Le chagrin des vivants – Anna Hope

Editions Gallimard (Folio) ‐ 17/08/2017- 432 pages

Résumé de l’histoire

En Novembre 1920, l’Angleterre attend l’arrivée du Soldat inconnu, rapatrié de France. Durant cinq jours, des hommes et des femmes vont vivre l’attente à leur manière, dans cette société d’après-guerre encore marquée par la Première Guerre Mondiale. Hettie est danseuse au Hammersmith Palais: elle accompagne les soldats pour six pence la danse tout en rêvant de ne plus donner la moitié de son salaire à sa mère pour s’acheter une nouvelle robe et en enviant sa copine Di qui a conquis le coeur d’un homme aisé. Evelyn, elle, travaille au bureau des armées. Trentenaire, elle a été dévastée par la perte de son fiancé au front. Son frère, Edouard Montfort, capitaine pendant la guerre, semble vivre avec ses démons et commet tous les excès possibles: ivresse, drogue, soirées mondaines en bonne compagnie. Le frère et la sœur se sont éloignés progressivement.

Quant à Ada, c’est de son époux qu’elle s’est éloignée. Son jeune fils, Michael, à peine 18 ans, avait tenu à partir à la guerre. Il n’est jamais revenu. Depuis, elle croit le voir souvent.

La commémoration de l’armistice est plus qu’un symbole, elle symbolise la peine des vivants. Les restes d’un corps anonyme, choisis parmi d’autres que les familles n’ont pas pu voir vont raviver les souvenirs et délier les langues. Les hommes et les femmes parviendront-ils à trouver un équilibre?

Mon avis de lecture

Anna Hope signe un premier roman très réussi sur de nombreux plans. Elle nous présente une trame narrative très documentée: sachez qu’en le lisant, vous en apprendrez beaucoup sur l’engagement des Anglais durant la Première Guerre Mondiale et aussi sur les années d’après-guerre. Vous verrez que les soldats n’étaient pas les seuls à souffrir mais qu’à l’arrière, on vivait l’absence avec angoisse, voire désespoir: là, une mère attend une lettre de son fils tandis que l’épouse attend des nouvelles du mari, là ailleurs, une femme se désespère de ne plus mener le même train de vie, et ici, une autre jeune femme, après-guerre, est contente tout de même de gagner trois sous.

Anna Hope nous plonge dans l’Angleterre d’après-guerre non pour nous raconter la vie dans les tranchées, thème souvent abordé dans la littérature mais plutôt pour évoquer la vie qui continue malgré tout. Certains voudraient vivre à tout prix, d’autres voudraient oublier, d’autres encore font semblant, cherchent leur place…Avec beaucoup de sensibilité et de réalisme, Anna Hope trouve les mots justes qui décrivent la pesanteur des vies marquées par les deuils, les morts.

Les personnages féminins sont décrits minutieusement, on mesure l’impact psychologique du conflit à leur contact. Le roman est rythmé, l’histoire est condensée sur cinq jours, les personnages féminins dominent, leur histoire est narrée de façon à ce que l’on ressente la présence des traces qui restent, qui durent. Le passé n’est pas enfoui et le fil est tenu entre espoir et désespoir.

Un roman que je conseille à tous!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s