans une boucherie, lui qui est devenu végétarien. Et lorsqu’il se retrouvera aux prises de jeunes loups, ses associés prêts à tout pour produire un film, même à pactiser avec Netflix et Amazon, il fera du chien son allié.

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