Couleurs de l’incendie – Pierre Lemaitre

Éditions Albin Michel – 03/01/2018- 544 pages

Foncez! Foncez l’acheter et lisez-le!

La suite de Au revoir là-haut est une oeuvre de qualité qui reste en mémoire. Le début du roman commence en 1927 par les obsèques de Marcel Pėricourt, grand banquier, père d’Edouard, héros marquant d’Au revoir là-haut. Un drame survient : le jeune Paul, son petit-fils de 7 ans, tombe d’une fenêtre et en restera lourdement handicapé, en fauteuil roulant.

Que s’est-il donc passé? Pierre Lemaitre nous entraînera dans une quête de vérité passionnante dont l’héroïne principale sera Madeleine Pėricourt, héritière du banquier, ex épouse du lieutenant de Pradelle qui croupit en prison.

Les portraits des personnages sont d’une extrême précision. Du côté des femmes et des enfants, on assiste au déclin d’une Madeleine qui perd la fortune de son père tout en étant une mère pleine de chagrin et à son évolution vers une femme vengeresse et manipulatrice. Paul est un petit garçon émouvant, intelligent, secret, tourmenté aussi et déterminé. Vladi, la nurse polonaise, est d’une loyauté infaillible. Lėonce, dame de compagnie, est présentée comme une femme pas très honnête, roublarde, charmante et croqueuse d’hommes. Du côté des hommes, Charles Péricourt et Gustave Joubert, eux, sont prėsentės comme des hommes d’affaires dans un monde impitoyable où les femmes ont peu de place. Les personnages secondaires ont quant à eux aussi de nombreuses pages consacrés à leurs histoires. Les nombreux personnages qui se succèdent donnent à l’ensemble du récit un rythme enlevé et bien mené, sans temps mort.

J’ai trouvé la vengeance de Madeleine particulièrement bien menée. Pierre Lemaitre en fait vraiment un personnage fin, calculateur quand il le faut, manipulateur quand la situation l’exige. Une femme en apparence fragile qui se révélera aussi maitresse de la situation que l’était son banquier de père, malgré ses déboires.

La trame narrative historique est très documentée. Pierre Lemaitre choisit la pėriode de l’entre deux guerres pour montrer combien l’économie suite à la crise de 1929 des États-Unis est précaire et fait place à toutes sortes de manoeuvres et coups bas d’industriels peu scrupuleux. La montée des totalitarismes, fascisme et nazisme, n’est pas non plus en reste pour révéler des caractères ombrageux.

L’écriture est riche, les dialogues sont truculents, les personnages débordent d’imagination. Tous les ingrédients d’un bon roman sont réunis. Votre lecture achevée, vous allez pouvoir attendre le troisième roman (la suite donc) avec impatience.