Les os des filles – Line Papin

Résumé du livre

Née d’un père français et d’une mère vietnamienne, Line, la narratrice, est une enfant heureuse qui vit à Hanoi entourée par ses parents, son frère, ses grands-parents, sa nounou, ses tantes. Elle a donc plusieurs mamans et mène une vie insouciante jusqu’à ses 10 ans, lorsque ses parents décident de partir vivre en France. Line se retrouve déracinée, tant culturellement qu’effectivement. Elle sombre peu à peu dans l’anorexie.

Quelques années plus tard, on la retrouve à 23 ans, à l’aéroport, en partance pour Hanoi.Elle a déjà fait un retour à 17 ans, elle s’est rendue compte qu’elle était à la fois française et vietnamienne. Elle tentera de réconcilier passé et présent en racontant l’histoire des femmes de sa famille: sa mère et ses soeurs, toutes parties adultes dans d’autres pays, et Ba, sa grand-mère, née peu après la Seconde guerre mondiale dans un petit village. Toutes ont connu les guerres, la famine, la pauvreté.

Mon avis sur le roman

Un très beau roman autobiographique qui met en exergue des moments heureux vécus par la narratrice et des moments beaucoup moins heureux comme l’exil ou la maladie.

Line Papin déroule l’histoire familiale en évoquant l’Histoire, les guerres notamment ou l’embargo et la modernisation du Vietnam dans les années 1990. D’une écriture délicate et poétique, elle pose les jalons d’une identité difficile, due au déracinement, à l’exil. Alternant entre le « je » et la troisième personne « la petite fille » pour parler d’elle, elle met également sa famille à distance: son père est « le jeune français », sa mère est « une des soeurs H ». Manière pour elle de prendre du recul, de s’extérioriser d’une histoire qu’elle connaît mais qu’elle n’a pas vécue. Les os des filles l’accompagnent, peut-être ceux de sa grand-mère, peut-être ceux de toutes les femmes du Vietnam. La coutume étant de mettre dans un coffret ce qu’il reste des corps, c’est-à-dire les os. Seuls restent ensuite les sentiments des os. C’est ainsi que commence son histoire: de façon détournée, pour raconter aussi son rapport au corps, à la maladie.

Outre cette écriture, j’ai beaucoup aimé lire cette histoire familiale, faite d’exil et de retour. Elle est d’ailleurs empreinte de notes d’espoir qui laissent présager un retour au Vietnam possible et un renouveau envisageable. A lire, que l’on soit en quête identitaire ou pas!

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