Premières lignes #3

Il a remporté le prix Goncourt 2019 pour son roman Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon mais je ne connais pas l’écrivain Jean-Paul Dubois. Alors, quand j’ai vu à la médiathèque le roman Une vie française, je me suis dit: « pourquoi pas? ».

En voici les premières lignes (le principe a été initié par l’auteure du blog MaLecturothèque):

« Charles de Gaulle (4 octobre 1958-28 avril 1969)

Et ma mère tomba à genoux. Je n’avais jamais vu quelqu’un s’affaisser avec autant de soudaineté. Elle n’avait même pas eu le temps de raccrocher le téléphone. J’étais à l’autre bout du couloir, mais je pouvais percevoir chacun de ses sanglots et les tremblements qui parcouraient son corps. Ses mains sur son visage ressemblaient à un pansement dérisoire. Mon père s’approcha d’elle, raccrocha le combiné et s’effondra à son tour dans le fauteuil de l’entrée. Il baissa la tête et se mit à pleurer. Silencieux, terrifié, je demeurais immobile à l’extrémité de ce long corridor. En me tenant à distance de mes parents, j’avais le sentiment de retarder encore l’échéance, de me préserver encore quelques instants d’une terrible nouvelle dont je devinais pourtant la teneur ».

Et ensuite? Un début de roman simple: des phrases simples, des sentiments simples, une impression de « déjà ressenti ». Sous De Gaulle, une famille s’apprête à être plongée dans la douleur. C’est simple, universel, intemporel. Je continue donc la lecture.

Premières lignes #2

Je rappelle le principe des « Premières lignes »: chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes. Ce rendez-vous a été initié par MaLecturothèque.

J’ai raté le rendez-vous de la semaine dernière: je n’ai rien trouvé qui me fasse envie qui soit disponible, j’ai donc raté mon tour.

Cette semaine, voici les premières lignes d’un roman pour la jeunesse: Le petit Prince de Harlem, écrit par Mikaël Thévenot.

 » Place Congo, La Nouvelle-Orléans, Louisiane, mai 2018.

Un vieil homme s’assied sur un banc. Il installe sa valise à roulettes bricolée de toutes pièces à côté de lui, et sort un cahier tout neuf d’un petit sac de toile grisâtre qui, à une autre époque, devait être bleu.

Il croise les jambes, pose le cahier sur ses genoux, sort un stylo et commence à griffonner.

*

« Monsieur, tout va bien? » « 

Cet incipit ressemble à une scène de cinéma: on visualise très bien le banc, le sac, le vieillard, le cahier. On se représente la pauvreté, voire la vie dans la rue. Et soudainement, cette rencontre, quelqu’un qui se soucie de la vieillesse. On attend qu’un dialogue s’engage, que l’empathie coule…Serait-ce le cas? Je vous laisse le découvrir en lisant le roman!

Premières lignes #1

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Ce rendez-vous a été initié par MaLecturothèque.

Je vais donc commencer: je suis en train de lire « Juste avant l’Oubli » d’Alice Zeniter.

« Le problème du prénom

Franck avait la malchance de porter son prénom. Il le savait. Certains prénoms vous tuent à l’instant qu’ils vous nomment. Franck était persuadé, jusque dans ses moments de bonheur les plus intenses, qu’il aurait pu avoir une vie meilleure sous une autre identité. Les gens ne le regardaient pas de la même manière que s’il s’était appelé Guillaume ou Théo. »

Mon avis: j’aime cet incipit car il pose un problème identitaire: celui de n’être pas en accord avec ses origines, avec les goûts de ses parents. Il annonce un personnage pas ordinaire, aussi. Le sera t-il? Je n’en sais rien encore!