Ce n’est qu’un au revoir – Romain Monnery

Editions Au diable Vauvert – 2019 – 256 pages

Présentation de l’éditeur

Quitte à prendre la porte, autant soigner sa sortie !

Et si la démission n’était plus un saut dans le vide mais un vol plané soutenu par une nuée de ballons multicolores ? Si claquer la porte, au lieu de mener droit dans le mur, offrait un appel d’air, une occasion de régler ses comptes en tout bien tout honneur – et malice. Car il ne faut jamais perdre de vue que le travail, quel qu’il soit, reste une farce.

Pour tous les velléitaires de l’abandon, les victimes du ras-le-bol général, les dépressifs chroniques ou occasionnels, voici un petit guide de la rupture qui leur donnera les raisons (ou la manière) de franchir le pas.

Un exercice de style jubilatoire et salvateur, à savourer comme un pot d’adieu.

Mon avis de lecture

J’ai lu un extrait de ce recueil, quelques nouvelles étant disponibles sur le site de l’éditeur.

J’ai beaucoup aimé la nouvelle »Comment en finir avec la société de consommation » qui dénonce les ravages causés par l’incitation à la consommation. Selon l’expression  » Le client est roi » mais l’auteur de la lettre affirme:

« Malgré tous les investissements consentis au fil des ans, je n’ai pas l’impression de régner sur grand-chose. Ma voiture est à crédit. Mon appart est en location. Je n’ai pas fini de rembourser l’emprunt de mes études. Quant à mes appareils technologiques, nous savons tous deux qu’ils obéissent à la sacro-sainte loi de l’obsolescence programmée. »

Loin d’être roi, le client est pris dans un engrenage incitant à toujours plus consommer à tel point qu’il intègre également le vocabulaire proposé. Coup de maître pour l’auteur de la lettre donc qui fait des adieux adéquats.

« Inutile de m’amadouer avec tes formules toutes faites selon lesquelles je serais satisfait ou remboursé si jamais je changeais d’avis. Ces adieux sont à prendre pour argent comptant. »

*

J’ai également beaucoup aimé la nouvelle « CoMMent en finir avec un job étudiant ». Un oeil averti comprend tout de suite de quel job il s’agit, les M du titre renvoyant à la signalétique d’un célèbre fast-food. L’auteur de la lettre commence par une adresse qui se veut affective : « Cher aMour de jeunesse » (avec le fameux M qui émaillera de nombreux mots dans le texte…). La tonalité de la lettre se veut affective: « je me suis attaché », « je souhaiterais qu’on reste amis ». Les adieux sont ainsi formulés : « Adieu fast-food, générateur de cheveux gras et de premiers émois financiers, tu resteras à jamais mon premier emploi. Je pars, donc je suis. »

Avec une bonne dose d’humour, si vous devez quitter votre emploi dans un fast-food, vous voilà prêt(e)!

Deux nouvelles qui font bien rire et aussi(un peu/beaucoup) réfléchir sur certains problèmes de société: je vous les conseille!

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