Le vieil homme et son chat – Nekomaki

Editions Casterman – 05/09/2018-176 pages

Résumé (par l’éditeur)

Daikichi, instituteur à la retraite et veuf, et son chat Tama, coulent des jours paisibles. Anecdotes et souvenirs d’antan refont surface au fil des promenades anodines où l’on redécouvre un Japon oublié des contemporains. Les chats, eux, observent les hommes et il s’avère que leur présence discrète se révèle être du plus grand réconfort.

Mon avis

On suit avec plaisir les aventures de ce drôle de chat fidèle et de son maître. Le duo d’auteurs ayant pris pour pseudonyme Nekomaki nous offre une tranche de vie quotidienne telle qu’elle donne envie de dire: « j’en reprendrai bien un morceau ». La gastronomie est au rendez-vous de façon hilarante: le vieil homme et son chat passent leur temps à manger des mets qui paraissent fins et délicats (un véritable art japonais pour les ventres sur pattes!). Le temps et les saisons qui passent sont joliment narrés, entre les parties de pêche avec l’ami d’enfance, les souvenirs qu’on se remémore, l’entretien des sanctuaires…

Que dire du dessin? Il est délicat, poétique, les aquarelles en double page sont superbes. Le village de Daikichi apparaît paisible, revigorant même avec ses ressources naturelles.

Ce seinen qui fait partie de la sélection du prix Mangawa est joliment attachant!

Celle que je suis- Bingo Morihashi

Caractéristiques du manga

Date de publication originale: 10 janvier 2019

Dessin : KOKO Suwaru

Scénario : MORIHASHI Bingo

Traducteur: OLIVIER Claire

Editeur: Akata

Prépublication: Sylph

Type: Shojo

Illustration: n&b

Origine: Japon – 2016

Résumé (par l’éditeur)

Années quatre-vingt, Tokyo. Yûji Manase est étudiant. Mais il vit au quotidien avec deux secrets dont il n’a jamais parlé à personne : d’une part, les sentiments qu’il éprouve pour son ami de longue date Masaki Matsunaga, et de l’autre, le malaise qu’il ressent vis-à-vis de son corps. Un jour, Yûji pose la main sur une robe que sa sœur a laissée dans son appartement, sans savoir que cet acte allait bouleverser sa vie…

Mon avis

Sous ses airs de shojo aux dessins ronds, ce manga aborde avec pudeur des thèmes sensibles comme la transidentité et le fait d’être attiré par les garçons. Le héros principal est touchant, on assiste à sa transformation, au fait qu’il soit devant sa glace, en train de s’observer, habillé en fille. On s’interroge avec lui, on ressent ses doutes, on vit avec lui le fait de savoir qu’il aime son meilleur ami…

Au delà de la question du genre, la question de trouver sa place dans la société, dans le Japon des années 80 très attaché aux traditions.

Si le premier tome pose les jalons de l’histoire, j’attends de lire le deuxième tome afin d’avoir une vue d’ensemble.

Ce manga fait partie de la sélection du prix Mangawa. Il faut avertir les adolescents sur le sujet mais aucune violence n’est véhiculée…

Princesse Détective – Anan Mayuki

Ce manga est paru en octobre 2018 aux éditions Nobi Nobi, dans la collection Shojo Kids (à partir de 11 ans). Il est destiné aux plus jeunes.

Résumé

En charge de la bibliothèque de l’école, Hinami Shion, une jeune collégienne à lunettes, passe ses journées à lire des livres policiers. Le plus grand trésor des lieux ? Un ouvrage de collection très rare des enquêtes de Sherlock Holmes. Mais un jour, le livre disparaît mystérieusement ! Qui peut bien être le voleur ? Comment a-t-il procédé ? Hinami a bien son idée, mais intimidée par les autres, elle a peur de parler en public… La jeune enquêtrice enlève alors ses lunettes pour ne plus voir leurs visages et exposer sa théorie : elle devient « Princesse Détective » ! Avec l’aide de ses deux amis, Rikka et Jin, elle va résoudre les enquêtes les plus complexes.

Mon avis de lecture

Un shojo agréable pour les plus jeunes, facile à lire et un tome 1 qui présente bien les éléments essentiels de l’action. La jeune Hinami fait penser à Detective Conan. En lisant la première enquête, celle du livre volé, on fait connaissance avec les personnages et on apprend comment la jeune héroïne timide devient Princesse Détective. La résolution du mystère passera par le fait d’enlever ses lunettes pour qu’elle voie le monde en flou qu’elle ose parler. Même si elle se veut être le Sherlock Holmes féminin, la résolution des enquêtes est tout de même rapide ainsi que les déductions. Les plus jeunes se focaliseront probablement sur ce qui arrive aux héros, vite attachants, sur leurs caractères, leurs costumes (avec les fameuses lunettes et les cheveux détachés de Hinami), et les éléments permettant de résoudre l’enquête.

Ce manga fait partie de la sélection du prix Mangawa.

Le tigre des neiges – Akiko Higashimura

Tout commence par une hypothèse: et si Uesugi Kenshin était en réalité une femme?Ce grand seigneur de guerre ayant vécu à l’époque Sengoku, au XVIeme a dirigé sa province d’Echigo avec fermeté. Il est considéré comme un grand stratège militaire et surnommé le tigre d’Echigo.

1529, au Japon, à l’ère Kyoroku. Au château de Kasugayama, la femme du seigneur Tamekage Nagao, Okon, attend son troisième enfant. Il y a déjà un grand frère, Harukage, 18 ans, qui n’a pas l’étoffe d’un grand guerrier et une soeur aînée, Ayahime, 5 ans, qui voudrait une petite soeur. Un garçon est espéré mais c’est une fille qui naît. La déception du père est grande. Il décide que le bébé s’appellera Torachiyo et que tout sera fait pour qu’il devienne une commandante militaire.

Ce manga historique raconte l’enfance de Tora de sa naissance à ses 7 ans. Dès les premières pages, la mangaka Akiko Higashimura fait preuve d’ingéniosité pour retenir l’attention du lecteur: elle présente un scénario plus historique en haut de la page et une histoire plus légère, plus humoristique en dessous, enjoignant le lecteur à lire le haut s’il « est nul en histoire ».

Ce seinen (pour les plus de 14 ans) s’adresse aux fans d’histoire mais aussi aux autres. Le récit est de qualité: la question du genre et des activités des filles et des garçons est abordée, on en apprend beaucoup sur la vie dans le Japon médiéval, l’éducation des futurs seigneurs, les entraînements militaires aussi. Si le poids de l’héritage est présent, la famille semble chaleureuse, la mère aimante, le père qui met tous ses espoirs chez son troisième enfant, les serviteurs dévoués.

J’ai particulièrement aimé le graphisme, les traits des personnages sont expressifs,les doubles pages représentant un élément mis en valeur sont superbes.

Cerise sur le gâteau: ce roman fait partie de la sélection du prix Mangawa. Il sera donc lu par de nombreux jeunes.